Dossier Nintendo Switch (Switch)

Anniversaire de la Nintendo Switch : une histoire incroyable

On célèbre un nouvel anniversaire pour la Nintendo Switch : eh oui, deux ans déjà ! A cette occasion, retraçons la genèse d'un projet fou qui se solde à l'heure où l'on écrit ses lignes à plus de 32 millions d'exemplaires vendus dans le monde.

Dossier
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Une année 2018 en demi-teinte

Si la première année a été décisive pour asseoir la crédibilité de la machine aux yeux du grand public, de la presse et des éditeurs tiers, que dire de la deuxième année que nous venons de vivre avec la console hybride de Nintendo ?

Vers une diversification du marché pour varier les plaisirs

Rappelons tout d'abord que l'intention de Nintendo pour cette deuxième année de commercialisation était tout autre. Après une année 2017 consacrée aux joueurs aguerris et connaissant Nintendo et ses jeux, il s'agissait de rétablir l'équilibre avec l'ouverture de la console à d'autres publics et à d'autres pratiques.

C'est dans cette optique, exprimée par le président de l'époque, Tatsumi Kimishima, qu'a débarqué le Nintendo Labo. Annoncé en début d'année un soir après un mince teaser nous promettant "une nouvelle façon de jouer" (ça ne vous rappelle rien ?), les différents kits Labo ont fait leur entrée dans les magasins avec leur lot d'expériences. À mi-chemin entre le jeu de construction et le jeu vidéo, ces morceaux de carton assemblés et tenus par du caoutchouc étaient une bonne manière de rassembler parents et enfants. Pour les bidouilleurs, le mode "garage" permet de créer ses propres commandes avec une variété d'options disponibles. Un outil qui cachait bien son potentiel lors de son annonce, comme souvent quand Nintendo nous sort une nouvelle idée farfelue de sa besace ! Puis Labo est arrivé dans d'autres jeux, comme Mario Kart 8 Deluxe, afin de proposer de nouvelles manières de jouer, et si son succès n'a pas été retentissant, on peut dire que l'expérience valait le détour.

Découverte de Nintendo Labo03/03/2019

Mais Nintendo ne s'est pas contenté de viser le marché casual et les expérience familiales cette année, et ne pouvait ignorer l'engouement qu'il y avait autour de certains genres de jeu. C'est ainsi que le Battle Royale Fortnite s'est parachuté sur nos Switch le soir même de son annonce, à l'E3. Voilà maintenant un ou deux ans que ce mode de jeux, mettant cent joueurs sur une île et les invitant à s'entre-tuer jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un, rencontrait un énorme succès sur PC. C'était PlayerUnknown's Battlegrounds (PUBG) qui avait ouvert le bal, suivi de Fortnite qui s'était paré d'un mode Battle Royale en voyant le succès du premier. Inspiré du manga du même nom, le Battle Royale est maintenant monnaie courante, comme en témoignent les sortiesrécentes et le succès d'Apex Legends et de… Tetris 99. Quant à Fortnite, il est partout, sur toutes les machines (PC, console, smart devices) et choyé par Epic Games qui continue de l'abreuver de mises à jour de stabilité et de contenu. En arrivant sur Switch, Fortnite a aussi apporté le chat vocal natif, qui ne nécessite pas l'utilisation d'une application sur mobile… et ça marche ! On peut parler avec ses amis qui jouent sur Switch, mais aussi à ceux qui sont sur PC ou sur Xbox.

Et c'est justement la troisième nouveauté qui s'est confirmée sur Switch en cette année 2018. Finie, la compartimentation des consoles et le jeu en ligne isolé ! Fortnite a confirmé la démarche de Rocket League l'année précédente, et Minecraft est venu ajouter son grain de sel avec la mise à jour Bedrock qui, non contente de permettre le cross-platform, a aussi donné la possibilité aux joueurs de partager leurs mondes de jeu entre la Switch, le PC, la Xbox One… et la PS4 ? Sur ce point, on a constaté la réticence de Sony à partager ses joueurs. Dans un premier temps, ces derniers ont donc dû créer un nouveau compte Epic pour pouvoir jouer à Fortnite sur Switch ! La raison : le souci chez Sony d'offrir un environnement de jeu sain et de protéger les enfants. Sachant que le cross-platform était de toute façon déjà possible avec les joueurs PC, cet argument ne tenait pas vraiment, si bien que la firme nippone a fini par accepter de partager ses jouets en septembre dernier.

