Critique de Super Mario Galaxy Le Film : une suite généreuse qu’on valide
Écrire un avis sur un film Mario, c’est un peu comme tester un jeu de la série. Avec Xavier, l’autoproclamé premier fan de Mario de France, aux commandes, on sait où l’on va ! Embarquez avec nous : voici notre critique de Super Mario Galaxy Le Film.
Dossier
Une sacrée maîtrise de l'art de l'animation
La réputation d'Illumination au niveau de la maîtrise de l'animation sur grand écran n'est plus à faire. Cette filiale d'Universal Pictures, le partenaire de Nintendo dans ce retour de Mario au cinéma, nous régale depuis de nombreuses années de ses magnifiques films d'animation. Outre le premier opus de Mario, les équipes du studio ont aussi signé "Moi, moche et méchant 4" et "Migration", avant de se concentrer sur "Super Mario Galaxy Le Film", le petit dernier sorti du studio.À la technique, on retrouve pour ce nouvel opus l'équipe qui avait créé le premier film, avec Aaron Horvath et Michael Jelenic à la réalisation, Matthew Fogel au scénario, et Brian Tyler (et Koji Kondo, papa des thèmes de Mario) à la musique. Ce quatuor fonctionne parfaitement et met en valeur l’immensité de l’espace propre à Super Mario Galaxy.
Dès les premières secondes, le film nous emporte dans un tourbillon de scènes et nous fait découvrir les pans de la nouvelle histoire imaginée pour ce nouveau film, sur 98 minutes qui passent à une vitesse dingue. Cette suite fait en effet le choix d’un rythme très soutenu, quitte à sacrifier parfois la lisibilité au profit du spectacle.
L'histoire du film
On avait quitté Super Mario Bros Le Film sur une scène qui déjà préfigurait la sortie d'un second film, avec un oeuf de Yoshi en train d'éclore dans les égouts de New-York. Dès l’ouverture, le ton est donné avec une scène spectaculaire où Bowser Jr. (Antoine Schoumsky) s’en prend au vaisseau d’Harmonie (Anne-Sophie Nallino), alors en pleine lecture aux Lumas. Le film enchaîne ensuite avec Mario (Pierre Tessier) et Luigi (Benoît du Parc), envoyés au Royaume des Sables pour enquêter sur de mystérieux bruits venus d’une grotte. C'est là qu'ils font la connaissance de Yoshi, un petit dragon qui ne va dès lors plus les lâcher et devenir un personnage à part entière de l'équipe.À partir de là, le film enchaîne sans temps mort, à commencer par la soirée d'anniversaire de Peach (on célèbre en fait le jour de son arrivée au Royaume Champignon où elle fut recueillie par les Toads). Le film alterne alors entre plusieurs groupes de personnages. Peach (Audrey Sourdive) décide de partir seule avec Toad (Emmanuel Garijo). Une décision étrange quand on sait qu'on peut compter sur ses amis proches, mais il y a urgence : c'est à elle que les Luma font appel, l'héroïne du livre de contes qu'Harmonie leur lit chaque soir. Quand Mario et Luigi apprennent que Peach est partie seule, ils se lancent à sa suite eux aussi... On va tâcher de ne pas aller plus loin dans la révélation de l'intrigue, sachez seulement ici que pas plus de 10 minutes sont passées depuis le logo "Nintendo" au début du film !
On comprend très vite que Super Mario Galaxy est au coeur de l'intrigue de ce nouveau film : Peach emprunte un réseau d'étoiles de lancement pour partir dans l'espace, et chaque occasion est bonne de glisser des références aux deux jeux Mario Galaxy, avec les planètes, les couleurs et les personnages (amis ou ennemis) que l'on avait pu voir dans les jeux. Cela crée une cohérence bienvenue parce qu'il faut quand même admettre que ça part dans tous les sens : il fallait renforcer la sensation de voyage entre les galaxies, pour sauver Harmonie !
Un film très drôle, mais un peu émouvant aussi !
On avait pu voir dans les différentes bandes annonces diffusées depuis quelques mois que Bowser (Jérémie Covillault), miniaturisé grâce à un champignon bleu pour le mettre hors d'état de nuire à l'issue du premier film, était désormais retenu en captivité dans le Chateau de Peach, passant ses journées à peindre et même à prendre part au club de lecture, histoire de prouver sa bonne conduite.Toujours aussi drôle dans son envie d'être cruel, on sent qu'Illumination avait envie de creuser (un peu) cette relation père-fils entre Jr et son Papounet. Mais au-delà de ça, on s'est surpris aussi à réfléchir à ce que peuvent ressentir les personnages confrontés à une situation difficile. Faut-il par exemple se réjouir de tuer un boss de fin ? Un être mauvais est-il condamné à toujours l'être ? On ne pourra que poser ces questions sans chercher à y répondre, mais ce sont des aspects qui avaient été totalement absents du premier film et qui nous ont surpris.
Le film respire le fan-service, avec parmi ces séquences que seuls les fans de Nintendo pourront comprendre, l'assistance fournie par ROB (Philippe Bozo) au guichet d'accueil de la Porte Interstellaire, sorte de base intergalactique d'où peuvent aller et venir tous les vaisseaux spatiaux. C'est d'ailleurs là que certains personnages de Nintendo feront leur brève apparition, comme les Pikmin qui se posent juste avant que l'on ne rencontre un des nouveaux protagonistes, invité du Nintendoverse et qu'on n'aurait pas crû voir dans un film Mario. Interprété par Julien Allouf, on ne vous dira pas son nom ici, mais son rôle est essentiel dans cette nouvelle aventure, jusqu'à la seconde scène post-générique.
