Comme un retour aux sources… de la mako
L’histoire est toujours terriblement actuelle. C’est celle de Cloud, ancien SOLDAT, recruté par Avalanche pour détruire un réacteur à énergie mako et essayer de sauver la planète. C’est l’histoire d’activistes cherchant à sauver le monde, à éviter que la planète n’étouffe sous l’exploitation industrielle de son essence vitale, de son énergie.
Entre écologie et lutte sociale, Final Fantasy 7 conserve un propos particulièrement actuel, plus encore avec ce remake qui approfondit les caractères, les enjeux, étoffe les personnages et donne à la ville de Midgar un autre visage. Pas fondamentalement différent, juste plus profond, plus travaillé, jouant sur les inégalités sociales, sur les luttes intestines et la domination des élites, en quête de profit.
Bien entendu, nous retrouvons aussi les personnages emblématiques du jeu : Tifa, Aerith, Sephiroth, Barrett et les autres. Le jeu de Square Enix se dote d’une esthétique qui ne sera pas sans rappeler le film Advent Children, sorti en 2005. On y retrouve d’ailleurs quelques personnages comme Reno, dont l’apparence évolue entre la Compilation Final Fantasy VII et ce remake. Une esthétique qui ne sera pas sans rappeler
Crisis Core, sorti en 2022.
La ville de Midgar, avec sa plateforme qui fait office de ciel aux secteurs les plus défavorisés, est magnifique. Les jeux de lumières l’incarnent particulièrement bien et sont très bien rendus par la console de Nintendo.
Profondément politique dans son propos, Final Fantasy VII Remake nous offre une réinterprétation de lui-même à l'aune du XIXè siècle et de l’actualité, sans jamais trahir le matériau d'origine. Et rien que cela, c'est fort. D’autant que vous le savez sans doute : ce remake est un premier opus, le premier jalon d’une trilogie qui s'est ensuite poursuivie avec Rebirth (sortie en 2025, pas encore disponible sur Switch 2). Les plus impatients attendent l'annonce de la sortie du 3e jeu. Comment faire trois jeux avec un seul ?
Square Enix relève le défi et le fait avec brio. Et même le choix de certains changements, par rapport à l’original, font sens au fur et à mesure de votre aventure.
C’est encore plus flagrant que ce remake, qui peut presque s'apparenter à un reboot par certains aspects, offre des changements dans sa manière de jouer. Des évolutions fluides, qui donnent un côté plus moderne au jeu, mais toujours sans jamais trahir le matériel initial ni les intentions des artistes. Ceux-ci remettent d’ailleurs le couvert, puisqu’une partie de l’équipe de 1997 est bien présente au développement de remake, dont
Nobuo Uematsu, compositeur de la bande son.
L’aventure commence
Au-delà du gameplay, que nous verrons juste après, une question est sur toutes les lèvres : la Switch 2 tient-elle le coup ? Permet-elle réellement de faire tourner un AAA ? De nous ravir de la beauté de ce jeu tant attendu sur la console de Nintendo ? Ne vous faisons pas languir : la réponse est finalement 7 fois oui. Dès la première cinématique, vous en prenez plein la vue, au point d’en oublier que vous êtes sur Nintendo Switch 2. Rien que ça. Et on ne vous a pas dit le mieux : en mode portable ou docké, les différences sont quasi inexistantes. Oui, oui !
Si on entre dans les caractéristiques spécifiques du jeu, plusieurs choses sautent aux yeux. Déjà la résolution en 1080p et 30fps constant, en portable ou en docké. Les graphismes sont magnifiques, visibles dès la première cinématique d'introduction qui nous en met plein la vue. Les transitions entre celles-ci et les phases de gameplay sont tout aussi fluides, comme tout le reste du jeu. Celui-ci, d’ailleurs, supporte beaucoup de choses : courses poursuites rapides, incendie énorme, attaques véloces et précises, rien ne semble pouvoir venir mettre à mal la fluidité du jeu ou même ses graphismes.
Les textures sont magnifiques, s’affichent sans temps de latence à l’écran. Square Enix nous prouve bien que la console de Nintendo supporte largement les jeux en apparence gourmands en termes de ressources notamment graphiques. Car le bidonville du secteur 7 regorge de petits détails, de personnages à écouter, de quelques passages à emprunter pour découvrir ses secrets.
Bien sûr, cela se fait au prix de quelques sacrifices mineurs. Les temps de chargement, par exemple, sont un poil plus longs. Mais quand ils passent de seulement 1 à 2 secondes à 4 ou 5, c'est totalement gérable et pas vraiment visible. Il existe, parfois, mais de façon très rare sur notre expérience de jeu, quelques chutes de framerate. Mais encore une fois, en presque 25 à 30h de jeu, cela n'est arrivé que deux, voire trois fois maximum.
