Une aventure peut en cacher une autre
Bandai Namco nous enchante depuis plusieurs années avec des remastered de sa grande saga Tales of. Après Symphonia en 2023, Grace f et Xillia en 2024, c’est désormais au tour de Berseria de faire son apparition sur Switch. Un choix qui interroge quand on connait l’historique des jeux de la saga. Sorti en 2016 au Japon, 2017 en Europe, Berseria se déroule dans le même univers que Tales of Zesteria, sorti lui en 2013. Et si Berseria connait aujourd’hui son remastered, Zestiria, quant à lui, n’est pas encore disponible sur Switch. Prochainement peut-être ?
Pas de panique cependant : les deux opus sont liés par leur univers mais pas par leur intrigue. Vous n’aurez pas besoin de connaître Zestiria pour profiter de Berseria. Et c’est tant mieux. D’autant que Berseria s’éloigne là encore de ce à quoi on a l’habitude avec la saga. L’histoire y est nettement plus sombre et plus mature, les personnages plus adultes et les motivations des uns et des autres beaucoup plus personnelles. Tout est ici en nuance de gris, questionnant sans cesse la morale, mais sans jamais oublier l’humour et quelques moments de grâce qui font le succès de la licence.
Ainsi, comme pour les autres remastered de la saga Tales of, Berseria dispose d’un certain nombre d’améliorations de confort. Si vous avez déjà fait l’un des remastered de ces dernières années, alors vous avez l’habitude de voir apparaître avant même le commencement la boutique de points. A l’origine, celle-ci apparaissait pour le New Game+, vous permettant, avec les points engrangés lors de votre première partie, d’acheter des améliorations pour votre seconde. Désormais, le double d’expérience, l’inventaire plus grand, l’argent en plus et autres fonctionnalités bonus sont accessibles dès le début. Une façon de rendre plus accessible l’expérience et de jouer sur la difficulté du jeu autrement. Cette version met aussi à votre disposition les DLC cosmétique du jeu, ainsi que des consommables bonus accessibles dès le début.
En quête de vengeance
Tales of Berseria vous plonge dans l’histoire de Velvet. La jeune femme a grandi avec son frère, Laphicet, et son beau-frère, Artorius. Après le décès de sa soeur, la femme d’Artorius, tous trois vivent dans un petit village reculé, loin des démons et des abominations qui envahissent le monde. Seulement voilà : Artorius a d’autres plans. Il décide de sacrifier Laphicet, alors malade, pour invoquer une divinité et sauver le monde.Du moins, c’est comme cela qu’il le présente. Velvet, effondrée par la mort de son frère, se transforme alors en démon avide de vengeance. Enfermée sur une île-prison, elle n’aura de cesse de ressasser le passé. Elle jure qu’à sa sortie, elle se vengera et vengera son frère décédé. Trois ans s’écoulent ainsi, jusqu’à ce qu’une malak, une entité dotée de pouvoirs, la libère. Sur la route, Velvet va faire la rencontre de plusieurs personnages, mais aussi dévoiler sa véritable nature : celle d’une thérion, une démone capable de manger d’autres démons.
Tales of Berseria est un récit sur la vengeance, mais nous relate aussi le conflit entre la raison et les émotions. Rapidement, Artorius apparaît comme une figure dénuée de toute émotion, voulant le triomphe de la raison au détriment de ce qu’il considère comme une faiblesse. De son côté, ce sont les émotions, notamment l’amour de son frère, qui motivent Velvet. Elle voit en l’ordre mondial instauré par Artorius une forme de malédiction terrible, faisant des humains des êtres désincarnés, sans morale.
Explorer, combattre et vivre
A l’image de son intrigue plus mature, Tales of Berseria se dote d’un système de jeu plus dynamique. Bien entendu, on retrouve tout ce qui fait l’ADN de la licence : des combats qui se lancent en touchant un ennemi sur la carte, le systèmes d’arte (des attaques spécifiques à chaque personnage), des possibilités d’attaques combinées et une équipe de quatre combattants, interchangeable en fonction de vos préférences (et du scénario).Au-delà de ça, Berseria propose un système très dynamique. Vos attaques sont réparties sur les touches A, B, X et Y. Pour parer, il faudra utiliser L. Et pour esquiver, L et une direction avec votre joystick. Les attaques forment des combos. Ainsi, vous pouvez enchaîner les attaques rapidement dans des combos d’au moins quatre artes (magiques ou non selon ce que vous choisissez). Velvet étant un démon, vous pouvez jouer avec sa transformation. Son bras devient alors une gigantesque serre démoniaque quand vous appuyez sur ZR, enchainant des combos encore plus puissants.
Tout cela a cependant un coût : des âmes. Représenté sous la forme de petites étoiles bleus à côté de votre nom, vous allez les consommer pour pouvoir utiliser vos attaques. Elles reviennent en attendant un peu ou en parant. Mais plus important encore, la transformation en démon en consomme une de façon presque définitive. Car les âmes se collectent sur les ennemis, en fonction des combos que vous allez faire ou de leur mort. Pour maximiser les combats, vous allez donc devoir gérer à la fois votre jauge d’âme et leur nombre, en fonction de ce que vous avez envie de faire avec Velvet.
Ca, c’est la théorie pour les combats. Mais ce n’est pas tout. Exploration de cartes, âmes minouz (personnages secondaires emblématiques de la série) à récupérer pour obtenir des cosmétiques ; coffres à trouver ; armes et équipements à améliorer ou à démanteler pour récupérer des matérieux, vous avez largement de quoi faire pour optimiser vos personnages. Les saynètes sont également de retour, s’affichant en bas de l’écran et accessible avec X lorsque vous êtes en jeu.
Un bon remastered ?
Tales of Berseria est un opus presque à part dans la saga, notamment par son sujet et son ton résolument plus sombre. Le lien avec Zesteria est présent pour celles et ceux qui ont fait le jeu, mais Berseria a été pensé pour être totalement indépendant (d’autant que chronologiquement, l’histoire de Berseria se déroule bien avant celle de Zesteria). Les questionnements autour de la monstruosité, des émotions face à la rationalité, des personnages résolument plus égoïstes que dans d’autres opus sont autant d’éléments qui font de ce titre un opus unique.Le jeu étant sorti en 2016, le côté remastered est nettement moins impressionnant qu’avec d’autres opus de la saga Tales of. Force est cependant de constater que le jeu tourne parfaitement bien sur Switch 1 comme sur Switch 2. Les cinématiques sont fluides, en mode portable comme en mode docké. Les commandes sont réactives, le gameplay fluide, les menus répondent bien.
Nous n’avons par exemple pas forcément détaillé le menu expédition qui envoie votre navire pirate pendant 30 minutes à la recherche de ressources, entre autres features du jeu qui le densifient encore plus. Dans tous les cas, Berseria fait partie des jeux qui ont marqué par son esthétique, son ton et son intrigue et continue de le faire aujourd’hui.


















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