Un bilan contrasté

Cette année a donc marqué diverses ouvertures : vers d'autres pratiques, d'autres joueurs, d'autres types de jeux… C'est une année qui est allée un peu dans différentes directions, et c'est l'impression générale qu'on a face au bilan de la Switch en termes de sorties.
Car, du fait de son succès, la Switch est devenue la plateforme idéale pour y porter toute ce qui n'avait pas trop fonctionné ailleurs, ou tout ce qui, tout simplement, allait sans doute faire un carton. Les ventes de consoles ne semblent pas s'arrêter : pourquoi se priver ? Et Nintendo n'a pas hésité à profiter de cette aubaine en proposant, pêle-mêle, Donkey Kong Country Tropical Freeze, Captain Toad Treasure Tracker ou New Super Mario Bros U Deluxe, à chaque fois avec quelques nouveautés pour faire passer la pilule du portage Wii U vendu au prix d'un jeu neuf. L'ajout d'un mode facile avec le Funky Mode ou Toadette/Peachette par-ci, de niveaux exclusifs tirés de Super Mario Odyssey par-là… Si les anciens possesseurs de Wii U grognent face à tant de recyclage, force est de constater que cette pratique est la bonne, vu le succès que rencontrent ces jeux auprès des joueurs qui n'avaient pas eu la précédente console de Nintendo... et ils sont nombreux !

Mais Nintendo n'est pas le seul éditeur à avoir sauté sur l'occasion. Les tiers n'ont pas tardé non plus à proposer leurs jeux. Bethesda a continué dans sa lancée en proposant Wolfenstein II: The New Colossus et certaines entreprises se sont spécialisées dans le portage de jeux gourmands sur la petite hybride, à l'instar de Panic Button qui commence à engranger une sacrée expérience en la matière.

Cette année a été aussi l'occasion de voir arriver des jeux que l'on n'aurait jamais cru voir sur console Nintendo ! Avec l'annonce de tous les Final Fantasy de l'ère PlayStation et PlayStation 2 (à l'exception du VIII…) ainsi que l'arrivée du remake de la trilogie Crash Bandicoot, on s'est bien rendu compte que l'époque avait changé !

Cette ribambelle de jeux recyclés n'a pas empêché l'arrivée de quelques nouveautés notoires cette année. Annoncé dès la présentation de la Switch en janvier 2017, Octopath Traveler a posé son sac à dos de pixels sur la console l'été dernier pour proposer une expérience de JRPG entre classique et renouvellement. Concocté par l'équipe à l'origine de Bravely Default, ce jeu se distingue par son style graphique entre passé et présent et par l'organisation originale de son histoire, permettant au joueur de partir de différents personnages pour découvrir leur aventure propre. Accompagné de musiques orchestrées, il a su créer une véritable ambiance et renouveler (non sans quelques défauts) une formule désormais classique.

Un autre jeu qui a renouvelé sa formule, c'est Mario Party, qui a abandonné sa nomenclature habituelle pour devenir Super Mario Party. Annoncé à l'E3 et sorti cet automne, le jeu a rencontré un succès plus large d'espéré par Nintendo. L'utilisation des Joy-Con pour les mini-jeux a été apprécié, tout comme le retour à une formule plutôt classique concernant les plateaux de jeu. On a toutefois regretté l'absence d'un véritable mode en ligne qui se limitait à une succession de mini-jeux.
C'est d'ailleurs le gros lancement de la rentrée de 2018, qui était attendu depuis un an. D'abord repoussé pour des raisons encore peu claires aujourd'hui, teasé par les dirigeants de Nintendo, le Nintendo Switch Online n'a pas fait que des heureux. D'abord parce qu'il permet de faire peu ou prou la même chose qu'il était possible de faire gratuitement ! Puis parce que l'offre de jeux classiques se limite encore aujourd'hui à la NES et qu'on attend l'arrivée des autres consoles de Nintendo (comme la Super NES)pour enfin avoir une alternative à feue la Console Virtuelle. Enfin, parce qu'il a fallu attendre ce lancement pour obtenir une solution de récupération de sauvegardes et ne pas voir ses 150 heures de Zelda partir en fumée et que cette solution est payante, contrairement à d'autres services… et ne fonctionne pas pour tous les jeux, comme Splatoon 2 ! Ne parlons pas non plus de la qualité du jeu en ligne qui ne prévoit pas de serveurs dédiés mais compte sur la connexion de chacun pour fonctionner correctement, ni de la solution grotesque du chat vocal qui demande l'utilisation d'un autre appareil. Gageons que cette année, Nintendo améliore ce service en ligne comme il l'a promis à de différentes occasions.

