Profil de Acclaim

Le géant avait des pieds d'argile.

Profil
Le monde du jeu vidéo peut parfois se révéler un univers impitoyable. C’est ainsi qu’on appris qu’Acclaim, après 17 ans de présence sur le marché en tant qu’éditeur / développeur, dû mettre la clé sous la porte après une longue série noire résultant à une dette cumulée de près de 100 millions de dollars. Qu’on aime ou pas (tant il est vrai que certains blockbusters de la firme prêtent à polémiques), Acclaim restera un nom connu et reconnu dans le monde du jeu vidéo ; il était donc bien naturel que PN lui consacre un profil, dont la publication coincide avec la liquidation judiciaire de l’entreprise.
Profil rédigé par Alexandre

ACCLAIM : édition et business avant tout



Fondée en 1987, la société américaine Acclaim fourbit ses premières armes dans le monde du jeu en tant qu'éditeur. Conscient du marché en devenir que constitue l'entreprise du jeu vidéo, Acclaim ne tarde pas à investir dans le domaine en éditant dès 1987 le jeu 3D WORLDRUNNER sorti sur Nes.

L'édition constituera, au cours des 17 années d'existence de la firme, la principale activité de Acclaim dans le monde du jeu. Près de 80 % des cartouches estampillés Acclaim auront été en fait développés par des équipes externes.

Durant toutes ces années, Acclaim se fit une spécialité : la récupération puis l'exploitation de licences américaines extrêmement juteuses. Jugez plutôt : la NBA (basket américain), la MLB (baseball), la NFL (Football américain), la WWF (catch). On pourra également ajouter l'acquisition de droits sur certains personnages de la Fox et de la Warner Bros notamment.

Une chose est sûre, Acclaim a toujours su exploiter au maximum (voire trop ?) les licences acquises : ainsi pas une année ne passait sans qu'au moins une des licences précitées ne soit exploitée dans un jeu vidéo : NBA JAM, WWF WRESTLEMANIA, les Simpsons (sous différentes moutures), NFL QUATERBACK furent ainsi adaptés sur chaque console faisant son apparition sur le marché.

L'exploitation de ces licences fut dans un premier temps le vecteur principal de l'enrichissement puis du développement de la société : basée aux Etats-Unis, Acclaim s'ouvre lentement à l'international et ouvre des divisions en France, Allemagne, Japon et Royaume Uni. La société sera même, au plus fort de sa réussite, cotée en bourse.

Un éditeur multi plateforme, de grands titres, mais…



En 17 ans d'existence, si il existe bien une chose que l'on ne pourra pas reprocher à Acclaim, c'est un éventuel côté sectaire au niveau du choix des plates formes. Quasiment toutes les consoles eurent droit un jour à une cartouche estampillée Acclaim dans leur line up. Citons pêle mêle : Nes, Master system, Super Nes, Game Boy, Game Gear, Megadrive, Mega CD, Saturn, Jaguar ( !), PsOne, N64, Dreamcast, Playstation 2, Gamecube, Xbox et même PC ! Ouf !

Acclaim ne se refusait aucune adaptation, sans se soucier d'un éventuel phénomène de lassitude de la part des joueurs. Une erreur stratégique certaine, pouvant expliquer le lent mais indéfectible déclin des ventes. Mais pas seulement…

L'erreur ne fut pas seulement quantitative, elle fut également qualitative : ainsi les plus grands blockbusters de la compagnie, tels NBA JAM, Mortal Kombat, Turok, se virent affublés de suites au mieux moyennes, au pire catastrophiques (rappelez vous , Turok evolution…). Dans le même temps , le manque d'innovation se fera cruellement sentir jusqu'au dénouement que l'on sait.

Des licences surexploitées, un manque de visibilité et de renouveau flagrant, de grands blockbusters dégradés dans des suites insipides, il n'en fallut malheureusement pas plus pour que, après 17 ans de bons et loyaux services, Acclaim mette définitivement fin à ses activités. Une fin que l'on qualifiera de difficile et injuste (600 employés voyant leur activité s'arrêter), pour un acteur qui, malgré des erreurs de gestion flagrantes, restera un nom marquant du jeu vidéo des 90's.

Les jeux ACCLAIM à travers les âges



Acclaim et le monde du jeu vidéo, c'est une histoire qui aura duré 17 ans. C'est pourquoi nous avons décidé de vous proposer cette rétrospective de 17 années d'existence de la firme, ce à travers les jeux qui pour certains ont marqué leur temps. Prêts pour le voyage ?

1987 : 3D WORLDRUNNER (NES)

Dès sa fondation en 1987, Acclaim se spécialise dans l'édition de jeux. La première cartouche estampillé Acclaim est développé par une jeune société à l'époque : Squaresoft.

Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Extrêmement innovant pour l'époque, 3D Worldrunner fut un véritable succès et mis tout de suite Acclaim sur de bons rails.


1987 WINTER GAMES (NES)


Le deuxième jeu à voir le jour sous édition Acclaim n'est autre que Winter Games. Enorme succès sur Commodore 64, le jeu vous proposait de participer aux jeux d'hiver à travers 4 sports : patinage de vitesse, saut à ski, patinage artistique et bobsleigh. Développé par la société américaine Epyx (à qui on devra 2 ans plus tard le début de la série des California Games, mais également plusieurs titres Lynx), le jeu ne sera qu'une bien pâle copie de son prédécesseur sur C64. Réalisation plus que moyenne, difficulté peu élevé et d'une durée de vie ridicule, Winter Games bénéficiera néanmoins d'un succès d'estime.

