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Les défis d'aujourd'hui de Pokémon Go et l'après

Niantic Labs avec son Pokémon Go est parti pour battre tous les records. Générant un montant estimé de 250 millions $ de chiffre d'affaires dans son premier mois, quel sera l'avenir de Pokémon Go.

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Pokémon Go, reine des applications actuelles

Il a battu des hits comme Clash Royale, Candy Crush Saga et Angry Birds 2, il est l'application la plus téléchargée du moment, Pokémon Go est bien parti pour devenir le plus grand succès de l'industrie du jeu mobile.
N°1 dans 45 pays selon SimilarWeb, les objectifs sont atteints. Aujourd'hui, nous sommes à 250 millions de dollars de chiffre d'affaires et les projections visent désormais le milliard. Les données se multiplient, un joueur sur cinq sur Pokémon Go a déjà dépensé de l'argent au sein de l'application, avec plus de 11 millions de joueurs payants rien qu'aux États-Unis et au Royaume-Uni, selon une enquête menée sur 50 000 joueurs réalisée par le sondeur YouGov. Nous avions déjà évoqué le cas du Royaume-Uni mais l'étude de YouGov va plus loin. Les résidents britanniques qui ont joué à Pokémon Go ont payé pour la majorité entre 80P et 14,99£. 29% des joueurs américains ont dépensé de l'argent, contre 20% en Allemagne, mais pour ce dernier pays, 9% des fans allemands, soit à peu près l'équivalent de 142 000 personnes, ont dépensé plus de 100 €. Un tiers des joueurs ont plus de 35 ans et de hauts revenus. Des chiffres qui donnent un peu le tournis et font que les moindres déclarations en provenance de Niantic sont guettées.

Aussi, lorsque le directeur général de Niantic John Hanke se rend à la conférence GamesBeat la semaine dernière, il est clairement l'homme vers qui tous les regards se tournent. Pokémon est déjà une franchise populaire, Niantic peut en faire désormais un phénomène culturel mondial.


Un jeu qui profite à l'ensemble des produits dérivés de la franchise Pokémon

Les ventes en ligne américaines pour les marchandises de la marque Pokemon ont augmenté de 105% en juillet par rapport à l'année précédente, incluant aussi bien les jouets, les autres jeux vidéo, les T- shirts, casquettes et autres vêtements. Ansony Morales, directeur adjoint à Build-A-Bear, indiquent que de nombreux clients recherchent les articles liés à Pokémon.

Un succès indéniable longuement préparé par Niantic

Malgré les couacs du radar, les utilisateurs de l'application Pokémon Go ne montrent pas de signe de fatigue. Le fait d'aller à l'extérieur, obliger à certains échanges (la fameuse socialisation) et l'obligation de découvrir de nouveaux endroits pour tenter d'attraper tous les Pokémon sont le cœur du succès.

Habile, la société Niantic n'a pas choisi de pousser le curseur vers une monétisation agressive, respectant peut-être aussi les demandes du défunt président de Nintendo Satoru Iwata comme cela a été révélé récemment. Elle s'est appuyée sur les résultats de son appli Ingress, lancée en 2012, comptant plus de 15 millions de téléchargement, afin de collecter des millions de paramètres sur ses utilisateurs, notamment des lieux géographiques parcourus, permettant aux joueurs de jouer dans plus de 200 pays. Cela a permis de définir dans le monde des emplacements pour les arènes et les PokéStops dès le démarrage du jeu Pokémon Go, lui permettant d'être joué partout dans le monde.

Hanke a eu la clairvoyance de voir qu'une marque comme Pokémon pourrait attirer un bien plus grand public qu'Ingress, et a tout fait pour arriver à l'accord tant espéré. S'appuyant sur Google, et avec l'aide d'investissement de Nintendo et Pokémon Go, Hanke avec son équipe a pu préparer l'application, en anticipant les besoins des serveurs pour éviter les saturations et les crashs, en améliorant le code d'Ingress afin d'obtenir une capacité de traitement nettement supérieure. Même s'il y a des bugs, c'est un jeu qui tourne très bien au regard du nombre de ses utilisateurs jouant en simultané.

