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Nvidia victime d’une cyberattaque et de chantage, des éléments de la Switch 2 dévoilés.

Vous l’avez entendu ces derniers jours, la société NVIDIA s’est faite dérobée 1To de données sensibles le 23 février 2022. Une action bien ciblée autour du minage et une volonté déclarée de faire plier la société. En cas de refus, c’est d’importants pans de sa stratégie qui seront divulguées.

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Véritable fléau de notre époque, le cyber-espionnage touche régulièrement les grands groupes. Hackage des systèmes, extorsion de fonds pour permettre le déblocage des services (des villes comme Bobigny en Seine St Denis ont connu ce type de mésaventures), notre monde de plus en plus connecté est devenu le terrain d’essai d’une nouvelle criminalité très organisée.
Les grands groupes informatiques n’échappent pas à ces piratages, Nintendo en a fait les frais via un important vol de données qui a permis de mettre à jour de nombreuses informations sur la genèse de certains jeux et ce 23 février 2022, c’est son partenaire Nvidia qui a été victime d’une intrusion dans ses systèmes, avec le vol de pas moins de 1 To de données. Quand on connait l’importance stratégique de NVIDIA sur le marché des cartes graphiques, des calculateurs pour les voitures autonomes et sa place cruciale au côté de Nintendo pour la Switch, on se doute qu’un tel vol va avoir très vite des répercutions.

La première est connue, car revendiquée par le groupe de hackers Lapsus$ qui indique être à l’origine de cette action de vol pour contraindre NVIDIA à faire marche arrière sur ces mécanismes de limiteur de minage. Très exactement, ils exigent de faire sauter le limiteur LHR (Lite Hash Rate) implémenté sur ses RTX 3000, sans quoi ils menacent de révéler certaines données confidentielles, notamment celles relatives à Falcon. Falcon désigne un microcontrôleur présent sur tous les GPU NVIDIA. Il sert à de nombreuses fonctionnalités, y compris celles liées à la sécurité (source : Tom’s Hardware).

Rappelons brièvement ce qu’est le minage : le minage est un travail de vérification des transactions intervenant sur une crypto-monnaie. Ceux qui pratiquent ces vérifications - les mineurs - sont régulièrement récompensés par de nouveaux tokens. On le comprend, c’est un service juteux qui apporte de belles pécuniaires à ceux qui effectuent ce type d’activités et expliquent en partie les difficultés d’approvisionnement des grosses cartes graphiques (avec de nombreux vols dans les stocks à la clé) qui ont la performance d’accélérer les capacités de minage. Nvidia, après une période d’hésitation, avait fini par mettre en place un limiteur pour que ses produits ne soient plus acquis dans le seul but du minage et tenter ainsi de rendre disponible ses produits pour le public normal (on forcit un peu le trait mais c’était grosso-modo l’objectif premier).

Le hack de ce week-end était donc un coup de force pour aider les mineurs et désormais les hackeurs veulent intimider NVIDIA en menaçant de publier des données confidentielles de l’entreprise : schémas, pilotes, micrologiciels, documentations, des outils privés et des kits de développement logiciel (SDK). Et les opérations de fuite ont commencé à apparaître, évoquant les prochaines générations nommées Ada, Hopper et Blackwell ou le code source du DLSS 2.2

Quand la Next Switch apparait en filigrane dans ces fuites

Si nous en parlons au niveau de Puissance Nintendo, c’est que certaines fuites vues sur le net désormais confirment le secret de polichinelle de la Switch 2. Concrètement les différentes informations que l’on voyait depuis quelques temps circuler sur les réseaux taïwanais vont dans le même sens que certains éléments apparus dans les fuites. Nous condamnons ces cyberattaques qui pourrissent la vie des sociétés et mettent à mal leur stratégie et nous avons donc fait le choix de n’indiquer que ce nous connaissions déjà dans les grandes lignes.

