Test de MARVEL Cosmic Invasion : La claque visuelle suffit-elle à faire un grand jeu ?
Après le succès des Tortues Ninja, le studio Tribute Games et l'équipe de Dotemu remettent le couvert avec MARVEL Cosmic Invasion. Un beat'em up sur Switch 2 qui sublime le pixel art et l'univers Marvel, mais qui peine à se renouveler une fois l'effet de surprise dissipé. Une belle baston, parfois trop scolaire.
TestSi l'emballage est somptueux et que l'amour du pixel transpire par tous les pores de la cartouche, l'expérience n'est pas exempte de défauts une fois l'effet "waouh" dissipé. Le scénario nous plonge au cœur de la Vague d'Annihilation, où l'on incarne les légendes de l'écurie Marvel pour sauver l'univers. Sur le papier, c'est le rêve de tout gosse ayant grandi avec les dessins animés des années 80/90. Manette en main, c'est un excellent défouloir, mais qui peine parfois à masquer un certain classicisme.
Une interface classique mais efficace
Dès le lancement, on sent que Tribute Games maîtrise son sujet sur le bout des doigts. L'interface est d'une propreté exemplaire. Sur Switch 2, la navigation dans les menus est instantanée, profitant du SSD de la console pour supprimer toute friction entre le lancement du jeu et la première mandale distribuée. C'est carré, lisible, et les illustrations des menus rendent un bel hommage au style comics du "Bronze Age".Cependant, on reste en terrain (très) conquis. Les options sont celles d'un beat'em up standard : mode arcade, histoire, galerie… C'est fonctionnel, mais ça manque peut-être d'un brin de folie dans la présentation. On apprécie tout de même la clarté des menus d'amélioration des personnages, qui permettent de booster chaque héros jouable sans se perdre dans des tableaux Excel indigestes. C'est propre, c'est net, c'est du Dotemu.
Un Casting digne du Collectionneur
Le gros morceau du jeu, c'est évidemment sa galerie de combattants. Avec 13 héros au lancement, allant des incontournables (Wolverine, Spidey, Captain America) aux choix plus audacieux (Nova, Beta Ray Bill, ou encore le Cosmic Ghost Rider), il y a de quoi faire. Le travail sur les sprites est bluffant et chaque personnage possède une identité visuelle forte et des animations qui regorgent de petits détails pour les fans.Cela dit, passé la découverte, on se rend compte que le roster est un peu inégal. On aurait tendance à privilégier les mêmes duos efficaces pour nettoyer l'écran, délaissant une partie du casting. Heureusement, Tribute Games a eu la bonne idée d'intégrer des quêtes secondaires spécifiques à chaque mission pour contrer cette routine. "Terminer le boss avec Spider-Man", "Réaliser une attaque sur trois ennemis en même temps avec Nova"…
Ces objectifs optionnels nous forcent intelligemment à tester l'intégralité du roster et à sortir de notre zone de confort. C'est une mécanique maligne qui donne une vraie raison de varier les plaisirs et de découvrir des synergies insoupçonnées, même si, soyons honnêtes, on revient vite à nos chouchous une fois le défi validé.
Parfaitement optimisé sur Switch 2
Une fois dans l'arène, la Switch 2 montre ce qu'elle a dans le ventre, le jeu tourne à un 60 FPS constant. Les impacts sont bons, les bruitages claquent, la musique porte bien le jeu et, dans l’ensemble, on voit qu’on a affaire à un jeu bien fini. C'est fluide, c'est beau, et ça répond au doigt et à l'œil.Le système de "Cosmic Swap" permet des combos jouissifs où l'on jongle avec l'ennemi en changeant de héros. C'est là que réside le vrai sel du jeu. Pourtant, après quelques heures, on sent que l'on a fait le tour des mécaniques. Le jeu ne propose pas vraiment d'évolution majeure dans son gameplay au fil de l'aventure. On avance, on tape, on active son ulti, et on recommence. “C'est le genre qui veut ça”, me direz-vous, mais d'autres titres récents comme Absolum ont su apporter plus de variété dans les situations de combat. Ici, on reste sur une partition très classique.