Vous vous y prenez généralement mal la première fois, indique Hanke lors de la GamesBeat 2016. Vous réalisez toutes les erreurs architecturales que vous avez faites. Alors comme souvent, vous le mettez de côté pour en faire un nouveau, en vous appuyant sur l'expérience obtenue lors de votre premier essai. Je suis très heureux de ce que nous avons fait car au regard du succès important de Pokémon Go aujourd'hui, notre technologie de première génération n'aurait pas tenue. Il n'y aurait eu aucun moyen de gérer pour nous l'afflux des utilisateurs. La société a préparé infrastructure mais en revanche n'était pas du tout préparée à une telle popularité du jeu.

A droite, John Hanke, le président de Niantic lors de la GamesBeat 2016.
Se préparer à créer un jeu extrêmement populaire n'est guère possible, on anticipe des choses mais cela vous tombe dessus, avait indiqué de manière similaire Todd Howard de Bethesda, face au succès de leur jeu mobile Fallout Shelter.

Quelles actions immédiates mettre en place ?

Actuellement Niantic déploie son jeu dans de nouveaux pays, ce qui implique que les serveurs ne tournent pas encore à plein régime même s'ils sont déjà au centre des préoccupations du studio. Mais au-delà de cette charge des serveurs qui pourrait bloquer le jeu et impacter la société, Niantic se doit d'offrir une expérience de jeu plus qualitative, notamment à destination des personnes aux prises avec des temps de chargement longs. Il convient également à Niantic de tenir compte des solutions tierces qui rendent le jeu plus amusant à jouer, ce qui créerait une économie globale plus importante. Or à ce niveau, il y a eu quelques cafouillages, notamment avec la gestion du radar.

Niantic doit se dépêcher de mettre en place la possibilité d'échanger des Pokémon et des objets, cette promesse de longue date est très attendue. Et une attente toute particulière est demandée concernant le dressage de ses Pokémon. Pour le moment, les Pokémon évoluent en récoltant des bonbons et autres objets, mais les combats n'ont pas d'influence sur leur niveau ou leur nombre d'attaques. Un aspect regrettable quand on connaît bien la licence d'origine.

Enfin, un peu plus de variété dans la création de son avatar ne serait pas de refus. Avec autant de joueurs, se rencontrer lors d'un événement spécial pourrait rapidement tourner à la cacophonie car tout le monde se ressemblerait plus ou moins.

Et l'avenir ?


La création d'events Pokémon Go


Deux axes sont possibles. Le premier est l'ajout d'événements spéciaux, comme la société l'avait fait avec Ingress en ajoutant les événements Anomalies, où les factions de joueurs se battent pour le contrôle d'un site. Au départ avec Ingress, on commençait avec 45 personnes mais désormais, on peut attirer 10 000 personnes dans une ville. De telles événements ne sont pas à mélanger avec d'autres événements Pokémon. En effet, les Championnats du Monde 2016 Pokémon auront lieu du 19 au 21 août à San Francisco et The Pokémon Company a déjà averti que cet événement n'était pas ouvert au grand public et que Pokémon Go n'en ferait pas partie.

Niantic pourrait louer un stade de 80 000 places et l'équiper temporairement de l'infrastructure cellulaire nécessaire pour accueillir une masse de joueurs pour un événement Pokémon Go. D'ailleurs de nombreux fans souhaitent que l'on puisse produire quelque chose à la hauteur de la bande-annonce de Pokémon Go, où l'on voyait des milliers de joueurs faire équipe pour combattre MewTwo. Si Niantic peut surmonter ce type de défi, la création d'un tel événement propulserait le jeu dans un autre univers, avec des joueurs jouant les uns contre les autres, des batailles entre factions, ce qui pourrait s'avérer extrêmement motivant. Hanke en convient, pour le moment la société n'a fait que gratter la surface d'un immense potentiel et l'eSport pourrait être une solution d'avenir.

