Tout peut changer en un coup de fil
Vous incarnez Maya, une jeune femme qui n’était pas censée diner avec ses parents ce soir-là. Finalement, votre repas est interrompu par un coup de fil. Quand vous revenez dans le salon, votre famille a disparu. Quand vous sortez de votre maison, le décor change. Vous voici plongés dans un univers onirique étrange et sombre, où chaque écran essaiera de vous raconter quelque chose…
Rapidement, vous allez vous rendre compte que vous disposez d’un pouvoir : celui d’inverser la gravité. Commence alors un véritable parcours du combattant, un plateformer difficile et d’une grande exigence. Mais attention. Entre deux écrans peuvent se cacher autre chose, les reliquats d’une mémoire brisée, d’un psychée qui se questionne ou simplement les éclats de votre famille. Car n’oubliez jamais que Love Eternal, derrière son plateformer d’une grande difficulté, cache aussi un récit d’horreur psychologique.
Le haut, le bas…
Les premières scènes de Love Eternal sont plutôt cryptiques. Votre famille, cloitrée dans un rectangle plutôt petit, au centre de l’écran, dialogue avec Maya. Vous commencez à entrevoir les dynamiques familiales, l’absence d’une certaine Lacey, d’une soirée qui devait avoir lieu. Rapidement, vous vous retrouvez dehors. L’écran s’agrandit, les contours noirs s’estompent et vous vous retrouvez dans un décor qui vous paraît immense.
Love Eternal joue sur ses espaces clos, ses écrans plus ou moins grands, au placement savamment étudié pour vous faire ressentir quelque chose d’un simple coup d'œil. Ce n’est pas anodin que votre chemin étriqué se fasse en bas de votre écran, écrasé par la masse noire au-dessus de vous.
Alors quand le jeu vous apprend que vous pouvez contrôler la gravité et changer vous-même de façon de vous orienter, l’espace dans lequel vous évoluez prend un autre sens. Les décors cachés dans les ombres prennent une dimension plus inquiétante, les couleurs, nuances de bleu marine, de rouge foncé, d’ocre brun, viennent elles aussi assombrir l’atmosphère. D’une simple pression de touche, vous pouvez changer la gravité.
Un gameplay simple en apparence mais qui s’avère de plus en plus complexe au fur et à mesure des écrans. Car il faudra faire avec l’inertie du saut, avec la petite animation de votre personnage qui se retourne, etc. Tout un tas de choses qui ajoutent de la difficulté et qui font que vous devrez faire particulièrement attention au moindre geste et faire preuve de réflexe et de dextérité.
Tout en un et un dans tout
Mais où est l’horreur dans une suite d'écrans qui évoqueront aux plus téméraires les grandes heures de Céleste et de Super Meat Boy ? Dans les détails et quelques coupures perturbantes qui viennent rebattre les cartes. Mais aussi dans des rencontres que vous allez effectuer en chemin et dans la réalisation, petit à petit, de l’endroit où vous vous trouvez réellement.
Cependant, cette narration ambitieuse est plutôt perturbante. Elle vient rompre, sciemment, le rythme, vous faire oublier ce que vous pensiez avoir acquis. C’est là aussi que se situe tout l’intérêt du titre. Après, vous pouvez aussi être venu pour le challenge. Car Love Eternal est un titre difficile. Très difficile. Les écrans ne vous laissent aucun répit, il faudra être d’une précision extrême pour parvenir à avancer. Heureusement, de très nombreux points de sauvegarde viennent vous “faciliter” les choses, ou du moins réduire la frustration de devoir tout recommencer. Encore faut-il ne pas oublier de les activer cependant.
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