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Xenoblade Chronicles X Disponible sur WiiU

Test de Xenoblade Chronicles X (WiiU)

Test de Xenoblade Chronicles X (Wii U)

Pour bien terminer l'année 2015, Nintendo nous propose un jeu de choix sur Wii U : Xenoblade Chronicles X qui sort le 4 décembre 2015. Sans plus attendre, découvrez dès maintenant notre avis final sur ce jeu qui vous fera découvrir l'extraordinaire planète Mira.

Test
Avec Xenoblade Chronicles X (XCX), Nintendo tente de nous refaire le même coup que l’an passé : justifier grâce à un seul jeu l’absence d’un héritier annoncé à la Wii U. Le catalogue n’a pas été totalement famélique cette année, notamment grâce à Splatoon et Super Mario Maker (et aux DLC de Super Smash Bros., avouons-le) mais on ne peut pas pour autant les qualifier de triples A, le genre de jeu justifiant à lui seul l’achat d’une console. L’objectif est donc relevé pour Xenoblade Chronicles X, d’autant plus que l’an passé Smash Bros. 4 arrivait comme l’épisode de la consécration, alors qu’ici c’est plutôt une confirmation qu’on espère de la part de Monolith Software, après leur cultissime Xenoblade Chronicles premier du nom. Dans ce contexte, XCX soutient-il la comparaison avec son aîné ?
Avant de revenir en détail sur les différents aspects du jeu, il est évident que X reprend les bases solides qui ont fait le succès de son prédécesseur. Tout d’abord un environnement immense et varié, faisant la part belle à l’exploration et offrant une grande sensation de liberté au joueur. Nous retrouvons également une réalisation de haut vol malgré les contraintes techniques du support. Il y a aussi cette opulence de contenu à déguster sur plusieurs centaines d’heures. Et enfin un univers bien marqué qui propose un équilibre unique entre science-fiction et nature sauvage. XCX reprend donc les ingrédients de la recette à succès concoctée par l’équipe de Tetsuya Takahashi.

Xeno versus Blade

Cette fois, le scénario nous embarque dans une aventure où il est question de la survie de l’humanité. Tel Noé et son arche, nous sommes l’un des quelques survivants de la Terre et avons pour mission d’éviter l’extinction de l’humanité. Nous avons pu échapper à l’annihilation de la planète à bord d’un vaisseau spatial, qui s’est par la suite échoué sur une planète inconnue. Notre priorité sera d’ailleurs de localiser l’Arche de vie, cette partie de notre vaisseau disloqué renfermant la majorité des êtres humains plongés dans un coma artificiel. Mais pas question de partir à l’aventure avec sa carte et sa boussole. D’autres espèces peuplent déjà Mira, et la grande majorité d’entre elles nous sont hostiles.
La survie de l’humanité sur Mira repose donc en grande partie sur son armée, nommée BLADE. Celle-ci se répartie en huit entités donc chacune est en charge d’une mission bien précise. Protéger les environs de la ville, explorer de nouvelles terres, récupérer des morceaux de notre vaisseau spatial ou même jouer les médiateurs entre les citoyens à l’intérieur de la ville, rien n’est trop ingrat pour les membres de BLADE dont nous faisons partie. Il nous sera donc demandé de choisir quel contingent rejoindre, en fonction de notre style de jeu. L’importance de ce choix est très mesurée, et on peut revenir dessus à tout moment.

Le topo de départ est assez bien construit, il donne envie de s’investir pour ses semblables. Beaucoup de personnages viennent rapidement étoffer la trame principale, l’occasion de mettre le nez dans le sociogramme qui fait son retour. Exploration, intrigue, challenge… XCX nous met rapidement dans le bain, ce qui est appréciable tant il y a de quoi trépigner devant l’aventure qui se révèle à nous. Mais le déroulement de la trame principale est un peu trop linéaire, et on se retrouve à avancer dans l’histoire de la même manière qu’on réalise des missions annexes.

Le jeu impose son propre rythme, en nous forçant à décrocher de la trame principale pour faire du level-up via l’exploration et les nombreuses quêtes secondaires. Passer à la caserne chercher le chapitre suivant est un peu trop routinier, et finalement on passe rapidement la moitié de l’histoire sans l’impression d’avoir fait grand-chose pour le salut de l’humanité. Ce qui n’est pourtant pas tout à fait vrai, mais sans doute que le fait de créer son propre personnage principal le rend plus détaché de l’histoire, et de fait les sentiments du joueur sont trop peu sollicités. Qui n’a pas été marqué par la perte de Fiora sur Wii ? Cette fois l’ascenseur émotionnel est un peu grippé.