Une fin d’année explosive

Malgré ses défauts, le Nintendo Switch Online s'est plutôt bien vendu (8 millions d'abonnés), grâce à une politique tarifaire agressive, une offre familiale inratable et certains jeux qui sont venus donner des arguments de poids à la possibilité de jouer en ligne. Il faut dire que Nintendo a soigné son dernier trimestre et la période des Fêtes.
On savait, tout d'abord, qu'un Pokémon sur une telle console allait se vendre comme des petits pains. Alors quand The Pokémon Company et Game Freaks ont annoncé la sortie de Pokémon Let's Go Pikachu et Evoli, permettant une connexion à Pokémon GO avec une aventure reprenant Pokémon Version Jaune, on savait que c'était plié. Après une campagne publicitaire omniprésente, la sortie de Pokémon Let's Go début novembre sur Switch n'est pas passée inaperçue. Encore moins avec la sortie d'une Nintendo Switch aux couleurs du titre et d'un accessoire, la Poké Ball Plus, permettant d'emporter ses Pokémon partout avec soi ! Son gameplay accessible - un Joy-Con suffit - et la simplification de certains éléments ingame au profit d'une interaction plus familiale ont assurément aidé le titre à se vendre. Pokémon Let's Go était vu par Masuda comme un moyen de faire arriver les joueurs de Pokémon Go sur Nintendo Switch, pour opérer une transition entre le jeu de réalité augmentée codéveloppé avec Niantic et la huitième génération de Pokémon, annoncée cette semaine. De quoi préparer le terrain pour un nouveau rouleau compresseur attendu l'hiver prochain.

Et, en termes de rouleau compresseur, on aura été servi ! Annoncé à la fin d'un Nintendo Direct et au terme d'un vrai faux trailer pour Splatoon, Super Smash Bros. Ultimate se veut être le plus grand crossover de l'histoire du jeu vidéo. Il faut dire que, comme le disait la présentation à l'E3 2018, "tout le monde est là !" Montré abondamment à Los Angeles en juin à l'occasion d'un tournoi rassemblant les meilleurs joueurs du monde, le jeu aura bénéficié d'une publicité énorme lui aussi, avec des comptes à rebours dans les transports faisant monter la hype chaque jour un peu plus. La richesse du jeu, le nombre de personnages en font une excellente raison de prendre une Switch à Noël, et c'est sans doute pour cela que Nintendo a décidé de sortir le jeu début décembre. Le jeu a explosé tous les records partout dans le monde, en s'écoulant à des millions d'exemplaires en quelques semaines seulement et boostant ainsi les ventes d'une Switch qui avaient déjà bien profité de la lancée spectaculaire de Pokémon.

Super Smash Bros. Ultimate dans le Nintendo Direct: E3 201803/03/2019

Les sorties de fin d'année, l'intérêt du public pour la console, la magie de la publicité : les planètes sont alignées et les dernières semaines de l'année 2018 sont tout simplement phénoménales pour Nintendo. Les statistiques de vente nous permettent de suivre la tendance au Japon comme aux Etats-Unis, et les mois de novembre et décembre sont extraordinaires pour Nintendo, sa console et ses jeux : aux Etats-Unis, le NPD Group revient à des niveaux que l'institut n'avait plus vu depuis 2009 ! Partout, Smash Bros. s'impose, et le jeu se vend à 5 millions d'exemplaires en une semaine. Bref, tout va bien.

Sauf en bourse. En effet, l'action Nintendo est dans une tourmente incompréhensible compte tenu de la performance commerciale de la machine, partout dans le monde. Il faut dire que lorsque NVidia s'enrhume, c'est Nintendo qui tousse : Nintendo a rapidement été jugé responsable de l'alerte sur résultats du fabricant de composants, et l'action de Nintendo a été sanctionnée en Bourse. De 42 610 yens début janvier, l'action ne vaut plus le 31 décembre que 29 285 yens. Violent. Il faut dire que les investisseurs, eux, n'ont pas oublié que la première partie de l'année avait été un peu molle : et comme souvent dans le commerce, on a du mal à rattraper à l'automne les ventes loupées au printemps. Et si Nintendo maintient longtemps sont objectif de 20 millions de consoles vendues au 31 mars 2019, la firme est finalement contrainte de revoir à la baisse son objectif, ce qu'elle annoncera fin janvier à la publication de ses résultats trimestriels : le nouvel objectif fixé par Nintendo est désormais de 17 millions de Switch vendues sur l'année fiscale.

