Test de Gear.Club Unlimited 3 : passion auto au pays du soleil levant
Le jeu passe-t-il le contrôle technique sur Switch 2 ? Notre test de Gear.Club Unlimited 3 nous emmène au Japon à la découverte de ses paysages et son ambiance uniques.
Test
Entre la côte d’Azur et le Japon : la tradition et la modernité ?
Près de huit ans après la dernière sortie de la licence de course Gear.Club chez Nintendo (retrouvez notre test du premier volet et les infos sur le deuxième volet qui avait bénéficié avec bonheur de DLC embellissant l'expérience), la franchise revient avec une carrosserie flambant neuve taillée sur mesure pour la Nintendo Switch 2. Les possibilités techniques de la dernière des consoles Nintendo laissaient présager un jeu visuellement impressionnant et des courses spectaculaires mais la promesse est-elle tenue ?Difficile pour commencer de nier l’originalité du parti pris qui nous emmène à la fois entre les routes du sud de la France et celles du Japon. Les paysages que l’on traverse à toute allure se ressemblent rarement, et pour qui apprécie le grand air et de savourer des points de vue bien travaillés, avec de vrais efforts mis sur la topographie de cols, de falaises, de criques lumineuses et d’étangs brumeux, le jeu vaut le détour. Les routes sont en effet sinueuses comme attendues dans ces paysages parfois escarpés et influencent de facto le gameplay, avec à la clef beaucoup de virages et une attention de tous les instants pour ne pas finir dans le décor.
L’histoire nous invite à développer le premier Gear.Club du Japon dans un immense garage vide, en recrutant une équipe pour le gérer et en accumulant les voitures d’une flotte sportive et taillée pour la victoire. Fidèles à l’identité du jeu, les décisions que le joueur peut prendre se limitent toutefois à des dialogues qui défilent de manière automatique. Les choix se font en réalité seulement au moment de naviguer chez un concessionnaire de luxe, cerisier en fleur et atmosphère épurée de rigueur du côté japonais et yacht, soleil éclatant et terrasse paradisiaque côté français.
Les graphismes de ces espaces sont plutôt réussis grâce à une jolie clarté mais ne suffisent pas à contrebalancer les effets visuels des courses qui nous ont quant à eux vraiment déçu. En effet sur les routes de Provence comme dans les vallées des montagnes japonaises, il n’est pas rare que la course se tienne à une heure avancée de la journée, pour ne pas dire au crépuscule ou bien à l’aube, ce qui appauvrit considérablement la visibilité générale, en dépit des phares de notre véhicule qui s’allument automatiquement. Pas très agréable de conduire dans une sorte de brouillard.
Et ce n’est pas la possibilité de pouvoir choisir son mode de conduite, soit avec une vue au-dessus du véhicule ou bien à l’intérieur de l’habitacle en mode FPS qui change la donne. Techniquement le jeu est un peu à la peine. Il est plus que fréquent que le décor clignote, qu’une montagne se recouvre petit à petit de ses buissons ou bien que les éclats de lumière sur le bitume se transforment en reflets aveuglants. En l’état le jeu reste jouable et regardable mais semble ne pas mobiliser tout ce que la console est capable d’offrir.
Attention aux sorties de route
Côté conduite le bilan est là aussi partagé. Certes on retrouve des modes de jeux très réalistes, avec des groupes de plusieurs voitures, de 2 à 8 qui s’élancent à toute allure, sur des voies pas très larges, propres aux paysages que l’on traverse. Si l’on ajoute à cela que les voitures que l'on contrôle adoptent bien souvent un comportement plus proche d’une voiture réelle, que du kart d’un jeu de course coqueluche de Nintendo, on obtient un jeu pour le moins exigeant. La rigueur des sensations de conduite ne se changerait toutefois pas en une certaine rigidité par moments ?En effet les outils pour dompter les voitures sont plutôt limitées, seule vraie possibilité, l’option de choisir entre une conduite automatique et une conduite manuelle. Si la première a l'avantage de laisser le joueur se concentrer sur les nombreux virages qu’il rencontre, la seconde demande encore plus de concentration sans véritable avantage.
L’atout vient surtout du type de véhicule choisi et de ses spécificités, les sensations en route pouvant changer du tout au tout. À noter aussi les différents modes de courses proposés. Il y a bien sûr la course classique, jusqu’à huit véhicules en même temps. Il y a un mode chrono où l’important est d’arriver à la fin du tracé dans un temps imparti. Un autre mode duel un peu plus original propose d’affronter un adversaire unique et de petit à petit réduire sa barre de vie en franchissant des checkpoint en tête.