Xenoblade Chronicles X - Bande-annonce de lancement (Wii U)12/02/2015

Une nouvelle expérience

Comme évoqué dans notre preview, les mécaniques de jeu sont d’une très grande richesse en s’appuyant notamment sur de nombreuses idées de son prédécesseur, tels que les arts ou l’entente entre les personnages. Mais il sait aussi se renouveler (système de combat, compétences, exploration...) ou apporter de nouvelles fonctionnalités (sondes, Skells, carte…). Le revers de la médaille est qu’il est difficile de tout assimiler. Non pas que ces mécaniques soient compliquées, bien au contraire tout semble logique et cohérent, mais encore faut-il qu’on nous les explique.

L’une des principales craintes lors de notre preview était que beaucoup de choses ne soient pas expliquées. Force est de constater que cela s’est confirmé et qu’il a bien fallu à un moment ou à un autre explorer le mode d’emploi virtuel pour trouver quelques explications, et encore… Par exemple, j’ai découvert après plus de quarante heures de jeu que les compétences pouvaient s’améliorer de la même façon que les arts, ce qui s’est avéré très utile. Ou encore, on nous explique que le niveau d’un Skell dépend des pièces d’armature qui le constituent, mais lorsqu’on veut équiper des pièces d’un niveau supérieur on nous dit qu’un Skell ne peut s’équiper que de pièces inférieures ou égales à son niveau. Vous voyez un peu la dichotomie ? L’explication est toute simple mais pourtant jamais évoquée, il est tout simplement impossible d’améliorer le niveau d’un Skell, si ce n’est le revendre pour racheter le modèle de la gamme supérieur.

Le GamePad au service de l’humanité

Parmi toutes les fonctionnalités et interfaces, le GamePad n’est pas en reste. Loin d’être surchargé, il s’avère très utile en proposant en permanence la carte de la zone ou du monde, ainsi que des raccourcis vers les différents lieux de la ville. Il est donc très rapide de se téléporter d’un bout à l’autre de Mira sans passer par divers menus à l’écran. Et comme les petits gars de chez Monolith n’ont rien perdu de leur aversion envers les temps de chargement, même les quêtes nous incitant à multiplier les téléportations sont un vrai régale (jeu testé en version dématérialisée).

Par défaut la carte est découpée en de multiples zones de différente couleur et avec diverses icônes. La couleur donne une indication sur le niveau de dangerosité de la faune locale, et l’icône indique comment augmenter son taux d’exploration dans la zone. Ce peut être en trouvant un objet particulier, en tuant un certains boss, en accomplissant une quête bien définie ou enfin en plantant une sonde à l’endroit indiqué.
En plus d’avoir une place importante dans l’histoire, ces sondes jouent plusieurs rôles concrets. Tout d’abord, en plantant une sonde dans la zone indiquée, vous débloquerez les informations des zones adjacentes. Ensuite, vous pourrez choisir le type de sonde que vous plantez. La plupart vous rapportent soit de l’argent ou soit du miranium (ressource naturelle de Mira aux applications multiples) à intervalles réguliers. Sachant que si vous liez plusieurs sondes identiques, leur effet est augmenté. Enfin, les sondes sont susceptibles de vous apporter divers bonus en combat ou exploration dans leur zone.
Précisons également qu’il est possible de jouer uniquement sur le GamePad, le joueur devant donc jongler entre la vue principale et la vue de la carte. Ce qui s’avère tout de même un peu pénible, même si on l’a toujours fait avant l’arrivée de la Wii U. C’est là qu’on se rend compte de la plus-value que peut apporter le GamePad en termes de confort pour ce type de jeu. Il est également possible de jouer avec une Manette Wii U Pro tout en gardant l’affichage de la carte sur le GamePad.

Des joutes toutes en finesse, ou pas

Le système de combat n’a pas beaucoup évolué, en tout cas dans les premières heures de jeu. Toujours aussi dynamique et basé sur les arts et leur temps de recharge, ils permettent maintenant d’alterner à volonté entre une arme de corps-à-corps et une arme à distance. Le type d’arme que nous pouvons utiliser dépend de notre classe, une nouveauté de XCX.