La performance de Nintendo en France en 2018

Si les investisseurs n'ont pas été dupes, les joueurs, eux, ont vite oublié qu'un catalogue, ça peut vite souffrir de passages à vide. Et si le début de l'année a été marqué par un ralentissement des ventes de Switch, la fin d'année a été tellement extraordinaire qu'une correction a néanmoins été nécessaire... à la hausse, pour les ventes de jeux vidéo. En effet, les nouvelles prévisions au 31 mars 2019 ont été revues à la hausse pour les ventes de jeux, grâce à Super Smash Bros. Ultimate qui dépasse déjà Breath of the Wild au panthéon des jeux vendus à plus d'un million d'exemplaires. Aux Etats-Unis, les ventes de Switch ont aussi été très bonnes, avec 5,6 millions de consoles vendues sur l'année 2018. Le parc installé, de 10,5 millions de consoles depuis le lancement de la machine, donne un peu le tournis quand on pense que cela représente une console vendue toutes les 5 secondes !

Quand début janvier, Nintendo France laisse fuiter ses chiffres dans Le Figaro, on découvre que Mario Kart 8 Deluxe était ainsi en 2018 la meilleure vente de l'année sur Switch, devant Zelda, devant le rouleau-compresseur Smash Bros. Avec 1,1 millions de consoles vendues en France sur l'année, la Switch a marqué le secteur du jeu vidéo en France, et le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs le montre bien dans son bilan annuel paru en février 2019 : Nintendo s'impose comme le premier fabricant et le premier éditeur de l'année en France.

Et c'est pas fini : ce 3 mars 2019, la 3e année de la Switch commence

Une année de jachère pour mieux repartir ?

Nous l'avons évoqué, l'année 2018 a été globalement déséquilibrée en sorties Nintendo. Le temps de laisser le soin à tout le monde d'acheter l'existant comme l'indiquait son PDG M. Kimishima, le temps aussi de mettre sur les rails des projets importants. D'où ce ventre mou qui a un peu surpris en comparaison de l'excellente année de lancement, mais cela s'explique aussi par quelques prises de risques (le concept osé du carton avec le Nintendo Labo) et le choix de maintenir une qualité de haut niveau pour ses franchises célèbres, quitte à faire table rase quand le résultat obtenu n'est pas celui escompté. Nintendo n'avait pas le couteau sous la gorge, il fallait également laisser le champ libre aux éditeurs tiers car lorsque sortaient Mario Kart 8 Deluxe, Zelda, Super Mario Odyssey, Splatoon 2 durant la première année de lancement, il n'y avait plus beaucoup de places pour les autres. Un sentiment de bouche trou est né parfois avec les remasters mais on ne peut en vouloir à Nintendo de faire connaître des hits passés bien trop inaperçus commercialement sur la Wii U et dont les ventes ont explosé en cours d'année lors de leur arrivée sur Switch.

Alors, oui, un sentiment de déjà vu s'est installé, reconnaissons-le. Les fans réclament le retour de certaines franchises et ce sont des remasters que l'on obtient. Et l'année 2018 a connu tout de même deux reports majeurs : Yoshi's Crafted Worldqui apparaissait comme l'une des notables nouveautés de l'année a glissé vers 2019 pour lui laisser le temps d'être peaufiné. Mais la plus grosse déception vint du report de Metroid Prime 4.
Attendu depuis 10 ans, glissé en message rapide lors de l'E3 2017 et lançant une attente immense (à la hauteur de l'attente de Breath of the Wild en son temps), ce fut clairement la douche froide d'apprendre après plusieurs mois que le jeu repartait de zéro sans que l'on ait pu voir la moindre image du titre. Nintendo s'est sans doute fait piéger à vouloir annoncer un peu trop tôt ce titre mais ce n'est pas le seul jeu annoncé dont on n'a rien vu : Animal Crossing et Pikmin 4 sont dans la même situation. La transition vers une console HD et de nouveaux concepts n'est pas si évident, il faut trouver ce que l'on peut encore apporter à des titres déjà très complets à la base.