Vous avez dit fan-service ?
Au cours de leur aventure, nos héros vont rencontrer des personnages classiques de l'univers Super Mario : on peut vous parler de Wart (Vincent Ropion) et de la Reine des abeilles (Virginie Emane). Le premier est dans ce film en lien avec Bowser Jr, et a toute une horde de sinistres sbires à ses ordres comme Birdo, Mouser ou encore les Ninjis. Tous les trois vont faire les frais des aptitudes de Peach au combat rapproché.On a encore un doute sur la ville que Peach visite avec Toad pour récupérer le sac à dos volé par ce dernier : il nous semble qu'il pourrait s'agir de New Donk City, mais réflexion faite, cela ressemble quand même à un nouveau lieu pensé spécialement pour le film : les salles du casino qui nous mènent à Wart jouent bien avec la gravité chère à Mario Galaxy, mais la façon d'y accéder nous a parue un peu facile même si sans cette solution, on ne sait pas trop comment Peach et Toad auraient pu y finir pour débusquer la grosse grenouille venue de Super Mario Bros 2.
Les références à Mario sont présentes partout, avec une référence aux jeux en 2D avec leurs gros sprites à plusieurs reprises dans le cours de l'histoire. On se dit que dans la vraie vie, un méchant ne se donnerait pas autant de mal pour broyer les os de son adversaire, mais dans un film Mario, ça passe crème ! Les barrières de feu, les Twomps, les Bob-Ombs, les Bill Balles... Tout est absolument cohérent quand on connait l'univers Super Mario. Les items nous permettent de retrouver certaines transformations de nos héros, comme la grenouille ou le pingouin, et cela fonctionne bien !
L’ambiance musicale ne laissera pas non plus les fans de Nintendo indifférents. À l’instar du premier film, le compositeur s’appuie sur les thèmes emblématiques de Koji Kondo pour proposer une bande-son cohérente, riche en clins d’œil. Il faut dire que la musique de Super Mario Galaxy reste l’une des plus marquantes de la série : retrouver ces sonorités au fil des scènes renforce immédiatement l’immersion et devrait parler à tous ceux qui ont parcouru ses planètes, manette en main, il y a bientôt 20 ans.
L'hymne à l'amour
S'il y a bien un thème qu'on retrouve dans tout le film, à des niveaux divers, c'est bien l'amour : l'amour (secret) entre Mario et Peach, l'amour fraternel entre deux frères, l'amour entre un père et son fils... On ne peut pas en dire plus mais vous comprendrez après avoir vu le film que ce thème est central dans Super Mario Galaxy.Mais cet amour s’inscrit dans un récit en perpétuel mouvement, où les scènes s’enchaînent sans relâche jusqu’à la confrontation finale. Bowser Junior n'a clairement pas lésiné sur les moyens. Il donne vie aux ambitions de son père avec une planète artificielle construite comme Bowser l'avait lui-même rêvée, racontant ses ambitions à son fils avant que celui-ci ne s'endorme... ou ne soit ensuite envoyé en pension, parce que Bowser avait d'autres priorités à gérer à l'époque comme épouser la princesse Peach, par exemple. On revient toujours à cette hymne à l'amour, bien qu'il ne soit ici pas réciproque !
Vivement le prochain film !
En tant qu'autoproclamé premier fan de Super Mario de France, je suis sorti de la séance ravi du spectacle qui a été concocté par les équipes d'Illumination. Ils semblent avoir réussi à donner vie à toutes les idées : ressentir l'immensité de l'espace, la force de la gravité, avec une trame éprouvée et qui fonctionne.Aucun détail n'a été laissé au hasard : les équipes ont su donner vie à chaque scène avec ce qui fait le charme des jeux Mario en général et des Mario Galaxy en particulier. On se dit parfois qu'on aurait bien voulu un petit ventre mou pour se remettre de nos émotions, mais celui-ci n'arrive pas, comme si les scénaristes avaient eu trop d'idées et qu'il avait fallu toutes les intégrer.
Il faut dire qu'avec un second film, l'enjeu est colossal, surtout après avoir réalisé plus d'1.3 milliards de dollars avec le premier épisode : par crainte que ce second film ne soit le dernier, on dirait qu'ils ont voulu tout donner... jusqu'à ce qu'on découvre la seconde scène post-générique qui ne manquera pas de nous inviter à penser à ce que pourrait nous proposer le prochain film Mario... Mais on n'en est pas encore là ! On comprend que ce rythme effréné pourra dérouter, mais il correspond parfaitement à l’ADN de la saga Galaxy.
Conçu avec un véritable respect pour la licence, ce second opus brille par sa direction artistique, ses nouveaux personnages et sa capacité à retranscrire l’esprit des jeux Galaxy. Tout n’est pas parfait, mais l’essentiel est là : un divertissement solide, pensé pour les fans. C’est en tout cas notre ressenti à la sortie de la salle, et on se surprend déjà à vouloir y retourner pour repérer les détails que l’on aurait pu manquer.
Reste maintenant à voir ce que Nintendo et Illumination nous réservent pour la suite… car au vu de certaines scènes, l’aventure est loin d’être terminée… et on sera évidemment au rendez-vous. Mario, Peach… peu importe votre prochaine destination, on sera encore du voyage !
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Perso je n'ai pas aimé le 1 alors que j'ai été pendant très longtemps un ultrafan de la licence, j'avais trop cette sensation de ne rien n'y voir d'intéressant ou de nouveau. Sans passer un mauvais moment, me contenter de chercher les clins d’œil ça n'est pas mon délire. Je le verrai sans doute plus tard en streaming.