Vers plus de réalité augmentée


Pokémon Go, ce n’est pas vraiment de la réalité augmentée, estime Grégory Maubon, consultant en RA. C’est très light. Il y a peu d’interactions entre les Pokémons et l’environnement. Le jeu pourrait donner une image de gadget de cette technologie.
C'est la deuxième voix, très prometteuse. Certes, le jeu n'utilise cette réalité augmentée que par petite touche, mais certains innovations permettent déjà d'imaginer une version 2.0 du jeu. Une équipe de chercheurs du M.I.T a mis au point une technique destinée à la réalité augmentée qui permet de toucher les objets réels présents dans une vidéo, via une simple caméra et des algorithmes, cette fonctionnalité étant applicable sur n'importe quelle vidéo. On entrevoit immédiatement tout le potentiel de ce travail appliqué à Pokémon Go, qui rendrait encore plus vivant cet univers et la capture des petites bêtes.

Futura sciences a écrit un article à ce sujet, avec désormais cette incroyable capacité de toucher les objets qui apparaissent à l'écran. La Vidéo dynamique interactive (Interactive Dynamic Video ou IDV) fonctionne sur de simples vidéos Youtube et n'est pas coûteuse. Faire bondir un Pokémon à l'écran et le voir faire bouger un buisson bien réel est tout à fait envisageable (il faut regarder son écran cependant).
Les images en mouvement émettent des vibrations quasi-invisibles. L'algorithme des chercheurs peut capter ces minuscules mouvements et utiliser cette information pour prédire comment l'objet se comporterait dans d'autres circonstances. Cinq secondes de vidéo suffisent à l'IDV pour fonctionner. On peut ainsi créer une simulation de mouvement avec laquelle l'utilisateur peut interagir.
Un résultat qui peut s'avérer bluffant, associé avec un casque de réalité virtuelle ou un capteur de mouvement type Kinect : faire bouger des objets à l'écran en les touchant ! Une petite vidéo vous montre certaines possibilités déjà en cours de test.

Retrouver vos objets perdus avec Pixie14/08/2016

Ces travaux très intéressants peuvent complètement bouleverser notre manière d'appréhender le gameplay de nos futurs jeux.

La concurrence n'est pas réellement à craindre pour le moment.

Attirés par le succès considérables de Pokémon Go, de nombreux clones risquent de débarquer rapidement sur le marché. On a évoqué des projets concurrents comme Disney avec une sorte de Star Wars Go, Ubisoft avec un projet similaire autour de ses licences (on imagine très bien ce que pourrait donner un Assassin's Creed Go ou un Watch Dogs Go, ce dernier aurait un gros potentiel), on a même entendu parler d'un jeu Harry Potter Go mais cette dernière annonce ne semblait pas crédible. Quoi qu'il en soit, le succès de Pokémon Go se sera pas facile à répéter, sans innovation supplémentaire dans le gameplay. Un simple clone prendrait une petite part du marché de Pokémon Go mais la simple répétition de forme finirait par lasser rapidement.

Une nécessité d'embaucher du personnel pour faire face aux nouveaux défis


Niantic se doit de gérer son expansion en embauchant du personnel. Ses besoins sont nombreux afin de s'occuper des mises à jour de Pokémon Go et des correctifs à l'échelle mondiale. Il lui reste à intégrer des fonctionnalités qu'Ingress possède déjà et pas Pokémon Go, comme le commerce de Pokémon, de nouveaux mini-jeux, des classements. Bien évidemment, on attend également l'ajout de nouveaux Pokémon, de très nombreux Pokémon manquent à l'appel, sans compter les versions Ex, Mega...Niantic a un gros travail pour pouvoir envoyer de nouvelles vagues de Pokémon.