Nintendo choisit de garder le tempo nécessaire à la qualité de ses titres et laisse donc à ses développeurs le temps nécessaire pour produire de vrais hits, ceux qui font vendre la console. Rappelons-nous l'adage de Miyamoto : « un jeu retardé sera peut-être bon un jour ; un mauvais jeu sorti sera toujours mauvais ». Nintendo préfère le travail d'orfèvre et peut se le permettre car la console dispose déjà d'un solide catalogue de jeux first party, et par ailleurs les studios indépendants sont venus à la rescousse sur l'eShop qui regorge malgré tout de nombreux titres de grande qualité. Nintendo a aussi pris conscience qu'elle pouvait désormais améliorer la durée de vie d'un produit en créant régulièrement des événements autour de certains de ses jeux (Splatoon 2, Arms, Super Smash Bros Ultimate), en proposant des DLC, y compris à des titres déjà sortis sur Wii U (ils ont été assez malins avec l'annonce d'un DLC pour Captain Toad: Treasure Tracker) ou des season pass. Nintendo apprend du marché pour exploiter au mieux chacun de ses titres sans avoir à faire cravacher ses équipes pour sortir de la nouveauté. C'est une gestion plus saine de l'effort d'investissement initial, cela contente les joueurs ayant acquis tel ou tel jeu et qui peuvent ainsi prolonger le plaisir de poursuivre cet univers, et cela donne du temps pour de véritables nouveautés.

Il reste un aspect sur lequel Nintendo devrait être plus vigilant : il s'agit du problème de la localisation des jeux en provenance du Japon. On reste surtout sur l'intégration de la langue anglaise, c'est beaucoup plus rare de voir le français. Si Nintendo ne pousse pas ses partenaires à faire un peu plus d'efforts pour au moins localiser les textes, c'est une partie de la production japonaise qui passera à côté des consommateurs. On l'a vu avec Square-Enix et ses Dragon Quest Heroes I & II, toujours non disponible en version occidentale malgré les deux années de lancement de la console. Un sacré chantier casse-tête à résoudre.

Le succès de la Switch se poursuivra-t-il en 2019 ?


L'année 2018 sera sans nul doute l'année de la confirmation : lors de la publication de ses résultats annuels à la fin du mois d'avril 2019, Nintendo donnera une nouvelle estimation de ses perspectives de vente. Après une année 1 où l'on a vu la Switch franchir le cap des 15 millions de consoles vendues dans le monde, une année 2 au démarrage plutôt compliqué mais à la fin d'année euphorique, nul doute que l'année 3 devrait elle aussi tenir le petit monde Nintendo en haleine !

Cette situation conduit les investisseurs à réagir avec beaucoup d'émotion, et parfois beaucoup de violence, en décidant de vendre leurs actions, ou de recommander de ne plus en acheter. S'en suit alors une descente aux enfers plus ou moins rapide qui a d'ailleurs incité Nintendo à organiser un rachat massif d'action annoncé récemment sur son site dédié à l'investissement : c'est une contrainte pour les sociétés cotées en Bourse de publier ce genre d'information. Le conseil d'administration permet à Nintendo de racheter jusqu'à 1 million d'actions, pour un montant maximal de 33 milliards de yens. Il faut dire que l'action n'a jamais retrouvé son niveau record de l'année 2007, quand la capitalisation boursière de Nintendo a réussi à dépasser celle d'un certain Toyota. On en est loin aujourd'hui, et bien malin celui qui saura dire dans quelle direction va évoluer la courbe de l'action Nintendo dans les prochains mois.
Il n’aura échappé à personne l’absence d’annonces autour de la 3DS lors du Nintendo Direct de ce 13 février 2019. Si Kirby : au fil de l'aventure sortant le 8 mars 2019 évite un assèchement total des sorties, personne n’est dupe. Le temps de la console est arrivé à sa conclusion et les rumeurs se multiplient pour évoquer la recherche d’un successeur qui ne serait pas la Switch. En effet, la 3DS (et surtout ses déclinaisons 2DS) sont par leur prix des portes d’entrée moins onéreuses que la Switch. Difficile aujourd’hui de se procurer une Switch sous les 250 € lors des plus fortes réductions alors que les premiers modèles de 2DS pouvaient se négocier à moins de 100 €. L’idée d’une Switch mini sans manettes détachablesrevient régulièrement sur les réseaux sociaux mais cela interpelle : les Joy-Con font partie intégrante de l’offre de la Switch, les éliminer d’une certaine façon inciterait à ne plus utiliser cette technologie, ce qui gommerait un atout de la Switch. Rien n’empêche d’imaginer que le smartphone ne pourrait pas être le remplaçant tout trouvé de la 3DS. Un format déjà bien implanté, une poursuite des efforts de la firme vers le marché mobile et des outils qui permettraient aisément de rendre compatibles les jeux sur la Switch si besoin est.