Portable ou Docké : Une Gemme qui brille partout
S'il y a bien un point sur lequel la Switch 2 met tout le monde d'accord, c'est sa polyvalence, et MARVEL Cosmic Invasion en est le parfait ambassadeur. Une fois la console dockée sur le téléviseur, le travail de Tribute Games prend une ampleur folle. Le pixel art, d'une finesse absolue, ne souffre d'aucun aliasing, même sur un écran 4K où l'upscale de la console fait des merveilles. C'est l'option royale pour les soirées canapé à quatre joueurs, garantissant une lisibilité optimale même quand l'écran est saturé d'effets.
En mode portable, l'expérience est tout aussi percutante. On notera d'ailleurs que la batterie tient le choc : le jeu semble parfaitement optimisé et ne draine pas l'énergie de la console, permettant de longues sessions dans les transports sans craindre la panne sèche.
Tout dans les muscles, rien dans le Cérébro
C'est peut-être là que le bât blesse le plus pour les vieux briscards de l'arcade. En mode normal, MARVEL Cosmic Invasion est une promenade de santé. Les objets de soin pleuvent, et les ennemis, aussi nombreux soient-ils, sont souvent passifs. Les boss ont des patterns qui se lisent comme un livre ouvert. On les tombe souvent du premier coup sans trop suer. Mention spéciale à Hela qui nous a quand même surpris alors que nous pensions pouvoir bourrer en paix.Pour trouver du challenge, il faut impérativement passer en mode Difficile ou Arcade (sans sauvegarde). Mais, là encore, la difficulté est un peu artificielle, car les ennemis deviennent simplement des sacs à PV qui tapent plus fort. On aurait aimé une IA plus vicieuse, des situations qui demandent d'utiliser spécifiquement certaines capacités, bref, un challenge plus cérébral et moins basé sur l'endurance de nos pouces.
Un Level Design aussi droit que le rayon de Cyclope
Inhérente au style beat'em up, la répétitivité est ici bien présente. Le level design de chaque niveau, bien que traversant des décors magnifiques (New York, la jungle, l'espace, la Zone Négative, etc.), reste désespérément plat et linéaire. Il y a bien quelques embranchements légers, mais rien qui ne change fondamentalement la donne.C'est un jeu qui se consomme par petites sessions. Enchaîner trois heures de jeu d'affilée peut devenir soporifique tant les situations se répètent. Le jeu ne prend pas de risque : pas de phases de plateforme audacieuses, pas de mini-jeux qui cassent vraiment le rythme, pas de changement de perspective. On est là pour la bagarre, uniquement la bagarre. C'est un choix qui ravira les puristes en quête d'un défouloir authentique, mais qui laissera sur leur faim ceux qui espéraient une aventure plus moderne et rythmée.
La Matrice Cosmique : une galaxie de bonus à débloquer
Pour les complétistes, le véritable nerf de la guerre se trouve dans la Matrice Cosmique. Loin d’un simple tableau de succès, c’est un immense arbre de déblocage qui demande de collecter des Cubes Cosmiques. Ces précieux sésames s’obtiennent en montant le niveau de vos héros ou en réussissant les trois défis optionnels présents dans chaque mission.C’est là que le contenu du jeu devient généreux. Les cubes dépensés dans la Matrice ne servent pas juste à remplir une galerie d’images, mais à modifier concrètement l’expérience. On y débloque bien sûr des fiches de lore sur l’univers Marvel, des pistes musicales, mais surtout des modificateurs de gameplay pour le mode Arcade (ennemis plus rapides, concentration illimitée, PV doublés) et des palettes de couleurs alternatives pour chaque héros.
















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