Le prochain projet de Niantic : Endgame

Mais quelque soit le succès d'un jeu, et alors que Pokémon Go est en pleine phase ascendante, il arrivera un pallier où le jeu va se mettre à stagner puis décroitre. Rien ne dure éternellement et une nouvelle équipe au sein de Niantic doit déjà travailler sur l'après-Pokémon Go. En fait, c'est déjà le cas, le prochain projet du studio est baptisé Endgame Proving Ground. , un jeu vidéo dont l’objectif est de compléter la trilogie Endgame. Disponible uniquement sur les navigateurs web, ce premier jeu cross-media se trouvait sur le site Ancient Societies avant de disparaître, un faux blog monté de toute pièce par Niantic Labs destiné à creuser l’univers de Endgame.

Vous serez poussé à prendre partie pour l’une des 12 lignées des 12 camps de l’univers de Endgame afin de former une armée pour chacune de ces factions. Le programme d’entraînement est le jeu mobile de Niantic Labs. Création d'avatar, nécessité de se rapprocher de points d'intérêts appelés « points clés » pour tenter de s’en emparer, on retrouve l'héritage génétique d'Ingress. A proximité d’un point clé, le joueur aura trois possibilités. Il faudra récupérer des armes (au look caractéristiques pour chaque faction), s'en servir pour s'emparer des points-clés en lançant des combats contre d’autres joueurs de lignées adverses, au tour par tour dans un environnement 3D et occuper le terrain en déposant un jeton sur chaque emplacement. Mais pour le moment motus, ce n'est pas l'heure d'en parler, il faudra attendre la fin de l'année 2016. Il est en revanche très important que Niantic ne crée pas lui-même un clone de son propre succès, et c'est un risque non négligeable après avoir mis la barre aussi haute (et sous la pression des investisseurs).

Un changement immédiat : Pokémon Go Plus

Nintendo va bientôt lancer le dispositif Pokémon Go Plus qui permettra aux joueurs de jouer sans avoir un smartphone toujours en activité. Cela va probablement apporter un coup de boost supplémentaire, notamment parmi les plus jeunes.
Mais le véritable pallier à franchir est la réalité augmentée. Le lancement d'un nouveau type de lunettes gérant la réalité augmentée serait un gros pas en avant (un moyen peut-être de revoir des Google Glass version 2.0) mais le coût de ces verres sont encore assez élevés en ce moment, c'est un projet à long terme malgré de récentes innovations.

Le casse-tête du jeu engendrant des situations juridiques inédites

Disponible en France depuis le 24 juillet 2016, le jeu qui défraie régulièrement la chronique par des situations cocasses ou des accidents va rapidement poser un grand nombre de problèmes dont les juristes vont devoir se charger rapidement comme le souligne le Huffington Post:

- atteinte à la propriété privée : les pokémon se promènent dans les lieux publics mais avec une géolocalisation imparfaite, on peut en trouver dans son propre jardin. Le problème peut engendrer de véritables violations de la propriété de la part de joueurs souhaitant récupérer des Pokémon.

- atteinte à la vie privée de l'utilisateur : la réalité augmentée est couplée à la géolocalisation du joueur, Niantic peut donc suivre en permanence vos déplacements et peut transmettre à des entreprises tierces des données personnelles, vous envoyer des publicités ciblées. On imagine ce qu'un gouvernement peut faire en demandant l'accès à ces informations pour "surveiller" certaines personnes, comme c'est déjà le cas de la police de Dubaï. Malheureusement, une criminalité a déjà compris le potentiel du jeu. Voici un exemple dévoilé par la revue Science et Avenir :

En utilisant la fonction de géolocalisation de l'application Pokémon Go, les voleurs ont pu anticiper l'endroit où se trouveraient leurs victimes et leur degré d'isolement, a expliqué le sergent Bill Stringer, de la police d'O'Fallon, en banlieue de St Louis.