Ce qui nous attend dans les prochains mois

Après une année 2018 en demi-teinte au niveau des strictes nouveautés, place à l’année 2019 qui promet beaucoup car on a déjà une bonne vision sur le line-up prévu. Nous avons déjà reçu le curieux Travis Strikes Again : No More Heroes et son premier DLC, Yoshi's Crafted World qui débarque le 29 mars 2019 après avoir été repoussé en 2018. Son design sympathique devrait lui assurer un certain succès. Fire Emblem: Three Houses va devenir beaucoup plus concret le 26 juillet 2019. Un véritable nouvel épisode dont on attend beaucoup même s’il reste encore mystérieux. Luigi's Mansion 3 (dont le titre reste provisoire) est toujours calé pour 2019. On se doute qu’il sera une des révélations phares de l’E3 2019 et on croise les doigts pour un titre de grande qualité, car pour le moment, on n’a pas vu grand-chose du jeu. Animal Crossing est une grosse sortie très attendue sur une plateforme de salon. Porte-étendard de la 3DS, le passage sur Wii U a été loupé et l’application mobile Pocket Camp aurait bien besoin d’un titre plus next Gen pour le seconder. Nous avons également découvert récemment The Legend of Zelda : Link's Awakening : la surprise du dernier Nintendo Direct, remaster d’un titre Game Boy.

Le gros morceau de fin d’année, récemment présenté, est Pokémon Épée / Bouclier, le nouveau jeu Pokémon exclusif à la Nintendo Switch. On attend encore de nombreuses informations autour de lui comme la confirmation de sa compatibilité avec la Poké-banque mais c’est tout de même un très bon signal d’avoir un véritable opus canonique sur la console. Ne manquez pas à ce sujet les réactions contrastées de Guiome et Thibault dans leurs éditos respectifs.

Parmi les outsiders de charme, l'année 2019 sera rythmée par des jeux indépendants, des portages bienvenus, des suites surprenantes, et on l'espère encore des annonces incroyables. Les prochaines semaines seront ainsi faites de sorties de jeux d'éditeurs-tiers, à l'instar de Capcom avec Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy et Resident Evil 0, 1 et RE4, Square Enix avec Final Fantasy VII, X et X-2, Dragon Quest Builders 2 et Dragon Quest XI S. Même Electronic Arts revient dans la course en sortant son Unraven 2 sur la console de Nintendo. On a récemment aussi découvert des jeux inconnus au bataillon comme Astral Chain de Platinum Games, à paraître le 30 août prochain. Chez Nintendo, l'avenir est encore bien flou, puisqu'on n'a pas eu beaucoup d'infos ces derniers temps sur rien à part Yoshi's Crafted World ou Super Mario Maker 2. Il nous tarde d'en savoir plus et d'en parler dans nos colonnes à l'approche de l'E3, notamment !

A cette liste, on rajoutera de nombreux RPG dont le très attendu Shin Megami Tensei V d’Atlus, sans oublier Yo-Kai Watch 4 et Inazuma Eleven Ares. Il va sans dire qu’avec ces quelques éléments de liste, chacun devrait trouver chaussure à son pied pour s’occuper durablement. Les pronostics sont clairs, la Switch devrait rester la console la plus vendue en 2019 et ce, malgré la présentation de la future Xbox, et Google qui dévoilerait sa propre console dédiée au streaming le 19 mars.

Il ne faut par ailleurs pas sous-estimer le rôle que l'eSport pourrait jouer : avec Splatoon 2 et Super Smash Bros. Ultimate, Nintendo dispose de deux titres intéressants à plus d'un titre. D'ailleurs, l'annonce en début d'année de deux championnats eSports pour chacun de ces deux jeux augure d'autres temps forts dans l'année qui viendront mettre sur le devant de la scène de talentueux joueurs de Splatoon 2 ou SSBU.