Mais la grosse nouveauté de cet épisode réside dans son mode circulation sur autoroute qui nous invite à nous élancer à fond la caisse sur une autoroute presque embouteillée de voitures et de remonter le courant pour nous faufiler en tête. Si la première tentative sur ce mode amuse au premier essai, il devient rapidement une purge très répétitive.
C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut formuler de manière générale à l’encontre du jeu qui oscille entre quelques modes et quelques circuits qui se ressemblent beaucoup. C’est tout spécialement le cas de ces autoroutes françaises et japonaises. Les voitures et camions y évoluent de manière très anarchiques et le défi de se faufiler revient à être une punition tant la moindre erreur est piégeuse et fatale.
En effet qui dit réalisme dit aussi véhicule fou et fragile au moindre impact. Sauf que remonter une voie rapide étroite remplie de voitures implique forcément quelques queues de poisson et des franchissements un peu limites. Attention ainsi aux carambolages et aux tête-à-queue qui risquent de vous faire devenir fous.
Il est également important de mentionner le comportement général des adversaires qui dénotent et indiquent une IA mal équilibrée. Il est ainsi fréquent que leur comportement ne soit pas très réaliste, ralentissant presque à l’extrême dans les virages, les lignes droites deviennent des rampes de lancement supersoniques. Bien sûr c’est une manière pour le jeu de nous inciter à faire les courses de l’histoire principale mais aussi les évènements facultatifs supplémentaires proposés afin d’engranger davantage de bonus susceptibles d’être dépensés dans notre Gear.Club pour améliorer nos véhicules.
En sommes préparez-vous à des courses qui se répètent à n’en plus finir, avec le sentiment de faire et refaire les mêmes défis. Certes nos compétences de pilote finissent par grandir petit à petit mais elles ne sont pas les seules, l’ennui aussi finit par croître dangereusement. Heureusement que les voitures bien modélisées sont là pour, un peu, compenser la donne.
Collectionne, personnalise et admire ?
Comment s’en sortir alors dans ces courses parfois quais impossibles ? Impossible n’est pas Gear.Club qui fait de la customisation, pour ne pas dire l’optimisation sa marque de fabrique. Au sein de son Gear.Club personnalisable avec des objets purement esthétiques et cosmétiques, il est également possible d’investir dans des plateformes d’amélioration pour nos véhicules. Ces stations sont dédiées à renforcer le pneumatique, à solidifier la carrosserie ou à booster le moteur des voitures et sont par conséquent indispensables pour espérer gagner dans les courses qui restent le cœur du gameplay.En effet le temps passé dans le Gear.Club sert essentiellement à dépenser les points accumulés lors des courses car chaque amélioration d’un véhicule nécessite de dépenser des points qui ne peuvent s’obtenir qu’en gagnant des défis. L’argent est également capital car il permet d'acheter de nouveaux véhicules pour augmenter sa collection de voitures. Heureusement pas de risque de banqueroute car les courses sont assez généreuses et permettent d’investir sans se priver et avoir rapidement plusieurs véhicules tout en continuant à les améliorer.
Car oui ce que l’on ne peut pas enlever à Gear.Club Unlimited c’est bien la qualité et le soin mis dans le rendu des voitures disponibles. À chaque fois qu’un nouveau bolide est acquis, celui-ci a droit à une petite cinématique dédiée. Quand une voiture est garée dans notre Gear.Club il est aussi possible de l’admirer sous toutes les coutures. Il est enfin possible de personnaliser visuellement nos véhicules de manière à les rendre plus séduisantes, critère d’ailleurs requis dans certains défis.
Les modèles proposés sont ainsi variés et se répartissent entre des marques occidentales mais aussi des marques asiatiques, poursuivant la thématique générale de l’histoire qui nous fait naviguer entre la France et le Japon. Si les prix peuvent parfois s’envoler pour les plus beaux modèles, force est de reconnaître le soin mis dans la partie collection, avec également des descriptions et anecdotes sur chaque voiture et également la sensation de posséder les véhicules en question. Un vrai bon point à prendre en compte pour les passionnés d’automobile.
Alors qu'au moment où nous achevons ce test nous apprenons que l'éditeur français Nacon demandait l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, espérons que les amoureux des jeux de voitures puissent porter suffisamment ce troisième volet afin qu'une suite voie le jour et que celle-ci apportera des nouveautés qui exploiteront davantage le potentiel de la Nintendo Switch 2 capable d'encore mieux.









































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