Nintendo annonce avoir racheté pour 1,6 milliard d'euros de ses propres actions et n'entend pas en rester là
Nintendo annonce le rachat d’actions auprès de ses partenaires historiques pour environ 290 milliards de yens (1.6 milliard d'euros), tout en lançant un rachat pouvant atteindre 100 milliards de yens (545 millions d'euros) afin de stabiliser le marché.
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Une vente d’actions par des partenaires historiques
Dans le détail, 32 697 900 actions Nintendo vont être rachetées auprès de plusieurs actionnaires importants, dont MUFG Bank (via un trust géré par Nomura), Bank of Kyoto, DeNA et Resona Bank. Une opération à laquelle peut s’ajouter un mécanisme d’“over-allotment” (jusqu’à 4 904 600 actions supplémentaires) selon la demande des investisseurs.Ce point est essentiel : Nintendo ne vend pas ses propres actions ici pour lever de l’argent frais. Ce sont des partenaires historiques, souvent liés à des participations dites “stratégiques”, qui réduisent leur position. Reuters évoque d’ailleurs un “unwinding of strategic shareholdings”, autrement dit un démantèlement progressif de participations croisées devenues moins courantes au Japon ces dernières années.
En clair : certaines banques et entreprises qui détenaient des parts de Nintendo de longue date décident d’en vendre une partie. Cela représente environ 290 milliards de yens au prix de clôture mentionné. Ces vingt dernières années, on avait souvent lu qu'un partenariat entre deux sociétés s'accompagnait d'une prise de participation de l'une dans l'autre, à l'instar de DeNA lors du saut de Nintendo dans le monde du jeu mobile.
En parallèle, Nintendo rachète jusqu’à 100 milliards de yens d’actions
C’est ici que le second communiqué entre en jeu. Nintendo a décidé de racheter jusqu’à 14 millions d’actions, pour un montant maximal de 100 milliards de yens (environ 545 millions d'euros selon le taux de change). Cela correspond à environ 1,2 % des actions en circulation (hors actions détenues en propre).Pourquoi faire cela ? L’entreprise l’explique clairement :
- Atténuer l’impact de l’augmentation de l’offre d’actions sur le marché
- Améliorer l’efficacité du capital
- Ajuster sa politique financière de manière agile
Traduit en langage simple : lorsqu’un grand nombre d’actions arrive d’un coup sur le marché, cela peut peser sur le cours. En rachetant une partie de ces titres, Nintendo limite la pression à la baisse et envoie un signal de confiance. Il faut dire que depuis quelques semaines, la valeur de l'action Nintendo est malmenée à la Bourse de Tokyo, comme on l'avait évoqué dans cet article.
Et le cours de NTDOY au 27 février, s'il s'est légèrement infléchi en fin de semaine, n'en reste pas moins particulièrement bas avec une baisse de 31.6% en 6 mois... alors qu'en parallèle, l'indice de la bourse de Tokyo, le Nikkei, a progressé de 40%. La pilule est donc un peu amère pour les investisseurs, et Nintendo a dû sortir le chéquier pour soigner cette hémorragie.
Des actions rachetées… puis annulées
Autre élément important : les actions que Nintendo rachètera seront ensuite annulées (cancellation of treasury shares). Cela signifie qu’elles disparaîtront du nombre total d’actions existantes.Moins d’actions en circulation, cela veut dire que chaque action restante représente une part légèrement plus importante de l’entreprise. C’est généralement perçu positivement par les marchés, car cela peut améliorer des indicateurs comme le bénéfice par action.
Pour résumer simplement la séquence :
- Des partenaires vendent environ 1,9 milliard de dollars d’actions
- Nintendo rachète jusqu’à 100 milliards de yens d’actions
- Les actions rachetées seront annulées
Un signal de maturité financière à l’ère Switch 2
Ce type d’opération est fréquent chez les grandes entreprises matures, mais il reste exceptionnel pour Nintendo, dont la trajectoire a longtemps été rythmée par les cycles de consoles, de la Wii à la Switch, et désormais à la Switch 2.Au moment où la firme multiplie les annonces autour de Pokémon, joue sur la fibre nostalgique avec Nintendo Switch Online et mise sur la franchise Pokémon à l'occasion des 30 ans de la série, cette décision montre aussi une gestion active de ses fondamentaux financiers, une fonction où le PDG actuel, Shuntaro Furukawa, excelle. Nintendo n’est pas seulement un créateur de consoles iconiques et de licences comme Super Mario ou The Legend of Zelda : c’est aussi un acteur financier de premier plan, attentif à la stabilité de son action et à la rentabilité pour ses actionnaires.
Reste à voir comment le marché réagira dans les prochains jours, notamment lors de la fixation définitive du prix de l’offre secondaire en mars.
Ce type de stratégie financière influence-t-il votre perception d’un éditeur comme Nintendo, ou restez-vous focalisés avant tout sur les jeux et les consoles ? Nous, on a choisi notre camp et si une société en bonne santé est une société qui est mieux à même de préparer son avenir, il n'en reste pas moins qu'on reste focalisé sur le calendrier des sorties 2026 ! Vous pouvez réagir en commentaire ci-dessous, ou sur notre serveur Discord
Sources : Nintendo (IR), Reuters





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