La croissance de la Switch pourrait être gênée (dans un sens comme dans l'autre !) par un perturbateur endocrinien appelé Microsoft : les rumeurs ont été nombreuses sur un possible rapprochement entre Microsoft et Nintendo, nous vous proposons de lire notre dossier à ce sujet, reprenant l’ensemble des informations connues à ce jour, pour bien comprendre la nature des bouleversements qui s'annonce dans le monde du jeu vidéo, légitimant de fait une potentielle alliance entre Microsoft et Nintendo.

Nintendo a réaffirmé son intérêt pour ce marché et reste en veille. On notera cependant les expérimentations de Pokémon Go avec la technologie HoloLens de Microsoft et surtout sa technologie de streaming. Bien que le produit soit hors de budget pour le commun des utilisateurs de Nintendo, on s’attend en revanche à voir apparaître d’autres collaborations Arcade VR comme ce fut le cas avec Mario Kart que Fred avait d'ailleurs testé lors de son récent voyage au Japon.

Avec une année 2019 qui s’annonce terriblement enthousiasmante au niveau des sorties, on a un peu de mal à imaginer l’annonce d’un nouveau modèle avant la fin de l’année. A la rigueur en toute fin d’année fiscale soit mars 2020. Plusieurs raisons : proposer une entrée de gamme pas trop chère aux consommateurs alors que la famille 3DS n’a plus de jeux à proposer. Mais c’est surtout du côté des services multimédia et du streaming que l’on attend de voir ce qui va se passer. Cela n’obligerait pas Nintendo à revoir la puissance de sa console à la hausse immédiatement. Nous n’avons donc pas fini d’entendre parler de rumeurs et autres suppositions, Nintendo fera donc bien les choux gras de l’actualité.

Pour revenir à la première page de notre grand dossier sur l'histoire de la Nintendo Switch, cliquez ici !
Alors que nous entrons dans la troisième année de la Switch, force est de constater que le pari est pour le moment largement gagné par Nintendo. D'aucuns ne donnaient plus cher de la peau de la firme après l'échec de la Wii U, mais c'était sans compter sur cette capacité de Big N à se remettre en question pour imaginer une console qui, cette fois, a su répondre aux attentes du marché. Alors qu'on dit les consoles condamnées, alors qu'on dit les joueurs focalisés sur leur mobile ou les soldes Steam, la Switch a réussi à se faire une place et a pour le moment séduit plus de 32 millions de consommateurs dans le monde. La promesse de la Switch a trouvé un écho favorable chez les joueurs, d'abord attirés par Zelda et Mario, désormais également désireux d'emmener leur expérience de jeu partout avec eux. A l'approche d'une nouvelle génération de machines – peut-être cette fois pour de bon la dernière – force est de constater que Nintendo est en position de force, même s'il semble que l'année 2019 aura du mal à reproduire le schéma fou d'une année 1 sensationnelle. On se donne rendez-vous dans un an pour faire le point, à l'occasion du 3e anniversaire de la Switch !

Commentaires sur l'article

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lugianium
Très bon article, bien complet ^^ c'est vrai que si la switch interrogeait beaucoup à son annonce, son succès n'est plus à démontrer aujourd'hui ^^ Un joyeux anniversaire à cette console qui possède pas mal d'atouts !
et cette année, je pense qu'on atteindra les 50 millions de consoles vendues ^^ on a yoshi's crafted world, daemon X machina, Mario maker 2, fire emblem three houses, astral chains, pokémon épée/bouclier, dragon quest XI, animal crossing, luigi's mansion 3 et link's awekening !
et c'est sans compter d'autre jeux pokémon potentiels (spin off), un potentiel bayonetta 3 (même si ce sera en 2020 je pense), et d'autre surprises ! et j'ai pas mentionné les tiers !

Bref, une très très grosse année, à voir si ça se poursuivra en 2020 ^^ on sait que metroid prime 4 est toujours en cours, que shin megami tensei suit son cours, que monolith soft a un ou plusieurs projets, et que aonuma est déjà sur le prochain zelda sauce BotW, donc je me fais pas trop de souci perso ^^
wiidefender
La Switch a un gros succès car c'est un produit qui n'a pas de concurrence directe sur son marché (je ne parle pas du marché Android mais bien du marché des consoles pures et dures).