1988 : acquisition d'une grosse licence : WWF WRESTLEMANIA (NES)



1988 WWF WRESTLEMANIA (NES)

En 1988, après seulement un an d'existence, Acclaim réalise son premier grand coup : la société obtient les droits exclusifs concernant l'édition de jeux exploitant la licence WWF (world wrestling federation) : mais si souvenez vous, ces hommes huilés combattant (pour de faux) dans des combats scénarisés et ultra drôles ; les aventures de ces catcheurs, élevés au rang de star (aux états unis tout du moins), représentent donc une possibilité financière importante qu'il serait dommage de ne pas adapter sur la console numéro un dans le monde.

C'est donc chose faite en 1988, et le jeu connaîtra évidemment un fort succès notamment aux Etats-Unis. Si il est bien une licence qui sera exploité jusqu'à plus soif par Acclaim, c'est bien celle de la WWF. Toutes les plates formes sans exception auront droit à leur petit épisode. De qualité inégale selon le développeur engagé, le succès ne se démentira que rarement. Nous y reviendrons dans notre voyage au cours des années. A propos ce premier épisode fut à l'époque développé par une certaine société dénommée Rare…après Squaresoft un an auparavant, Acclaim travaillait de nouveau avec une société de développement qui est pour les joueurs d'hier et d'aujourd'hui une véritable référence.



L'année 1988 voit également les débuts de Acclaim en tant que développeur sur NES : le premier titre entièrement sous responsabilité Acclaim est un des jeux de puzzle réflexion les plus connus au monde : Othello. Sans prétention, Acclaim réalise avec Othello une entrée discrète dans le monde du développement sur console.



Enfin l'année 1988 se termine pour Acclaim avec le kitchissime Knight rider. Basé sur la série non moins kitsch K-2000, ce jeu de course passera quelque peu inaperçu.



A côté de ses éditions sur console, Acclaim, à l'instar de Nintendo avec ses game & watch, fût également un acteur important dans l'élaboration de jeux électroniques. Knight rider était de ceux la :



1989-1990 : 7 nouveaux titres Acclaim sur NES



A l'aune des années 90, Acclaim continue sur son rythme de croisière : 2 jeux verront ainsi le jour en 1989 : Airwolf et Cybernoïd, the fighting machine.

1989 : AIRWOLF (NES)

Dans le genre, j'exploite au maximum le filon des séries télévisées à la mode, voici venir Airwolf, adaptation sur NES du célèbre Supercopter.



Ce jeu bénéficiera (?) lui aussi d'une version en jeu électronique. On ne peut s'empêcher de vous en livrer un screen :



1989: Cybernoïd, the fighting machine (NES)

L'année 1989 voit les débuts de Acclaim (toujours en tant qu'éditeur) dans le monde du shoot them up. Développé par Gremlin Interactive, le jeu est de bonne facture. Petit pitch de l'histoire :

Il y a trois astéroïdes, cachés parmi des milliers, où divers minerais et gemmes précieuses ont été stockés. Ces astéroïdes ayant été colonisés par les Zoggians (les aliens du coin) vous voila aux commandes d'un spacefighter expérimental, le Cybernoïd, pour vous permettre de reprendre le contrôle des astéroïdes. Ou comment le seul contre tous, si cher à l'univers des shoot them up, se met en place.

Avec plusieurs armes à disposition et un temps limite extrêmement stressant dans chaque niveau, Cybernoïd est un petit shoot sans prétention doté d'une réalisation correcte.



1990 : DOUBLE DRAGON 2 THE REVENGE (NES)

Après les WWF, voici une des grosses séries à succès pour Acclaim. L'adaptation des célèbres coins up Double Dragon ont enfin droit de cité sur console (le jeu avait déjà été adapté sur CPC, C64 et Amiga), et c'est un double Dragon II du plus bel écrin qui fait son apparition en 1990. jouable à 2 simultanément, d'une difficulté bien dosée et correctement réalisé, DDII est un beat them up de bonne facture et sans nul doute la meilleure adaptation de cet épisode, tout supports confondus.


Just for fun, un screen de la version commodore 64 ;))




Double Dragon mis à part, l'année 1990 voit une accélération dans l'apparition des titres estampillés Acclaim. Pas moins de 4 nouveaux jeux verront le jour :

1990 : TOTAL RECALL (NES)

Libre adaptation de l'excellent film de Paul Verhoeven avec Schwarzy, le jeu, développé par Interplay, est complètement bâclé (notamment des phases de course absolument ridicules). Une bien piètre démonstration d'un jeu sortie à la vite ce afin de surfer sur le succès du film (pratique malheureusement encore très répandu de nos jours).



1990 : NARC (NES)

Fruit d'une nouvelle association Rare / Acclaim, Narc vous met dans la peau de flics sans foi ni loi, chargé d'infiltrer l'organisation de Mr Big. Deux solutions s'offre à vous : tuer vos ennemis ou bien les arrêter.

Nouveau succès pour Acclaim en tant qu'éditeur, Narc est un excellent jeu d'action doté d'un excellent rythme et d'ennemis charismatiques : chaque niveau vous verra ainsi affronter des boss qui ont « de la gueule » tels Das Lof Gang, Dr. Spike Rush, Joe Rockhead, Kinky Pinky, Sgt. Skyhigh, HQ Posse et bien evidemment mr Big. Une réelle bonne surprise.



1990 : BIGFOOT (NES)

Développé et édité par Acclaim, Big Foot est un petit jeu vous mettant au volant de monster trucks et ce à travers divers circuits dans différentes villes américaines. Principalement destiné au marché outre atlantique, ce jeu restera confidentiel.

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