Débutant le jeu en tant que simple aventurier, nous pouvons utiliser une mitrailleuse et un long couteau. Mais selon la classe vers laquelle vous évoluerez, vous pourrez vous équiper d’un sniper, de revolvers, d’un katana, d’un bouclier, d’une sulfateuse maxi format… Les arts dont nous disposons dépendent de nos deux types d’armes sélectionnés, mais toujours avec la possibilité de choisir les huit que nous utilisons au combat.
Petite déception donc, les arts ne sont plus propres à chaque personnage. Si notre équipe est composée de plusieurs personnages de classe identique, ils auront accès aux mêmes arts. Deuxième déception, fini l’attaque ultime de chaque perso comme sur Wii, qui était la clé de voûte du build de chacun. Mais les combats ne sont pas pour autant plus simplistes, grâce notamment à l’intégration du métamode qui exige de réussir un maximum de combos dans le temps imparti. Et les arts ont désormais deux niveaux de chargement, voir trois en métamode, pour un effet décuplé selon le temps consenti à laisser recharger l’art. De plus, il faut toujours composer avec les cris, les QTE ou encore le niveau de tension. En bref, les combats sont très dynamiques, peut-être même plus qu’avant. Avec toujours la possibilité de se sauver si la situation tourne au vinaigre.
Au milieu de ces joutes en temps réel, il est un peu compliqué de suivre tout ce qu’il se passe à l’écran. L’état de santé de chacun, les nombreuses icônes de bonus et malus qui se ressemblent toutes, les cris, la tension, le potentiel, diverses notions inédites et inexpliquées telles que le vacillement ou le sursaut… Il faut un temps certains pour tout digérer. Malheureusement, il n’y a plus la possibilité de se faire expliquer immédiatement chaque terme comme on pouvait le faire auparavant avec le bouton + de la Wiimote. Un passage par le mode d’emploi s’impose à nouveau. Mais rassurez-vous, on peut avancer sans problème dans le jeu même si on ne sait pas ce qu’induisent les statuts de fatigue ou de surpuissance par exemple. On se contente bien souvent de se concentrer sur les enchaînements évidents et de frapper l’ennemi sous le meilleur angle possible tout en gérant sa santé et sa tension. Cette dernière sert à enclencher certains arts, à relever un allié n’ayant plus de PV ou encore à déclencher le métamode.

Mais la grosse nouveauté qui fait plaisir, c’est la possibilité de détruire certains appendices des ennemis. Ainsi, à l’instar de la série Monster Hunter notamment, chaque ennemi a au moins une partie du corps destructible et reconnaissable par une jauge de PV propre. En concentrant vos attaques dessus pour le détruire, vous priverez votre adversaire de certaines attaques et vous aurez peut-être l’occasion de récupérer des objets spécifiques. Une dimension tactique supplémentaire et qui augmente l’intérêt des combats à rallonge.
Enfin, il est possible de donner des consignes à ses coéquipiers pendant les combats. Il y a plus d’options que sur Wii, et on peut dispenser ses ordres individuellement. Pour rappel, votre équipe comporte maintenant quatre personnages, parmi un choix de plus d’une dizaine d’aventuriers, et il est toujours possible de choisir le leader que le joueur incarne. Par contre, il n’est plus possible d’exclure de votre quatuor le personnage principal.

Plus on joue, plus on s’amuse

Vous l’avez sans doute compris, la prise en main n’est pas forcément immédiate (surtout si c’est votre premier Xenoblade) et le jeu n’est pas destiné à tous les publics. L’histoire est simple à suivre, et la difficulté du jeu dépend surtout de notre propension à vouloir avancer dans la trame principale ou au contraire à flâner au gré de nos quêtes secondaires ou envies d’exploration.
La grande richesse du jeu fait qu’il faut s’investir un peu pour ne pas avoir l’impression de passer à côté de certaines choses (et ce ne sera sans doute pas qu’une impression). C’est donc sur la durée que vous prendrez de plus en plus de plaisir avec XCX. Comptez par exemple quelques dizaines d’heures pour débloquer les Skells, et encore un peu plus longtemps pour les voir exploiter tout leur potentiel. Et il vous faudra quelques centaines d’heures pour achever toutes les quêtes et compléter à 100% l’exploration de chaque continent.

Un jeu de rôle bien rempli

Les quêtes secondaires se comptent par dizaines. Les meilleures d’entre elles sont scénarisées et se déroulent généralement en plusieurs étapes. Mais il y en a aussi un bon paquet beaucoup plus anodines. Dans tous les cas, un grand soin a été apporté à la narration. Chaque PNJ semble avoir des traits de caractère propres, et la moindre quête la plus anecdotique trouve toujours une justification. Parfois les motivations des PNJ prêtent à sourire, mais c’est assumé et apporte un peu d’intérêt aux missions secondaires. D’ailleurs on ne peut que se réjouir de la richesse du casting.

