Test de Pragmata : un aller simple vers la Lune qui vaut le détour
Capcom en grande forme sur Nintendo Switch 2 avec une nouvelle licence d'action-aventure qui faire la part belle au gameplay.
Test
Malheureusement, vous vous retrouvez très vite en proie à de violents séismes lunaires ayant pour conséquence d’endommager gravement la station, déjà vide de toute présence humaine, et vos premières péripéties auront raison de l’intégralité de votre équipe. Pour couronner le tout, l’intelligence artificielle IDUS, qui contrôle les robots de la station, a tout simplement décidé de vous mener la vie dure en vous barrant le chemin et en donnant l’ordre de vous éliminer. Le décor est planté : vous êtes seul au milieu de cette imposante structure lunaire baptisée le Berceau. Ça s'annonce bien.
Le système de hacking, idée de génie au cœur du gameplay
Une bonne nouvelle cependant : vous n’allez pas tarder à croiser la route de Diana, une jeune Pragmata : comprenez ici une androïde disposant de capacités spéciales qui vous aideront tout au long de votre aventure. C’est ici que repose toute la proposition originale du système de combat de Pragmata : lors de vos affrontements avec les robots de la station, Diana vous permet de hacker vos ennemis afin de les affaiblir, révélant par la même occasion leur point faible, ce qui rendra votre arsenal bien plus efficace pour les détruire.C’est une mécanique nouvelle et vraiment rafraîchissante qui donne tout son intérêt au jeu : on sort du schéma classique « je vise et je tire ». À la place, le joueur doit gérer un nouvel élément, la matrice de hacking, une sorte de mini-labyrinthe en 2D que vous devrez parcourir jusqu’au bout pour compléter le hacking et ainsi infliger des dégâts et des modifications de statuts.
Ce nouvel élément va demander de nouveaux réflexes, car vous devrez gérer simultanément le déplacement de votre personnage, le fameux hacking, la gestion de vos armes, la visée et les esquives lorsque la situation devient critique. Pour enrichir ce système, vous aurez la possibilité d’ajouter des « nœuds de hacking » à vos matrices, qui auront diverses conséquences sur vos ennemis si vous prenez le temps de les traverser pendant une phase de hacking : dégâts supplémentaires, paralysie, surchauffe, confusion…
À vous de décider des nœuds à équiper, et surtout, si vous avez le temps de les traverser au beau milieu d’un combat. C’est un système riche et complexe mais qui prend tout son sens manette en main. Les possibilités sont nombreuses, vos réflexes sont mis à rude épreuve : il faudra faire des choix, et vite !
Guide de survie en apesanteur
On se fait vite surprendre lors des premières heures de jeu, lorsque le nombre d’ennemis à combattre simultanément devient difficilement gérable et que les zones d’affrontement sont restreintes. Ainsi, il n’est pas rare de mourir dans Pragmata, mais c’est un élément remarquablement bien géré par Capcom. Il y a une vraie sensation de progression au fil des combats, des victoires comme des échecs, et un affrontement qui se révélait compliqué au début peut très vite tourner à votre avantage en fonction de vos choix d’arsenal, d’équipements et de votre dextérité, évidemment.La structure de Pragmata est très lisible et entièrement au service de son gameplay nerveux. L’aventure s’articule autour d’un hub central, le Refuge, relié aux différentes zones par un tram. C’est depuis ce point névralgique que vous préparez vos expéditions et façonnez un build capable de résister aux hordes de robots qui vous attendent dans les différents biomes. C’est d’ailleurs l’un des points forts du jeu : les choix du joueur ont un réel impact sur la progression. Il est vivement conseillé de revenir régulièrement au Refuge pour se soigner, mais aussi pour améliorer ses armes, ses nœuds de hacking et ses compétences spéciales afin de repartir plus fort.
Sur le terrain, les affrontements se renouvellent constamment. Selon la zone et les situations, vous ferez face à des robots aux patterns très variés. Les ennemis les plus simples tombent rapidement, mais d’autres exigent une parfaite maîtrise de l’environnement, un usage précis de votre arsenal et une exécution rapide de vos matrices de hacking.Le rythme est soutenu, les combats nombreux et l’ensemble bien équilibré : le jeu ménage des temps de respiration entre deux affrontements, tout en distillant des éléments scénaristiques aux quatre coins du Berceau, qui permettent de mieux comprendre l’origine des Pragmata ainsi que les intentions d’IDUS et de Delphi. Ajoutez à cela la possibilité d’équiper des modules aux effets variés (attaque, défense, etc.), et vous comprenez que la situation n’est jamais vraiment bloquée : votre exploration est récompensée et votre préparation minutieuse, indispensable.