Ce que l’on peut dire concrètement :

Nvidia a bien préparé un nouveau SOC pour Nintendo pour remplacer son vieillissant TEGRA. C’était évident, puisque les sommes que rapportent Nintendo à Nvidia (entre 450 et 600 millions par an) sont plus importantes que les gains obtenus par le développement de matériel pour les voitures autonomes. Nintendo est un client important pour Nvidia, la Switch a été un immense succès et les deux partenaires ont continué à travailler main dans la main pour préparer au mieux la génération suivante de Switch, malgré le chaos de la pandémie et les impacts sur la production du nouveau matériel.
Ce nouveau SOC a pour nom de code Drake ou T239. C’est un GA10F à base Ampère, dont les bruits remontent depuis 2021. Il ouvre la porte à la technologie DLSS et à la gestion d’Unreal Engine 5. Quand on se souvient de ce développeur de Creature qui, parlant de Détective Pikachu 2, indiquait s’intéresser justement à Unreal Engine 5 et au DLSS, ce n’est clairement pas une simple coïncidence car notre Tegra X1 présent sur tous les modèles Switch actuels n’est pas compatible avec l’Unreal Engine 5 et le DLSS. Cela fait donc bien plusieurs mois que le choix du SOC est fait et que les kits de développement ont pu être optimisés pour commencer à travailler efficacement sur cette nouvelle puissance permise.


La hausse de puissance du SOC permet enfin le travail jusqu’en 4K. Le choix du HMDI 2.0 présent sur la Switch OLED se justifie donc totalement car notre version OLED est en fait une édition intermédiaire de ce qu’aurait dû être dès le départ la nouvelle Switch, si la flambée de la pandémie n’avait pas obligé tous les acteurs de l’industrie a repoussé leur calendrier à cause de son impact. La Switch 2 reprendra donc logiquement l’écran 7 pouces Oled et la station avec le port RJ45 de l’actuel Switch et ne sera donc pas visuellement très différente de l’OLED que nous connaissons, même s’il reste encore quelques inconnues au niveau du design de la partie ventilation.

La partie la plus intéressante au niveau de la fuite des documents concerne l’API NVN2.


L'expérience de jeu de la Nintendo Switch est également prise en charge par un logiciel entièrement personnalisé, comprenant un moteur physique remanié, de nouvelles bibliothèques, des outils de jeu avancés et des bibliothèques. NVIDIA a également créé de nouvelles API de jeu pour exploiter pleinement ces performances. La toute nouvelle API, NVN, a été spécialement conçue pour offrir des jeux légers et rapides au grand public. Le gameplay est encore amélioré par la lecture vidéo accélérée par le matériel et un logiciel personnalisé pour les effets audio et le rendu. Nous avons optimisé la suite complète de matériel et de logiciels pour les jeux et les cas d'utilisation mobiles. Cela inclut l'intégration personnalisée du système d'exploitation avec le GPU pour augmenter à la fois les performances et l'efficacité.

La technologie de jeu NVIDIA est intégrée dans tous les aspects du nouveau système de jeu domestique Nintendo Switch, qui promet d'offrir une expérience exceptionnelle aux joueurs.
Le premier NVN correspond à la Switch actuelle et nous voyons clairement le NVN2 dans les documents qui ont fuité, accompagné dans un kit de développement par les informations concernant la gestion de la technologie DLSS.
Voilà ce que l’on peut dire et nous n’avons clairement pas envie pour le moment d’évoquer d’autres aspects.

Ce vol de données ne remet pas en cause la stratégie de Nintendo. Ces derniers mois, le constructeur évoquait ne pas vouloir mettre quoi que ce soit de nouveau sur le marché avant 2024. On ne voyait pas la moindre sortie en 2022 car la Switch OLED est présente depuis bien trop peu de temps et que si les kits de développement ont commencé sérieusement à poindre depuis l’été 2021, avec la pandémie, lancer une déclinaison console plus puissante dès 2022 aurait été un peu court au niveau logiciel. Les jeux déjà annoncés utilisent la technologie actuelle donc d’urgence à sortir une nouvelle console.