De nombreux personnages, avec leurs qualités et défauts, insufflent une humanité débordante aux nombreux dialogues et trames qui s’enchevêtrent. Pas avare en contenu, le jeu nous propose des centaines d’ennemis, de PNJ, d’objets, d’équipements, d’améliorations, etc. Il y a toujours quelque chose à découvrir, et tout ça prend du temps.

D’ailleurs dans la catégorie chronophagie, le level-up se taille la part du lion. Il y a beaucoup de personnages jouables pour un RPG. Les faire évoluer n’est pas une mince affaire, surtout que cette fois ceux qui ne participent pas au combat ne gagnent pas d’expérience. Et puis il y a aussi les liens d’affinités entre tout ce petit monde à entretenir, donnant accès à davantage de quêtes ou d’objets. Sans compter qu’il faut aussi le temps d’équiper tout son monde en Skell, les entretenir et renouveler.

Skell coûte cher cette machine !

Skell par-ci, Skell par-là… Mais au fait, c’est quoi un Skell ? Il s’agit de robots humanoïdes dans la plus grande tradition nippone, nous parlons donc de « mecha », comme Goldorak ou les Gundam pour citer quelques illustres précurseurs. Chacun de vos personnages pourra donc se voir assigner un Skell qu’il pourra utiliser pour combattre ou se déplacer. Il en existe plusieurs modèles aux caractéristiques variées. Par exemples les plus petits sont plus agiles et précis mais moins résistants et avec un moins gros réservoir. XCX ne serait pas XCX sans ces Skells, ils sont indissociables de l’envergure que prend la licence sur Wii U. Leur intérêt porte aussi bien sur les affrontements que sur l’exploration.

Au combat, ils sont évidemment bien plus puissants que nos simples fantassins. Ils disposent d’un armement très lourd, chacun pouvant s’équiper de huit armes maximum, et chacune de ses armes nous fourni un art spécifique au combat. Même s’ils sont surtout focalisés sur la puissance, et qu’il est donc difficile de gérer leur tension ou leur PV, ils permettent de faire de gros dégâts et il est toujours possible de s’en éjecter avant qu’ils ne soient détruits ou pour changer de stratégie. Mais attention, lorsqu’un Skell est mis hors service il faut passer à la caisse pour le réparer, et ça chiffre vite.
Les Skells sont entièrement customisables, au niveau de l’équipement et des armes bien sûr, mais également des couleurs de peinture et même de leur nom. Mais avec beaucoup de stats à prendre en compte, la plupart d’entre nous utiliserons l’option « Equipement optimal » pour affubler nos mechas des meilleurs éléments à notre disposition (option également présente pour équiper nos personnages). Les développeurs ont donc pensé aux joueurs focalisés sur l’action et l’histoire, tout en laissant la liberté à ceux qui le souhaitent de mettre les mains dans le cambouis.

Loin de rendre le jeu trop facile, les Skells ont leurs propres limitations à la fois cohérentes et bénéfiques à l’équilibre du jeu. Leur prix d’achat et de réparation fait qu’on a tendance à préférer la marche à pieds lorsqu’on ne sait pas trop ce qui nous attend. Et comme les Skells ne gagnent pas de niveau, il faut casser sa tirelire régulièrement pour avoir des machines en phase avec l’évolution de nos persos et surtout la montée en puissance de nos ennemis. De plus, ils ont une consommation d’essence lorsqu’ils se déplacent et lorsqu’ils combattent. Si le combat dure vraiment longtemps, on peut être amené à réfléchir à deux fois avant d’utiliser des arts, ou à alterner entre des joutes au sol ou en Skell.

Mirer Mira m’ira

Graphiquement, XCX envoie du lourd. Cette fois nous sommes clairement dans un open world et pour cause, il n’y a qu’une seule et même carte pour l’intégralité du jeu. Et libre à nous de l’explorer quand et comme bon nous semble, en sautant, courant, nageant et même volant. Au début du jeu ce n’est pas une mince affaire, car des ennemis de niveaux très variables grouillent un peu partout sur Mira. Et même à la nage, il faut faire preuve d’une grande patience pour aller voir jusqu’où s’étendent les océans. Les terres sont réparties en cinq continents aux ambiances très distinctes, sans pour autant déborder d’originalité. C’est donc davantage la taille que la variété des environnements qui nous marque, ce qui est un peu en rupture avec l’opus précédent. Et pourtant les environnements étaient énormes sur Wii pouvez-vous rétorquer à juste titre.