Nous encourageons toutes les personnes jouant à Pokémon Go à prendre conscience de leur environnement et à jouer avec des amis quand elles vont dans des endroits nouveaux ou peu familiers, ont réagi dans un communiqué les sociétés Pokémon Company International et Niantic Inc, qui ont développé le jeu avec Nintendo.
- atteinte potentielle à la vie des affaires : le partage d'écran sur les réseaux sociaux est une mine d'or, on accède ainsi à des photographies d'espaces privés ou de lieux publics qui interdisent normalement l'enregistrement d'images ou de vidéos à l'intérieur de leurs locaux (musée, casino, lieux plus sensibles...). La photo d'un Pokémon apparu sur votre bureau peut potentiellement être dangereuse si des documents confidentiels y figurent en arrière-plan et que la capture d'écran est ensuite partagée sur internet. Au regard de l'engouement actuel du jeu, on a pu lire la multiplication des interdictions de jouer au jeu sur son lieu de travail car le danger est réel.

- atteinte à la propriété intellectuelle : les boutiques ou les arènes sont des lieux précis correspondant à des lieux réels, notamment des monuments. Or chaque pays à ses propres règles. Si aux États-Unis, il existe une liberté de panorama permettant à chacun d’utiliser gratuitement des photos et des vidéos de bâtiments se trouvant dans les espaces publics sans autorisation, ce n'est pas tout à fait la même chose en France. Comme le rappel le Huffington Post :

Le nouvel alinéa destiné à l'article L. 122 5 du code de la propriété intellectuelle, indique que les auteurs ne peuvent interdire "les reproductions et représentations d'œuvres architecturales et de sculptures, placées en permanence sur la voie publique, réalisées par des personnes physiques, à l'exclusion de tout usage à caractère commercial".
On voit clairement que cela va coincer dans le cas de Niantic car Pokémon Go est une application commerciale. Pour le moment, le jeu est trop récent dans notre pays et bénéficie de la torpeur estivale, mais la rentrée risque de voir débouler les premières injonctions envers Niantic. Décidément, être pionnier dans les jeux avec réalité augmentée ne va être simple à gérer et risque de devenir rapidement un casse-tête juridique bien compliqué à gérer.
Images de Joueurs s'adonnant à Pokémon Go au Cambodge, près du mémorial.

Niantic essaie de corriger le tir en éliminant la présence de Pokémon dans certains lieux suite aux protestations de personnes : on a vu son action pour le mémorial d'Hiroshima, mais désormais elle doit faire la même chose pour le mémorial du génocide cambodgien de Tuol Sleng à Phnom Penh, l’ancienne prison S1. L’implantation de Pokémon dans ce lieu de mémoire a heurté plus d’un survivant du génocide selon le Cambodia Daily et le PhnomPenh Post. Lancé au Cambodge le 6 août 2016, Pokémon Go s'est déjà attiré les foudres du directeur du musée qui a pris les devants en interdisant tout simplement l’accès aux joueurs. Un problème qui n'est pas simple à gérer par Niantic, car au-delà du cas par cas, c'est la masse de données d'Ingress qui est en cause. S'appuyant sur les lieux de visites des joueurs de leur première application, tous ces lieux de mémoire sont donc pris automatiquement dans la base de données de Pokémon Go pour générer aléatoirement les Pokémon. C'est donc une correction délicate à mettre en place mais il faudra bien passer par là.

Le possible danger sécuritaire des rassemblements

Actuellement, il existe bien un risque réel concernant la création un peu trop facile de Pokéstops ou d'arènes, invitant des utilisateurs vers une poignée d'endroits réels et concentrant les risques sur un périmètre restreint. Ce n'est pas de la fiction d'imaginer un blocage d'un carrefour de circulation par un afflux incontrôlé de personnes jouant à Pokémon Go attirés par des bonus alléchants, paralysant le trafic routier ou les interventions de forces de l'ordre alors que des malfaiteurs feraient le casse d'une banque. Cela pourrait même devenir dangereux de créer ce type d'appât en période de terrorisme. Aux États-Unis, un sénateur demande déjà le blocage de l'application à certains délinquants.