En somme, soyons honnête : cette version Switch 2 est une véritable claque visuelle. Le fait que la qualité graphique ne soit pas sacrifiée quand on passe en portable est un vrai plus. Qui n’a jamais rêvé de profiter de cette aventure en haute résolution au fond de son lit avant de dormir ? D’une certaine façon, Final Fantasy 7 Remake Intergrade montre bien que la Nintendo Switch 2 n'a pas à rougir face aux autres constructeurs. La console ne chauffe pas, le gameplay et les graphismes sont fluides. Il est donc totalement possible de faire tourner un AAA sur la nouvelle console de Nintendo sans trop se poser de questions. Reste aux studios la charge de nous offrir ces expériences de jeux.
Midgar, nous voilà !
Bien qu’étoffant la cité de Midgar au point de nous y faire passer des dizaines d’heures, Final Fantasy 7 Remake reprend la progression du jeu d'origine. Nous débutons donc sur le quai d'un train, au pied du réacteur à mako pour notre première mission avec Avalanche. Les premiers combats sont des tutos pour nous familiariser avec le gameplay et ses nouveautés.
Avant de lancer le jeu, vous avez choisi certaines options, notamment concernant le gameplay. Nous allons ici vous parler de la version dite “normale”, soit de celle imaginée par les développeurs à l'origine, avec un tour par tour strict. Avec ce remake, FF7 lorgne du côté de l’action-RPG hybride, incluant des éléments plus dynamiques, une jauge ATB et la possibilité de switcher d'une personnage à un autre.
Ce qui peut sembler lourd dit comme ça est en réalité plutôt fluide, même si ça demande quelques combats d'adaptation. Heureusement, la progression du jeu est bien faite : vous allez d’abord vous battre seul, avant d’intégrer Barrett à votre équipe et de voir comment changer de personnage et les gérer. Puis d’autres, etc.
Ainsi, vous allez appuyer sur Y pour taper vos ennemis. Ceux-ci sont visibles dans l’environnement autour de vous et il n’y a plus d’arène de combat comme dans les anciens JRPG. S'ils vous voient, ils viennent vous taper, déclenchant l’interface adéquate.
Avec Y, donc, on tape. Avec X, vous pouvez déclencher, selon les personnages, une action spécifique. Pour Barrett, une grosse décharge d’énergie. Pour Cloud, vous passez en mode SOLDAT, vos attaques sont plus rapides et plus puissantes. Pour les autres personnages, ce sera à vous de le découvrir. Tant que vous tapez et contrôlez un personnage, plus sa jauge ATB monte.
Une fois un segment obtenu, vous pouvez appuyer sur une gâchette pour sélectionner une action spécifique : une compétence, un sort ou l’utilisation d'un objet. Comme vous pouviez en avoir l’habitude en tour par tour classique. Pendant que vous faites votre choix, le jeu ralentit, vous laissant une marge de manœuvre et un petit temps de réflexion/exploration des menus.
Avec R, vous pouvez aussi parer les attaques des ennemis. Le système de combat est résolument plus dynamique, ce qui est un vrai plus pour ce jeu. A cela s'ajoutent aussi les fameuses matérias, ces perles colorées qui possèdent des sorts et compétences que vous allez pouvoir entraîner en les utilisant.
Le système de Final Fantasy 7 Remake reprend les grandes lignes et les éléments emblématiques du jeu d’origine pour pousser certains curseurs plus loin. Alors certes, il reste des points négatifs au jeu : le fait de devoir naviguer dans les menus avec les flèches directionnelles et non avec le joysticks est un coup à prendre. Mais globalement, les critiques sont inhérentes au jeu en lui-même quel que soit le support.
En jeu, lorsque vous explorez Midgar, les informations à l’écran sont réduites à leur strict minimum. Un plan en haut à droite de l’écran (que vous pouvez aussi enlever), et une jauge de vie en bas. Et c’est tout. Les combats se lancent de façon dynamique, les ennemis sont présents dans l’environnement autour de vous. Cela donne un rendu plus fluide et une mise en scène particulièrement efficace lors de certains affrontements clés de l’aventure.
Vous pouvez aussi jouer au jeu avec des options dites “Avancées”, permettant de bidouiller l’expérience gagnée, le nombre de gils (la monnaie locale) possédées ou la difficulté, rendant l’expérience de jeu possible à adapter pour tous. Il aura fallu attendre un peu moins de six ans pour avoir accès à cette version sur Nintendo Switch, mais
l’attente valait largement le détour !
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