En effet, mais c’est à peine comparable avec ce qu’on nous propose aujourd’hui. Des montagnes, des lacs, des plaines, des cascades… à perte de vue. Et les régions se visitent également dans leur verticalité. Grâce aux Skells permettant d’aller vraiment partout, il y a une multitude de choses à découvrir dans les hauteurs. Si nous sommes d’abord surpris de croiser peu d’ennemis de très haut niveau après avoir un peu parcouru les cinq continents, la donne change radicalement quand on a l’occasion de prendre de l’altitude. Mais c’est en contemplant Mira depuis les cieux qu’on prend vraiment la mesure du terrain de jeu qui nous est proposé.
Un tel univers laisse craindre des zones de vide. C’est en partie le cas dans certains lieux. La végétation et autres éléments de décor ne sont pas toujours aussi fournis, mais cette variation de densité se justifie par des environnements désertiques. Mais qu’il soit difficile de se repérer dans une zone ou qu’on y voit à trois kilomètres ne change pas grand-chose au plaisir de l’explorer, notamment grâce à la vitesse à laquelle se déplace nos personnages et Skells. Et il y a toujours des objets et coffres à ramasser de tous les côtés, nous incitant à zigzaguer par monts et par vaux.

Les effets de lumière, les textures, les effets spéciaux, tout ça est parfaitement maîtrisé, notamment pour les Skells qui bénéficient d’animations et de transformations très réussies. C’est une jouissance d’alterner des phases à pieds et en Skell au gré des effets météorologies et du cycle jour/nuit. A dire vrai, rien que l’exploration de Mira justifie l’acquisition de XCX. Une telle liberté, une telle immensité et la beauté des régions de Mira sont une expérience inédite. Même si on regrettera toujours d’avoir deux fois moins d’environnements différents que sur Wii, c'est un monde aux dimensions sans commune mesure avec Bionis et Mekonis.
Malheureusement, la réalisation des personnages vient apporter la seule fausse note à la réalisation du jeu. La plupart des PNJ sont d’une fadeur sans nom, et il faut vraiment s’y intéresser pour se rendre compte qu’ils ne sont pas tous taillés dans le même moule. En ce qui concerne les personnages principaux, ils sont plutôt réussis, mais leurs animations faciales sont minimalistes. Les nombreuses cinématiques mettent en lumière le retard que peut avoir XCX par rapport à ce qu’il se fait en 2015 à ce niveau. Déjà que le personnage principal de l’histoire est muet, mais en plus il se contente seulement d’opiner de temps en temps. Dans ces conditions, difficile de se projeter dans les passages scénarisés du jeu. A quoi bon laisser le choix entre une multitude de voix lors de la création de son personnage, si c’est juste pour l’entendre jurer et soutenir ses camarades pendant les combats ?

Prise de risque et mondialisation

Un mutisme d’autant plus frustrant que les doublages en anglais sont plutôt bons, contrairement à ceux du premier épisode. Et heureusement qu’ils sont bons, car cette fois les doublages originaux en japonais ne sont pas de la partie. Un choix sans doute dû à la taille déjà très conséquente du jeu, 21 Go qui vont faire le bonheur des marchands de disques durs externes. Espérons tout de même que ces doublages finiront par arriver chez nous par le biais d’un DLC gratuit.

Du côté de la bande-son, c’est aussi bon que surprenant. De la maîtrise tout en poésie de Yoko Shimomura sur Wii, qui nous avait servi l’une des plus belles BO vidéoludiques de l’histoire, nous passons à quelque chose de beaucoup plus contemporain et original pour un J-RPG, servi par la fougue du jeune Hiroyuki Sawano. Ce dernier a notamment composé pour certains des plus gros succès récents de l’animation japonaise, tels que Guilty Crown ou L’Attaque des Titans. Avec XCX, il inscrit sur sa carte de visite sa toute première bande originale de jeu vidéo.

C’est donc une réelle prise de risque de la part de Monolith de lui confier un aussi gros projet, et il est relevé avec brio. Cette transition se ressent surtout par des musiques plus rythmées, et couvrant une large palette du paysage sonore actuel, allant du rock ou rap, tout en gardant quelques morceaux très mélodieux pour les moments tragiques… mais parfois placés un peu maladroitement. Beaucoup de musiques sont chantées, toujours en anglais, encore une preuve de la volonté d’atteindre un public musical aussi large que possible. Hormis quelques musiques un peu trop récurrentes, la majorité d’entre elles mériteraient une place de choix dans nos playlists.

Une bande son de grand cru donc, et très actuelle. Mais étonnamment, il n’y a aucun menu concernant les options sonores dans le jeu. Que ce soit pour régler le volume des musiques pour mieux en profiter, ou pour activer/désactiver les sous-titres, il faut faire avec ce qu’on nous donne en l’état. Ils voudraient nous vendre la bande originale séparément qu’ils ne s’y prendraient pas mieux, dommage qu’elle ne soit pas incluse dans le pack collector.

