Test Assassin's Creed Shadows Switch 2 : un superbe portage
Prêt à passer en mode Assassin ? Ubisoft vous invite à partir près de 500 ans en arrière dans le Japon d'Oda Nubunaga pour se glisser dans la peau d'une shinobi.
Test
Avant-propos
Assassin’s Creed Shadows est sorti sur divers supports en mars 2025 et soyons directs : si vous souhaitez avoir un avis sur le jeu en lui-même de manière agnostique, différents tests ont été publiés en long, en large et en travers depuis de nombreux mois, lui attribuant en moyenne une note de 16 à 18 sur 20.Sans surprise, notre test ne pourra pas dévier de ce « jugement » puisque… c’est le même produit. C’est une évidence pour certains, mais il est nécessaire de le rappeler : nous notons avant tout un titre pour ce qu’il est et ce qu’il propose parmi les récents titres de la célèbre franchise.
Retour vers le passé
En apportant des armes à feu avec eux, ils viennent bouleverser l’équilibre des forces, principalement d’un point de vue militaire, mais aussi par le biais de la religion. C’est via ce dernier point que l’histoire d’Assassin’s Creed Shadows semble amorcer son aventure en 1581. Cela dit, les premières minutes de votre aventure seront assez trompeuses. Les grands titres AAA aiment faire de la narration et de la mise en scène cinématographique. Cela n’est pas un défaut, mais durant les deux premières heures de gameplay, on a l’impression de n’avoir tâté le joystick que pendant 45 minutes, tellement il y a des cinématiques et qu’entre deux d’entre elles, nous allons seulement d’un point A à un point B. Cela peut paraître barbant, et ne nous mentons pas, cela l’est un peu. Mais l’histoire narrée n’est pas dénuée d’intérêt pour autant. L’objectif est de poser un contexte, une histoire. Dans les premières minutes du jeu, nous incarnons un esclave, nommé Diogo, amené dans ce nouveau pays par des missionnaires. Ceux-ci ont pour mission de rencontrer le seigneur Oda Nobunaga. Ils demandent à ce dernier une autorisation pour voyager à travers ses terres, Nobunaga n’est pas naïf et s’interroge sur cette demande alors que des prêtres parcourent déjà ses terres sans avoir réalisé la même requête.
Sentant le pot aux roses, il cherche à mettre fin à la négociation mais ses yeux n’ont pu ignorer l’homme qui déteint dans le paysage : il a la peau noire. Au delà de ce détail, il semble comprendre le japonais. En conséquence, il réserve un sort particulier à cet homme...
C’est tout ?
Houlà non, malheureux ! Nous n’avons narré là que les premières minutes de l'aventure. Comme nous vous le disions, celles-ci sont trompeuses car si vous êtes bien amené à suivre l’aventure de Diogo durant la première heure, l’histoire bascule très rapidement vers celle de Naoe Fujibayashi, une jeune femme qui voit son village, dans la province d’Iga, être attaqué et pillé par l’armée du seigneur Nobunaga quelques mois après la présentation précédente. Oui, la véritable star de l'aventure, c'est elle ! Alors qu’elle devait protéger une mystérieuse relique, Naoe échoue dans sa mission et paie cet échec au prix fort face à ce qui ressemble à un clan de 11 membres, nommé le Shinbakufu. Avec le temps, elle fomentera une vengeance et c’est cette aventure qui va clairement prendre tout votre temps.D’ailleurs, la découverte de l’ensemble du passé de Naoe prendra environ 5 à 6 heures. Oui, Shadows n’est pas avare en cinématiques et séquences flashback. C’est au cours de la découverte de ce passé que le titre vous laissera libre d’explorer avec Naoe le Japon de l’époque. Bien entendu, à partir d’un passage dans l’histoire, vous retrouverez la route de Diogo, devenu le samouraï nommé Yasuke.
Et le gameplay ?
Maintenant que nous avons abordé les grandes lignes de l’histoire de Shadows, parlons « jeu » ! Le contexte du titre, à savoir le Japon, était assez attendu par une majorité de fans, et il ne faisait guère de surprise que la licence allait s’y arrêter après avoir parcouru les autres points de la planète. Celui-ci nous offre une ambiance plutôt sincère avec de vastes contrées remplies de monts et forets…Oui, Shadows ne limite plus votre exploration aux villes comme ce fut le cas dans les premiers épisodes. Avec les derniers épisodes que sont Origins, Odyssey, Valhalla et Mirage, Ubisoft a ouvert sa licence à l’open world. Il est d’ailleurs important de noter que c’est le premier épisode depuis ce renouveau à sortir sur une console Nintendo. Nous vous avons parlé des deux protagonistes : Naoe et Yasuke. Sachez que le temps consacré à chacun sera plutôt réparti selon un ratio 70/30, bien que, passé un certain point, vous ayez la possibilité pour certaines missions, mais pas toutes, de choisir le personnage que vous contrôlez.