Capcom vise juste, sans toucher les étoiles
D’un point de vue gameplay et plaisir de jeu, Pragmata est un sans-faute. Il y a cependant quelques points qui méritent d’être soulevés et qui, selon moi, empêchent le jeu d’atteindre des sommets. Premièrement, l’OST du jeu est une déception. Pragmata est un de ces jeux où l’immersion et l’ambiance sont importantes : elles servent le scénario et renforcent l’implication du joueur. Je n’ai relevé aucun thème marquant et, même si cette critique reste subjective, il est difficile de ne pas trouver la bande-son très générique et attendue, à la limite du cliché du jeu de science-fiction. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas mémorable.Ensuite, parlons de la réalisation globale et des performances sur Switch 2. Comme le dernier opus de la saga Resident Evil, Pragmata utilise l’excellent RE Engine de Capcom, et c’est globalement une réussite, avec des effets de lumière, des textures et des reflets très réussis. Tout porte à croire que le framerate est géré de manière similaire, avec une cible de 60 images par seconde et des chutes à 30 ou 40 lors de séquences exigeantes. Cependant, il est vivement conseillé de jouer à Pragmata en mode docké, car certains passages chargés en ennemis poussent la console dans ses retranchements, entraînant des ralentissements peu agréables dans les situations critiques. Le downgrade de résolution en mode portable est également assez marqué, avec des textures parfois très floues. Le jeu reste tout à fait jouable en portable, mais ce n’est clairement pas les meilleures conditions de jeu.
Enfin, ne vous attendez pas à une révolution en matière de level design. L’intérêt de Pragmata réside avant tout dans ses combats et son univers. Le reste est assez classique : des phases d’exploration dans les différents biomes du Berceau, souvent entravées par des passerelles délabrées et autres portes fermées qu'il conviendra de déverrouiller en résolvant quelques énigmes, et un soupçon de plateforme. On sent que Capcom a mis l’accent sur les affrontements, et même si l’univers est agréable à parcourir, l’intérêt principal se situe ailleurs. Notez toutefois que le titre propose une bonne durée de vie et une belle rejouabilité : mon compteur in-game affichait 12 heures une fois l’histoire principale terminée, soit environ une quinzaine d’heures réelles. Et pourtant, je suis loin d’avoir tout vu. Entre les zones rouges proposant des défis de combat corsés, les collectibles (figurines à trouver et détruire, costumes pour Hugh et Diana, données et modèles 3D des ennemis), les défis du Refuge, le New Game +, un niveau de difficulté supplémentaire et même un contenu scénaristique additionnel intitulé Signal Perdu, Pragmata regorge de contenu. L’aventure principale ne s’éternise pas, mais le jeu récompense largement les joueurs curieux.
Hugh et Diana: un duo en gravité zéro
Évoqué en introduction, le scénario de Pragmata, sans être un chef-d’œuvre de science-fiction, est très satisfaisant et parfois même émouvant. Vous assistez à l’évolution de la relation entre Hugh, un quarantenaire visiblement sans enfants, et Diana, androïde reproduisant fidèlement une enfant de 8 ans qui ne connaît rien de la Terre ni des humains.Sa soif de connaissances et de découvertes pousse Hugh à s’attacher à elle, et leur relation devient le cœur du récit. Certaines quêtes secondaires, comme la collecte de « Mémoires terrestres », renforcent ce lien et apportent une légèreté bienvenue lors de vos retours au Berceau. Quelques surprises vous attendent et même si le personnage de Hugh Williams est au final très classique, c'est bien Diana qui est prête à sourire et donne au joueur l'envie d'avancer et de compléter son objectif : rejoindre la terre pour en découvrir toutes ses nuances invisibles aux yeux d'une androïde.
D’autres thématiques abordées dans Pragmata résonnent particulièrement avec notre époque : l'usage de l'intelligence artificielle, l'impact de la technologie sur nos vies, notre travail et nos relations.



















































Cet article vous a intéressé ? Vous souhaitez réagir, engager une discussion ? Ecrivez simplement un commentaire.