Le multi tant inattendu

L’une des annonces qui a le plus attiré les joueurs, c’est l’arrivée du multijoueur en ligne. Mais autant vous prévenir, RPG + online ne signifie pas forcément MMORPG. Dans XCX, il s’agit simplement de partager quelques interactions avec d’autres joueurs. A chaque lancement de jeu, si vous décidez de rejoindre une instance multi plutôt que solo, vous pourrez discuter avec les autres joueurs de l’instance, et participer à l’accomplissement d’objectifs communs (tuer certains ennemis ou trouver certains objets). Mais vous ne les croiserez pas directement dans le jeu. Au mieux vous croiserez par hasard leur avatar n’importe où sur la carte, avatar que vous pourrez intégrer temporairement à votre équipe. Toujours utile si ce dernier est plus fort que vous, mais cela reste une expérience solo.

Pour pouvoir réellement jouer à plusieurs, il va falloir réussir au moins l’un des objectifs communs, ce qui aura pour conséquence de débloquer quelques missions dans le hub de l’instance. Et c’est seulement à ce moment-là que vous pourrez grouper jusqu’à quatre pour accomplir des missions bien définies. Le challenge n’est pas inintéressant, et peut même s’avérer relevé, mais oubliez l’idée de grande exploration épique sur Mira en équipe. Ici vous avez juste quelques ennemis à abattre dans le temps imparti et dans une zone délimitée. L’intérêt est entretenu par des classements périodiques sur chaque mission, et par les récompenses uniques des missions les plus difficiles.
Pour celui qui se voyait faire l’aventure en coopération avec des amis en ligne, la déception sera grande. Mais l’avantage de ce système est qu’il est tout à fait possible d’avancer dans le jeu comme on le ferait en solo, et de profiter ponctuellement des avantages connectés quand on en a l’occasion ou l’envie. Si vous avez prévu de désosser ces trois aliens et qu’en plus ça rend services à d’autres joueurs, tout le monde y gagne, et réciproquement. Et vous pouvez très bien rejoindre d’autres joueurs dans une mission même si vous n’avez pas participé à l’accomplissement de l’objectif la déverrouillant.
Le point d’orgue de ses missions en ligne est la possibilité d’affronter des boss de monde, c’est-à-dire d’énormes boss qui devront être vaincus un certains nombre de fois par l’ensemble des joueurs de votre instance. Il faudra donc qu’un certain nombre d’entre vous mettiez la main à la pâte pour que tout le monde empoche la récompense. Il s’agit donc plus de petites fonctionnalités étoffant l’expérience de jeu, que d’une expérience multijoueur totale. Mais il y a fort à parier qu’une grosse part des joueurs préfère qu’il en soit ainsi. Xenoblade Chronicles X reste avant tout un énorme jeu solo, dans tous les sens du terme, et c’est sans doute préférable.

Xenoblade Chronicles X - Bande-annonce (Wii U)12/02/2015

17/20
Xenoblade Chronicles X a les épaules pour assumer son rôle de blockbuster de cette fin d’année. Les équipes de Monolith se sont données les moyens de leurs ambitions. D’une richesse exemplaire dans son contenu et sa profondeur, il vous tiendra en haleine plusieurs dizaines ou centaines d’heures. La bande-son est très réussie tout en faisant souffler un vent de fraîcheur sur le genre. Et surtout Mira représente un sacré terrain de jeu à explorer en trois dimensions ! La sensation de liberté a rarement été aussi présente. Donc oui, ce Xenoblade fait honneur à son illustre prédécesseur, mais sans pour autant le supplanter. La faute à une implication moindre du personnage central et donc du joueur, et à une linéarité du déroulement de l’aventure qui cadence trop rigoureusement notre progression. Les nouveautés de cet opus sont très nombreuses et toujours cohérentes avec l’univers, et l’apport des Skells à l’expérience ludique dans son ensemble est indéniable. De fait, XCX s’impose sans conteste comme le meilleur RPG sur Wii U. Tous les ingrédients sont là pour en faire la nouvelle référence du J-RPG, mais la sauce met un peu de temps à prendre. Le jeu s’apprécie sur la durée, quitte à nous demander parfois de la patience. Mais l’expérience vaut le coup, vous pouvez vous lancer dans l’aventure les yeux fermés, mais ouvrez-les vite pour en prendre plein la vue.