Pokémon Go fait du game-commerce une réalité locale

On l'a vu avec McDonald’s au Japon, ou les enseignes Starbucks, récupérer le placement de certains points d’intérêts au sein de leur enseigne permet au chiffre d'affaires de s'envoler. Certains lieux ont très vite compris que la population drainée par le jeu pouvait représenter une manne financière énorme.

Utiliser PokémonGo pour attirer des consommateurs en magasin

Arpenter les rues de sa ville pour attraper des Pokémon est un aspect très intéressant pour les commerces qui ont signé des accord pour transformer leurs boutiques en arènes ou en Pokéstops digne d'intérêt, afin de proposer de récupérer des accessoires en attirant le joueur dans la boutique et de convertir son passage en achat. Certains magasins exigent même que “leurs” pokemons soient réservés à leurs consommateurs payants.

The Pokémon Company et Niantic Labs ont donc développé des fonctionnalités payantes auprès des petits commerçants comme des publicités en réalité augmentée ou des Pokéstops sponsorisés. Mais cela va beaucoup plus loin car Pokémon Go touche également les plateformes de recommandation. Ainsi, aux États-Unis, la plateforme Yelp, qui référence et recommande des lieux d'intérêt et des commerces et est très regardée par les utilisateurs avant leur achat, propose désormais de filtrer sa recherche en fonction des Pokéstops disponibles à proximité de votre recherche. C'est donc le début d'une guérilla commerciale, avec l'arrivée d'agences qui vont tout faire pour mettre en valeur un commerce par rapport à un autre, pour profiter de l'effet Pokémon Go.
Un exemple révélé par le site l'Atelier est assez intéressant de cette révolution commerciale en cours.

L’opérateur télécom américain Sprint a lancé une campagne dans tout le pays, invitant ses clients à passer par les agences locales pour bénéficier d’avantages : Pokéstop permettant de récupérer des pokéballs, recharge gratuite de son smartphone sur place, discuter avec des experts Pokémon, offre de forfaits data illimité à un prix avantageux, acquisition d'une batterie externe à moitié prix, c'est un packaging complet qui est proposé pour s'attirer les bonnes grâces des utilisateurs de Pokémon Go. Mais c'est aussi une guerre commerciale pour reprendre le dessus face à l'offre du concurrent T-Mobile, qui avait décidé d'offrir à ses clients américains un accès illimité à la data pendant un an.
Pokémon Go n'est pas le premier jeu géolocalisé en réalité augmentée mais là où il devance Foursquare, c'est en apportant l'expérience du jeu dans les magasins réels et en offrant aux commerçants physiques l'opportunité d'attirer des consommateurs via ce support digital. On est donc loin du jeu SecondLife qui créait un marché commercial au sein d'un monde virtuel parallèle. Là on utilise le réseau des boutiques physiques existantes, c'est la grande force de Pokémon Go. Le Game commerce est donc une révolution qui va falloir juguler correctement, pour ne pas voir se lasser le public car un consommateur passe rapidement à autre chose. Un sacré challenge rien qu'à ce niveau-là !

Pokémon Go a été officiellement lancé il y a 39 jours...seulement

Beaucoup de sujets autour de Pokémon Go donc qui, ne l'oublions pas, n'a que 39 jours d'existence ! Eh oui, seulement ! Combien d'autres jeux peuvent se targuer de tout se battage et cette réactivité de la part de son concepteur sur un délai aussi court et sur une échelle aussi importante ? Vous n'avez donc pas fini de découvrir ce jeu, Niantic n'en est qu'à ses débuts.

Source : Venture Beats

Commentaires sur l'article

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Talban
Très intéressant. J'ai tendance à fuir quand je vois Pokémon Go car on en parle de trop, mais il y a des passages instructifs. Par contre, je trouve que Niantic creuse un peu trop le même sillon, son Endgame est encore dans la lignée d'Ingress.

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