Cela fait-il une différence ? Oh oui. Naoe est la digne héritière de la tradition des assassins, même si dans le jeu, le terme utilisé sera Shinobi. L’infiltration, et, en toute logique l’assassinat représentent son gameplay. Yasuke, avec sa corpulence, son amure et son sabre, est une véritable machine de guerre. Dites vous qu’il peut défoncer des portes d’un coup d’épaule. Certains y verront un gameplay plus proche de Valhalla.
Les deux personnages se jouent donc très différemment et possèdent des gameplay opposés. Si l’une utilise la discrétion, c’est aussi parce qu’elle est plus fragile que son pendant masculin. Mais du coup, ce dernier n’aura pas du tout le comportement et les capacités d’un assassin.Au sujet du déroulé, la quête contre le Shinbakufu n’est qu’un fil rouge que vous êtes libre d’accomplir selon votre envie. En pratique, le monde qui vous est proposé à l’exploration n’est qu’une partie du Japon, 9 provinces pour être exact. Au début, la carte vous indique les niveaux recommandés pour chaque région.
Cependant, le niveau de l’ensemble des ennemis grimpe en même temps que le vôtre lorsque vous dépassez leur niveau initial. Vous êtes donc totalement libres de progresser comme vous le désirez sans risque de vous ennuyer par la suite en rencontrant des ennemis trop faciles. À ce sujet, nous avons baissé d’un cran la difficulté au début, pour nous faire au gameplay très fragile de Naoe, puis l’avons ensuite repassé au niveau initial.
Au niveau des quêtes, AC Shadows fait le choix de ne pas vous aider à les trouver de manière précise sauf pour certaines d’entre elles. Bien souvent, ce sont plutôt leurs objectifs qui ne vous seront nullement pointés sur la carte. Vous n’aurez alors qu’un faisceau d’information se précisant petit à petit : la cible est dans telle province, dans l’ouest de la région de…, au sud-est de cette ville. Libre à vous de chercher au petit bonheur la chance ou, d’envoyer vos amis éclaireurs à partir de la carte afin de trouver la localisation exacte.Cette façon de faire rend les choses parfois un peu aléatoires car il nous est arrivé de réaliser une quête dans le désordre le plus total. Par exemple, un homme nous dit que plusieurs bandits sévissent dans la région et que leur chef est introuvable. Bref, la quête est prise et nous voilà lancés à explorer le terrain.
Mais au bout de quelques heures, ayant quelque peu oublié cette quête, une curiosité géographique nous attire et nous nous mettons à explorer un lieu mystérieux, jusqu’à ce qu’au bout de 3 mètres, Naoe se mette à dire : « Ainsi c’est ici que leur chef se terre »… Oui, la quête déraille scénaristiquement. La surprise qu'aurait du nous procurer notre infiltration est gâchée et le moment est un poil frustrant. Bilan, nous avons pu tuer le chef avant de tuer les membres de sa bande. Ce qui est déroutant car en les rencontrant ensuite, nous avons parfois droit à : « Tu rigoleras moins quand tu rencontreras le patron ! »… L’expérience, qui part d’une bonne idée s’en retrouve mitigée.Ce style de mésaventure nous a aussi parfois amenés à tuer des ennemis avant d’obtenir la quête demandant de tuer tout un lot. Nous ne considérons pas cela comme anormal, mais votre victime se retrouve alors marquée dans votre suivi de quête avec un message ressemblant à « Cet homme semble faire partie d’une mystérieuse mafia locale, il nous faudra de plus amples informations pour la démanteler au complet. » Cela dit, sachez qu’une option permet de revenir à un système plus traditionnel où vos objectifs de quête sont directement indiqués sur la carte.Côté quêtes, vous aurez une semi-diversité, entre tuer une douzaine d’ennemis précis ou une centaine de bandits dans une région donnée, de la collecte d’objets comme des tableaux, des blasons à travers toute la carte.Pour l’évolution du personnage, on reste dans un gameplay orienté RPG avec de l’expérience gagnée vous octroyant un gain de niveau et donc une montée des statistiques de base. Tuer des ennemis précis ou accomplir des missions impliquant du QTE vous donnera des points de compétences que vous pourrez dépenser dans un ou plusieurs arbres afin de débloquer des améliorations diverses et variées.
Et de la même manière que les ennemis suivent votre montée en niveau, le butin récolté suit aussi votre progression. Aucun risque de trouver du butin niveau 10 quand vous serez niveau 63 donc. Sachez qu’en tout et pour tout, terminer le titre dans sa totalité, avec tout le contenu secondaire, nous a pris 150 heures, hors DLC car celui-ci n’est pas encore disponible sur Switch 2 au moment de la réalisation de ce test. Il pourrait paraître en février.Pour en dire plus sur l’aventure sans spoiler, sachez que l’histoire autour de Yasuke et Naoe sera très progressivement éclaircie au cours de votre progression. Pour être exact, cela se fera au cours de petits teasing. Mais l’ensemble des informations vous sera dévoilé tout à la fin de l’aventure et certains mystères ne sont pas tout à fait levés, mais peut-être est-ce là un moyen de nous inviter à jouer au futur DLC ?