Commentaires sur l'article

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Niko67000
Bon maintenant j'espère que Monolith va (enfin) se lancer dans le développement de Baten Kaitos 3 ; )
matbtz
Super test ! Surprise d'Amazon je le reçois demain au lieu de Vendredi, la Wii U va chauffer !
Oh oui Baten Kaitos, de bons souvenirs.
Pingoleon3000
Un test intéressant! Mais 2 petites remarques: la bande son de XC n'est pas vraiment signée Shimomura, elle n'a composé que le main theme (bien que ce soit le morceau emblématique du jeu) et l'ending en collaboration avec Yasunori Mitsuda, le gros de la bande son étant de ACE+ et Manami Kiyota et n'est vraiment pas de moindre qualité! Et au niveau des doublage je ne suis vraiment pas d'accord, j'ai trouvé (très) bon les doublages anglais de XC! D'ailleurs c'était pas plus mal d'avoir un accent plus british, ça change de l'accent américain qu'on entend tout le temps (et auquel on a droit pour XCX d'ailleurs...)

En tous cas je n'en peux plus d'être hypé et d'attendre jusqu'à vendredi! (surtout avec les chanceux qui se la pètent sur les réseaux sociaux...)
AHL 67
matbtz a écrit:Super test ! Surprise d'Amazon je le reçois demain au lieu de Vendredi, la Wii U va chauffer !

En livraison normale ou en un jour ouvré ? Parce que moi j'ai pris celle en un jour pour l'avoir vendredi, et ils me l'ont envoyé ce matin en prédisant une arrivée vendredi quand même... :-?



Pingoleon3000 a écrit:D'ailleurs c'était pas plus mal d'avoir un accent plus british, ça change de l'accent américain qu'on entend tout le temps (et auquel on a droit pour XCX d'ailleurs...)

Dans les voix du personnage jouable tu peux en sélectionner une "classic", autant pour l'homme que la femme : ce sont les voix des acteurs ayant doublé Shulk et Fiora. ;)
Ryfalgoth
Pingoleon3000 a écrit:Un test intéressant! Mais 2 petites remarques: la bande son de XC n'est pas vraiment signée Shimomura, elle n'a composé que le main theme (bien que ce soit le morceau emblématique du jeu) et l'ending en collaboration avec Yasunori Mitsuda, le gros de la bande son étant de ACE+ et Manami Kiyota et n'est vraiment pas de moindre qualité! Et au niveau des doublage je ne suis vraiment pas d'accord, j'ai trouvé (très) bon les doublages anglais de XC! D'ailleurs c'était pas plus mal d'avoir un accent plus british, ça change de l'accent américain qu'on entend tout le temps (et auquel on a droit pour XCX d'ailleurs...)

En tous cas je n'en peux plus d'être hypé et d'attendre jusqu'à vendredi! (surtout avec les chanceux qui se la pètent sur les réseaux sociaux...)

Shimomura a composé plus que l'intro hein ! http://xenoblade.wikia.com/wiki/Yoko_Shimomura
Et oui les voix anglaises dans Monado sont pas si mal que ça je trouve. A voir dans Xenocross du coup.
Talban
Très bon test, bravo ! Globalement j'ai bien aimé vos derniers tests publiés sur le site, complets et parfois à contre courant des autres sites. Bon, c'est pas cela qui va me conduire à vous suivre aveuglément tout de même car parfois je vous trouve un peu trop gentils (sauf Boris qui a bien tué Chibi-Robo! : Zip Lash et Sebiorg qui n'a pas mis un seul test au-dessus de 12).

Je suis convaincu, il va falloir casser la tirelire pour ce jeu, mais j'hésite entre acheter la version collector avec obligation de me télécharger les packs d'accélération ou prendre directement la version démat pour un prix d'achat presque équivalent à la version boite, sans les goodies donc. Pas simple comme équation.
arno6630
J'ai reçu l'Edition Limitée aujourd'hui même, mais je me lancerai dans l'aventure ce weekend, sa me convient mieux car j'aurai donc plus de temps a y consacrer. ^^
AHL 67
Talban a écrit:j'hésite entre acheter la version collector avec obligation de me télécharger les packs d'accélération ou prendre directement la version démat pour un prix d'achat presque équivalent à la version boite, sans les goodies donc. Pas simple comme équation.

