Resident Evil Requiem : du grand survival-horror sur Switch 2
Retour gagnant pour Resident Evil sur Switch 2, pour le plus grand bonheur des joueurs Nintendo.
Test
Une prouesse technique sur Switch 2
Des questions légitimes se posent à l’annonce de ce nouvel opus : la Nintendo Switch 2 est-elle capable de faire tourner un triple A ambitieux sans sourciller ? Quelles concessions Capcom a dû faire pour garantir une expérience agréable au joueur nomade ? Tous les espoirs sont permis quand on connaît la qualité et la versatilité du moteur graphique RE Engine, largement utilisé par Capcom sur ces licences depuis bientôt 10 ans.Inutile de faire durer le suspense plus longtemps : Resident Evil Requiem tourne admirablement bien sur Nintendo Switch 2, aussi bien en mode docké qu’en mode portable. Une telle prouesse n’aurait naturellement pas pu avoir lieu sur la Switch première du nom et Capcom confirme ici que oui, la Switch 2 est bien capable de faire tourner les jeux les plus ambitieux. Les environnements sont travaillés, les jeux de lumières renforcent l’immersion et la progression de Grace, Leon et la multitude d’ennemis qui les poursuivent est véritablement réaliste.
On note toutefois une réalisation assez inégale par moments, variant entre cinématiques in-game très réussies et certains éléments de décors ou d’inventaires vraiment vilains. Il est fort probable que Capcom ait été contraint de faire des choix de type qualité vs. performance - on ne peut pas tout avoir sur Switch hélas - mais nous considérons ici que les bons choix ont été faits pour une expérience de jeu optimale. Sans surprise, la version Switch 2 est la moins impressionnante visuellement face aux autres supports. Ce que nous retenons ici, c’est que les joueurs exclusivement Nintendo peuvent désormais mettre la main sur ce type de titre sans avoir à investir dans une console supplémentaire ou un PC de jeu.
Techniquement, Requiem tourne à 30 fps constants sur Switch 2, autant en docké qu’en portable. La résolution est moindre et les textures plus baveuses en mode portable, mais c’est plutôt la sollicitation assez poussée du hardware Switch 2 qui pourra poser problème aux plus nomades d’entre nous, car il est difficile d’espérer jouer plus d’1 h 30 dans ces conditions. Rien de choquant et on salue même le travail d’optimisation pour un jeu de cette ampleur qui ne pèsera “que” 27,4 Go sur la console (Game-Key Card, donc téléchargement obligatoire).
Une ambiance suffocante maîtrisée de bout en bout
Les points les plus sensibles étant abordés, penchons-nous sur un des gros points forts de Resident Evil Requiem : l’ambiance malsaine et les environnements dans lesquels vous allez évoluer. Il s’agit d’un point de vue plus subjectif, car il touche à la sensibilité de chaque joueur, mais autant le dire cash : si l’objectif de Requiem est de faire peur et de vous rendre mal à l’aise, le pari est rempli à 100%. Ma propre expérience de la saga se limite à la version originale de Resident Evil 4 sur GameCube.Même s’il s’agit d’un jeu qui m’a profondément marqué à l’époque, il y a bien longtemps que je ne m’étais pas senti aussi mal en jouant à un jeu vidéo. Requiem use et abuse des mécaniques les plus élémentaires pour vous faire peur : l’inconnu, l’absence de lumière, les environnements majoritairement clos, des créatures toutes plus horribles que les autres, des “jumpscares” à foison, le gore et le sang à outrance… soyez prêts, vous allez en baver. Rien de nouveau ou de révolutionnaire ici, mais on sent que tout est parfaitement maîtrisé pour vous faire passer le meilleur (ou le pire ?) moment possible manette en main.
C’est un étrange sentiment qui nous pousse à jouer pour découvrir les secrets qui se cachent derrière chaque porte, au détour d’un couloir, d’un escalier, ou au-dessous d’une trappe… Non mais quelle idée de se jeter à corps perdu au sous-sol d’une clinique avec pour seul matériel une minuscule lampe torche et un minuscule pistolet ? Vous l’aurez compris, Resident Evil Requiem est une expérience marquante, qui le sera d’autant plus si vous n’êtes pas un habitué du genre, le tout marqué par un sound design d’excellente facture et un doublage français réussi, propices à l’immersion et véritable déclencheur de doutes et de peurs.