Pour l’année 2023 et du moins la toute fin d’année 2023, c’est déjà beaucoup moins sûr. Le Tegra X1 pose des problèmes à Nvidia à maintenir au niveau de la fabrication, la conversion des usines vers des finesses de gravure plus importantes devient une contrainte. Voir débarquer une Switch 2 pour les fêtes 2023 ou pour marquer les 7 ans de la Switch le 3 mars 2024 semble être la limite maximale que l’on ne pourra pas dépasser pour cause de contrainte industrielle. De quoi laisser pendant cette période le temps de fabriquer toutes les consoles, de créer les nombreux patchs nécessaires pour faire tourner les jeux actuels de la Switch (à cause de l’évolution des micro-codes, ceux qui sont utilisés par le Tegra X1 doivent être émulés sur le nouveau matériel plus puissant et non compatible au niveau des jeux d'instruction ARM). Enfin, ce temps est nécessaire pour les équipes pour peaufiner leur bibliothèque d’outils et se familiariser avec l’Unreal Engine 5 et la technologie DLSS. Tout le monde a du pain sur la planche, alors soyons patient et profitons de notre Switch actuelle d'ici là.
En rafraichissant sa gamme Switch avec ce nouveau SOC, Nintendo lui accorde une expérience de vie augmentée. On se dirige clairement vers une transition graduelle à la manière des gammes Apple. Bref, pas d'après Swich avant longtemps mais des successions de Switch de plus en plus performantes.

Commentaires sur l'article

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Nonmote
Merci, très intéressant comme toujours. Mais une question me tarude sur la future rétrocompatibilité. Jusqu'ici, on entend parler de patcher les jeux pour les rendre rétrocompatibles. Je n'y connais rien donc pardon si la question est idiote mais pour ne pas simplement émuler la Switch 1 dans la Switch 2? Si l'approche retenue est logicielle et non matérielle pour la rétrocompatibilité, pourquoi patcher les jeux un par un (et risquer de perdre les jeux tiers) au lieu d'intégrer une console virtuelle Switch en software?

Si ce n'est pas possible, ça serait intéressant de comprendre pourquoi.
sebiorg
@Nonmote. Le problème vient des Cpu. Notre cpu actuel sur Switch est du A57 et gère les instruction Arm v8.0
Désormais, avec Orin, on travaille en instruction arm v 8.2 et supérieur, qui ne gère plus le 8.0 obsolète. Deux cores devraient pouvoir émuler le fonctionnement de la Switch. Mais on est donc bien obligé de passer par de l'émulation logicielle.
Nonmote
Merci d'avoir pris le temps de répondre. Et merci pour vos articles réguliers sur le sujet, qui arrivent à être didactiques et passionnants.

Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi une émulation logicielle doit se faire jeu par jeu, comme cela a fuité, au lieu de se faire sous la forme d'une "console virtuelle".
sebiorg
En fait, on ne sait pas si une simple couche logicielle peut convertir l'ensemble des instructions qui ont évolué ou s'il faudra entrer plus dans le détail suivant le travail effectué dans chaque jeu. Pour certains titres les modifs peuvent être très rapides, pour d'autres plus compliquées. Si on fait tourner cela sous forme d'une console virtuelle, tu fais tourner le jeu dans l'état qu'il était, sans réellement bénéficier des améliorations techniques comme une hausse de framerate, une résolution plus constante, du moins sans un boulot de dingue pour vérifier que tout s'applique correctement à l'ensemble des jeux. L'idée est de permettre à certains titres de bénéficier des nouvelles API mises sur le marché pour upgrader certaines performances. Donc c'est du cas par cas pour l'optimisation. Je prends un exemple tout simple. Mario Kart 8 Deluxe, si on joue sur écran partagé à 4 actuellement, on perd le 60 fps pour du 30 fps. Avec un patch, sur le soc plus puissant, on pourrait sans problème conserver le 60 fps constant même à quatre. Ce type de modification doit être pris en compte via une mise à jour.
Nonmote
Ce que je crains si la rétrocompatibilité est patchée jeu par jeu, c'est qu'elle ne sera de facto pas universelle. Pour ceux qui ont énormément de jeux Switch, dont des tiers, c'est un vrai problème.

Qu'on puisse, au niveau des jeux Nintendo, bénéficier d'optimisations de jeux existants, c'est très bien (outre MK8 je pense à un Luigi's Mansion 3 ou à un Breath Of The Wild 1 en 60fps ). Mais s'il n'est pas possible d'émuler la Switch originale dans son entièreté, ça serait un énorme point négatif vu le nombre de jeux vendus par la Switch depuis 2017 et la richesse de sa ludothèque.

Sachant que n la PS4 pro ni la Xbox One X n'ont eu de jeu exclusif, on est quand même sur autre chose qu'une simple nouvelle itération pour la suite, quelle qu'elle soit. Parce que le gain de puissance implique forcément des jeux qui s'en serviront.

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