Un portage technique ?
L’annonce de la sortie de Shadows a d’abord fuité, et la confirmation a été plutôt timide. Quelle ne fut pas notre surprise de voir ensuite Ubisoft traiter la sortie de cet épisode sur Nintendo Switch 2 sous l’angle de l’aspect technique. Mais soyons francs : le résultat est quand même assez bluffant.Dites-vous que nous avons sur Switch 2, même avec quelques mois de retard, l’un des plus gros projets AAA sortis en 2025, ce n’est pas rien. Certaines mauvaises langues s’empresseront de demander les concessions réalisés pour permettre ce portage. Sachez que ce downgrade n’est pas si choquant, et ce qui est le plus hallucinant, c’est de voir ces cinématiques en temps réel, avec l’équipement que porte vos personnages, tourner sur la console dernière génération de Nintendo. Le framerate reste constant, du moins à l’œil nu, qu'on joue en mode portable ou sur le grand écran de votre salon. C'est d'autant plus surprenant lorsque l'écran est chargé de personnages, lorsque vous vous baladez en ville ou pendant un combat. Hélas, Ubisoft a mauvaise réputation, parfois à tort, parfois à raison.Dans l’introduction de ce test, nous mentionnions des plantages rendant le jeu injouable. Pendant la première semaine de notre test, nous avons joué à ACS sans rencontrer le moindre problème. Puis, un jour, il ne voulait plus rien entendre. Alors qu’on navigue sur la carte, la Switch 2 nous informe que le titre s’est arrêté subitement. On le relance, et rebelote, moins de 2 minutes après… Cela nous est arrivé à cinq reprises en moins de deux heures ce jour-là en réalisant des actions diverses et variées.Puis, il a cessé de crasher, sans qu’aucun patch n’ait été déployé à ce moment-là. Mystère ! Ubisoft a effectivement déployé un patch, concernant plusieurs plateformes, réglant entre autres les soucis de crash à répétition sur Switch 2. Depuis son déploiement, nous en avons tout de même rencontré deux en l’espace d’un mois. C’est peut-être bien le seul vrai bug gênant que nous ayons rencontré.
Cela ne nous a pas empêché de noter d'autres détails, mais rien très folichon, comme une mauvaise gestion de la connectivité, qui fait que lorsque vous passer la console en veille, le jeu a l'impression d'avoir perdu la connexion et vous le signalera à la plupart de vos reprises de parties. Cela ne l’empêchera pas de se reconnecter en ligne.Pour vous donner un petit aperçu de bug graphique, voici le plus parlant, mais qui survient assez ponctuellement. Parfois il se produit un rechargement continu de textures sur des éléments, comme si le jeu parvenait à charger la texture, l'afficher, et décidé que ce n'était pas bon et recommençait son travail. Par exemple, avec les deux images ci-dessous, le jeu chargeait, et rechargeait en continue les pierres qui sont posées sur le toit.Comme évoqué par l'exemple ci-dessus, il y a bien eu quelques artefacts mineurs dans les graphismes, ou du crénelage bien prononcé dans la gestion des ombres une fois de temps en temps, mais cela reste assez anecdotique et parfois un peu cocasse, comme les sourcils de Dame Nene qui nous ont toujours parus mal placés.Mais pas de cheval ou d’ennemi volant, pas de traversée de murs ou autre bug pouvant nuire à l’expérience globale du jeu. Ironiquement, c’est l’avantage d’avoir ce genre de jeu plusieurs mois après sa sortie, car la plupart de ce qui pouvait être patché l’est. De plus, il est important de préciser que le jeu est fluide et ne nous a jamais montré le moindre ralentissement, chapeau bas !



























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Et pour ce passage " Sachez que ce downgrade n’est pas si choquant, et ce qui est le plus hallucinant, c’est de voir ces cinématiques en temps réel, avec l’équipement que porte vos personnages, tourner sur la console dernière génération de Nintendo.", j'avoue que je suis un peu surpris.
On avait déjà cela avec AC Origins, AC Odyssey et AC Valhalla et même AC Unity et AC Syndicate, soient, tout les AC ère PS4/XOne
Or, si on s'arrête juste à l'aspect technique de la Switch 2, la console rien qu'en mode portable, soit dans sa configuration la moins puissante, est au niveau d'une PS4 en terme de puissance brute (s'ajoute à cela le DLSS et son architecture plus moderne, certes). Donc en soit, je ne vois pas pourquoi ce serait si impressionnant de voir cela pour AC Shadows.
Enfin, je pinaille, merci pour ce test.