Deux héros, deux approches du survival-horror
Une autre force de Requiem est l’équilibre malin qu’il impose au joueur entre les deux personnages principaux. D’un côté, vous incarnerez un nouveau personnage féminin, Grace Ashcroft. De l’autre, vous retrouverez une figure emblématique de la série Resident Evil : Leon S. Kennedy.Si les mécaniques de gameplay restent globalement similaires entre les deux campagnes, leur approche diffère nettement. Avec Grace, la survie est au cœur de l’expérience. Son arsenal est très limité, ce qui vous obligera à éviter certains affrontements, à faire preuve de ruse face aux ennemis et à privilégier l’infiltration. Vous devrez régulièrement vous cacher, contourner les menaces et choisir vos combats avec soin. Éliminer quelques infectés restera néanmoins nécessaire, notamment pour récupérer leur sang. Ce sang vous permettra de fabriquer le matériel indispensable à votre progression : des munitions, des remèdes injectables en cas de difficulté, mais aussi des stabilisateurs et des stéroïdes afin d’améliorer vos capacités.
Cette mécanique de craft est intéressante car elle vous oblige à faire les bons choix en fonction des différentes situations qui s’offrent à vous, et ce même si elle impose des allers-retours dont on se serait bien passés quand on sait que l’on peut tomber nez à nez avec des horreurs à tout moment.
Pour couronner le tout, vous jouerez le personnage de Grace à la première personne, ce qui n’arrange en rien la situation (ou plutôt, ce qui renforce l’immersion, c’est vous qui voyez…). Par défaut, le jeu propose une vue à la première personne pour Grace, et à la troisième personne pour Léon, afin d’être au plus proche du type de gameplay qui les caractérise (immersion vs. action). Quant à Léon, et bien… le personnage est fidèle à son image : un brin provocateur, amateur de punchlines, et plutôt rentre-dedans !
Dans la peau de Léon, vous manquerez rarement d’armes et de munitions, et même si la peur et l’inconnu sont toujours bien présents, ces phases de gameplay plus légères et orientées actions sont les bienvenues après s’être farci une bonne d’angoisse avec Grace. Évidemment les deux personnages seront amenés à se rencontrer et à s’épauler, et le mystère qui plane autour de l’existence même de Grace et les soucis de santé de Léon seront au cœur de vos pérégrinations. Le virus T et Umbrella Corporation ne sont jamais très loin…
Exploration, énigmes et gestion des ressources : l’ADN Resident Evil
Votre progression dans Resident Evil Requiem ne sera pas de tout repos. Les phases d’infiltration et d’exploration pure sont légion : vous serez assisté d’une carte assez précise qui vous indiquera également la position de certains objets une fois les pièces traversées. Évidemment, se dresseront devant vous des portes fermées, des cadenas verrouillés, des coffre-forts inviolables et autres joyeusetés qui donneront lieu à un bon lot d’énigmes à résoudre.Il n’y a rien d’insurmontable mais l’exploration est clé si vous voulez avoir une chance de vous en sortir. Il vous faudra donc prendre le temps, fouiller dans tous les recoins et lire chaque document pour mieux comprendre l’intrigue et espérer en sortir vivant. D’autres phases de gameplay plutôt centrées sur Léon seront un concentré d’action où les hordes d’ennemis s'abattront sur vous : il s’agit alors d’effectuer un choix judicieux dans votre large inventaire pour en venir à bout, avec un arsenal qui a fait ses preuves : pistolet, mitrailleuse, fusil à pompe, fusil de précision et la fameuse hache pour vous débarrasser des ennemis un peu trop collants. Le rythme imposé est soutenu et équilibré, alternant entre Grace et Léon à de nombreuses reprises au fil de l’aventure.
En termes de contenu et d’accessibilité, Resident Evil Requiem propose une aventure assez longue : comptez une quinzaine d’heures pour venir à bout de l’histoire principale, ce qui le situe dans la fourchette haute de la série, assez proche du remake de Resident Evil 4 et largement au-dessus des deux derniers épisodes qui proposaient une aventure d’une dizaine d’heures.
Plusieurs niveaux de difficultés s’offrent à vous, dont un niveau facile et deux modes normaux “moderne” et “classique”. Comprenez ici que le mode normal “classique” propose une expérience plus exigeante, réservée aux joueurs habitués des Resident Evil. Pour ma part, j’ai opté pour le mode normal “moderne” qui ne m’a pas posé d’énormes difficultés, même si je compte tout de même une bonne vingtaine de Game Over. Les points de sauvegarde manuels sont bien dosés, ni trop peu ni pas assez, intelligemment placés pour souffler suite à des rencontres musclées sans trop vous aider non plus.














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