Ben dis-toi bien que la version démat' c'est 21 Gio alors que la version boîte ce n'est "que" 15 (mais 10 à télécharger, hein). Et au pire si tu n'as pas tous les packs quand tu commences à jouer ce n'est pas trop grave, t'auras juste des temps de chargement plus long au départ, et ensuite tu hallucineras tellement ça charge vite ! :lol:
Pingoleon3000
Ryfalgoth-> certes mais à part la Colonie 9 ce ne sont pas vraiment des morceaux majeurs et on sous-estime trop souvent le travail des autres compositeurs qui ne sont pas vraiment connus, c'est pour ça que j'insiste là dessus

Sinon c'est effectivement sympa le clin d'oeil avec les voix de Shulk et Fiora! Mais du coup ça confirme qu'ils n'apparaissent pas du tout dans le jeu et que le visage qu'on voit dans le premier trailer du jeu est juste le héros personnalisé avec la tête de Shulk...
AHL 67
Pingoleon3000 a écrit:Ryfalgoth-> certes mais à part la Colonie 9 ce ne sont pas vraiment des morceaux majeurs et on sous-estime trop souvent le travail des autres compositeurs qui ne sont pas vraiment connus, c'est pour ça que j'insiste là dessus

Mes morceaux majeurs sont (du préféré au moins préféré) :

  1. The God-Slaying Sword (ACE+)

  2. The Night Before the Decisive Battle (ACE+)

  3. The Awakening of the Giant (Manami Kiyota)

  4. Mystery (Manami Kiyota)

  5. Searching Glance (ACE+)

  6. Confrontation with the Enemy (ACE+)

  7. Those Who Bear Their Name (ACE+)

  8. One Who Gets in Our Way (ACE+)

  9. Xanthe (Manami Kiyota)

  10. Snowy Mt. Valac (ACE+)

  11. Sator, Phosphorescent Land - Night (Manami Kiyota)

  12. Gaur Plains (ACE+)

  13. Riki the Legendary Hero (ACE+)

Ça fait pas mal, c'est vrai, mais comme vous pouvez le voir il n'y en a pas une de Yōko Shimomura. Ce n'est pas que je ne les aime pas, mais c'est juste que je ne leur trouve rien de spécial.

Concernant la BO de Xenoblade Chronicles X, même si j'adore ce que fait Hiroyuki Sawano, je n'ai pas remarqué de morceau aussi mémorable que ceux de cette liste, parce que je trouve que c'est du "banal Hiroyuki Sawano" et que cette BO ne se démarque pas assez de ses autres compositions. Ça reste du bon, toujours cool à écouter et certainement très bien en jeu, mais pas pas spécialement mémorable. Enfin on verra quand on aura les scènes qui vont avec les musiques, ça leur donnera peut-être plus de force ! ;)

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17 /20

L'avis de Puissance Nintendo

Xenoblade Chronicles X est le jeu de l’année sur Wii U. Une aventure avec un grand triple A. Le monde de Mira est gigantesque et magnifique, et le joueur est entièrement libre d’en explorer chaque recoin en toute liberté. Le pied ! Tel un « Space Opera terrestre », on embarque dans une épopée futuriste où mechas, cyborgs et aliens cohabitent et s’affrontent. La réalisation est grandiose. Monolith a su mettre les petits plats dans les grands pour soigner chaque détail, quitte à perdre parfois le joueur dans une multitude d’éléments à intégrer.

Jouabilité
Le GamePad montre toute l’étendue de ses possibilités, en proposant une interface intuitive venant en support de ce qu’il se passe à l’écran de la télé. Beaucoup de mécanismes à appréhender et peu de tutoriel, même le mode d’emploi n’explique pas tout. Mais quel plaisir de monter son équipe. La liberté procurée par les Skells est grisante, et parfaitement contrebalancée par leur coût en argent et essence.
Durée de vie
La trame principale s’étale sur plusieurs dizaines d’heures, durant lesquelles on ne cesse de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux lieux, de nouveaux mécanismes, de nouveaux PNJ… Tout faire devrait prendre plusieurs centaines d’heures, et il y a très peu de chances que l’ennui vous fasse décrocher avant.
Graphismes
Encore plus renversant que XC sur Wii, la carte de XCX (oui il n’y en a bien qu’une seule) fait dans la démesure. Et pourtant les environnements se renouvèlent et restent globalement sublimes. Les effets spéciaux et les animations ne sont pas en reste, mention spéciale aux Skells.
Son
Enfin des doublages en anglais de qualité, même s’il est regrettable de ne pas avoir le choix de la langue. Les musiques sont très variées et étonnantes de modernité. On a vraiment envie de monter le son. Dommage de ne pas pouvoir configurer ça comme on le souhaite.
Intérêt
Tant de choses à voir et à faire, et on se retrouve à cinquante heures de jeu sans s’en rendre compte. Chaque mission est l’occasion de découvrir de nouveaux lieux, qui sont autant d’invitations à l’exploration. Construire son équipe prend du temps, avec les nombreux personnages et la grande latitude donnée au joueur pour paramétrer son équipe.

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