Le soucis est que Sony constat bien que ca fonctionne et à très mal négocié le truc avec la Vita qui, si le produit avait été bien pensé, aurait pu permettre sensiblement la même chose (en moins flexible mais sur le fond) avec le combo Vita + VitaTV. Ils pourraient s'investir sur ce marché et créer une vrai concurrence, VR-Ready, Cloud-Ready, technologiquement plus avancée (écran 1080p et pourquoi pas processeur plus performant) qui pourrait s'inclure dans un système PS4/PS5 facilement.

Rien n'est encore gagné pour la Switch. Elle peut encore se prendre un gros stop !
lugianium
Nintendo a toujours été "le maitre des portables", depuis les game and watch ^^ la 3DS s'est mieux vendue que la SNES il me semble, non ?
Sony n'a jamais pu percer sur ce domaine face à nintendo, si la PSP a marché, la DS l'a très clairement surclassé. Avec les licences nintendo toutes présentes sur la switch, il va fallor qu'ils fassent fort pour lui faire de l'ombre !
Par contre le cloud gaming à venir peut lui faire du mal, les grosses licences jouable sur tablette/smartphone, ça fait une sacrée concurrence
wiidefender
Si Sony n'a pas su gagner aussi le marché des portables, c'est surtout parce-que ce sont des branlots !

S'ils n'avaient pas abandonné la Vita comme un vieil étron un an ou deux après son lancement, la console aurait pu faire très mal à la 3DS. Car mine de rien, il s'en est quand même vendu 16 millions sans aucun soutient de Sony et quasi uniquement avec du jeu japonisant à fond alors imagine si elle avait eu du jeu occidental en masse et que Sony l'avait boostée sur le devant de la scène ! Pour rappel, tout le monde gargarise la Switch comme quoi c'est la console portable la plus puissante sur le marché, mais il ne faut pas oublier que la Vita l'a été également jusqu'à l'arrivée de la Switch avec une puissance 8 fois supérieur à une PS2 là où une 3DS n’atteignait même pas cette dernière.

Pour un coup d'essais, la PSP à quand même fait 80 millions de ventes ! C'est mine de rien la seule concurrence réussie que Nintendo on pu avoir en face d'eux, ce n'est pas à négliger du tout !

Si Sony veut taper sur le marché portable, ils le feront et il emploieront leur rouleau à compresseur marketing plus leur chéquier pour se payer ce qu'il faut et où il faut. Donc je le redis, oui, la Switch est un super produit mais clairement, elle est loin d'être safe !
JohnCrichton99
Si Sony veut taper sur le marché portable, ils le feront et il emploieront leur rouleau à compresseur marketing plus leur chéquier pour se payer ce qu'il faut et où il faut. Donc je le redis, oui, la Switch est un super produit mais clairement, elle est loin d'être safe !


J'avais un peu peur de cette 3ième année pour la switch (pour rappel, la wii a été un phénomène puis rapidement devenue une console raclette après 2 ans)
Avec la switch, c'est une autre histoire : la concentration des équipes de développement uniquement sur une machine, Pokemon et autres animal crossing sur son année 3, sa portabilité et une éventuelle mise à jour hardware plus compacte qui fera racheté une console à tous à grand coup de collectors Zelda (qui veut une édition spéciale Link's Awakening ?)
Nintendo peut être serein... Pour l'instant.
Pour ma part, je suis pour le moment un peu déçu (retard de Metroid Prime 4, pas de F-Zero, pas de virtual console gamecube ou snes...) Cela manque de prise de risques mais encore une fois, le succès est assuré.
Concernant Sony, à moins de sortir une ps4 portable rétrocompatible (ps1 à ps3) tournant sous Android, je ne vois pas sous quel autre angle ils pourraient rentrer sur ce marché. Et encore si le streaming se développe, ce n'est même plus une nécessité. Si le xbox game pass débarque sur Switch, c'est que Nintendo a déjà conscience de la mutation progressive du marché.
Talban
La troisième année d'existence de la Switch s'annonce très bonne au niveau des titres. Le seul point qui me chagrine, c'est le trop grand nombre de jeux en pixel art au niveau des productions indépendantes. Message aux rédacteurs de PN, ce serait bien de faire un peu plus de tests de jeux indépendants ;)

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