Test de Shadow Tactics: Blades of the Shogun : infiltration réussie
Quel est le meilleur ami de l’infiltration ? La discrétion ? Le silence ? Non le buisson !
Test
Un objectif pour cinq manières de jouer
Alors que la Switch avait déjà reçu des adaptations des jeux Commandos 2 et Commandos 3 en 2022, vus comme des modèles du genre, c’est avec bonheur que les amateurs de jeux d’infiltration voient arriver ce nouveau titre sur Switch 2. Parfait pour se plonger dans le Japon de l’ère Edo au XVIIe siècle avec ses batailles épiques menées sans ménagement, le titre est la promesse d’une expérience riche en variété de gameplay. Avec un point de vue isométrique, le joueur contrôle ses personnages en 3D dans des espaces plus ou moins resserrés à travers un dédale de chemins jusqu’à arriver au bout du tracé de chacune des missions.Le propre de Shadow Tactics : Blades of the Shogun est d’offrir une expérience mélangeant les manières de jouer. L’infiltration des châteaux, des postes de commandement ou des bases ennemies variées n’implique pas seulement une addition des talents des personnages mais aussi de réfléchir à comment les utiliser conjointement.
Cinq personnages au total composent l’équipe proposée. Tous et toutes proposent un type de gameplay bien différent, avec des singularités notables dans leurs attaques jusque dans leur manière de se mouvoir. Le jeu commence ainsi par exemple avec Hayato, incarnation parfaite du ninja, qui manie aussi bien le sabre que l’étoile shuriken pour venir à bout de ses ennemis en toute discrétion. Il est léger, fluide, parvient à se faufiler rapidement derrière les adversaires et peut même distraire leur attention en lançant une pierre afin de détourner leur regard avant de les abattre.
A contrario Mugen est le samouraï puissant, costaud, capable de tuer plusieurs adversaires d’un seul coup de son attaque spéciale mais en contrepartie il subit une capacité de déplacement plus lente et une incapacité à escalader. Ensembles ils forment donc un duo très équilibré et surtout complémentaire que le joueur doit apprendre à faire collaborer dès le début du jeu.
Les trois autres personnages que l’on rencontre rapidement, Takuma, un vieillard à qui on ne la fait pas avec les tirs à distance, Yuki, apprentie voleuse et spécialiste en pièges et enfin Aiko, reine des déguisements pour des éliminations surprises, étoffent encore un peu plus le gameplay et surtout enrichissent les possibilités d’avancée dans les missions, même si globalement une règle principale domine le titre : la discrétion.
L’infiltration reine
La discrétion est en effet la qualité principale requise pour parvenir à s’extirper des labyrinthes de couloirs, de falaises, de petits baraquements et autres chemins tortueux mis sur notre route par le jeu.Un exemple vaut mieux qu’un long discours : au cours d’une mission le joueur contrôle plusieurs personnages dépendamment de l’avancée de l’histoire via une roue des personnages. L’architecture et l’ergonomie du jeu ont d’ailleurs été totalement revues pour s’adapter à la configuration écran de la Switch 2 et le tout est plutôt bien réussi en mode docké ou portable, avec des raccourcis de touches à l’écran qui permettent de s’y retrouver dans les multiples actions possibles.
Ainsi, lorsque que des ennemis forment un barrage pour avancer, une des meilleures techniques consiste à détourner leur attention. Pour cela le premier personnage peut se charger de dévier leur regard, grâce au lancer de la pierre de Hayato ou bien au sifflet de Yuki par exemple, tandis que le second en profite pour se faufiler et les attaquer par derrière. Mieux encore, le Mode Ombre permet également de programmer une action pour un personnage et ensuite de l’actionner automatiquement en même temps que l’on contrôle un autre personnage. Tout repose ainsi sur l’art de la coordination. Oui le jeu vidéo peut parfois aussi tester notre esprit multitâche.
Composé de moins d’une quinzaine de missions au total, le jeu n’en est pour autant pas moins généreux en action. Attendez-vous en effet à devoir vous confronter à de multiples essais et tentatives pour venir à bout des missions, en tâtonnant sur le bon passage à franchir, en passant vraiment parfois sur le fil mais c’est aussi une des forces du jeu, laisser au joueur sa liberté.
Une bonne technique mais vous avez demandé aussi de la répétitivité ?
Globalement le jeu repose sur l’esprit de réflexion du joueur. Il est quasi impossible de foncer bille en tête sur les adversaires ou c’est la mort assurée. En cela on peut le qualifier de plutôt difficile, il existe d’ailleurs trois niveaux de difficultés qui reposent surtout sur le niveau de vigilance de l’IA des ennemis. Le titre ne conviendra pas aux joueurs qui ne souhaitent pas un minimum se creuser les méninges car c’est tout ce que le titre propose et il le fait bien.Le revers à cette médaille est ainsi le caractère un peu répétitif des schémas des missions qui se suivent où il s’agit petit à petit d’appliquer la même stratégie de déviation de l’attention pour avancer à pas de loup. Heureusement une idée a été trouvée pour limiter cet effet : la possibilité de collecter des badges en accomplissant certaines actions spécifiques en mission comme par exemple en épargnant les civils, en tuant le moins possible d’ennemis ou bien au contraire en les exterminant tous. Ces défis offrent une longue possibilité de rejouabilité à qui souhaite mémoriser chaque mission à la perfection et tenter ces défis impossibles.
Si la technique de la Switch 2 permet au titre de tourner avec fluidité, en revanche visuellement l’expérience est parfois un peu terne. Plus gênante est la gestion parfois chaotique des caméras dont il faut se méfier car il faut à la fois la déplacer mais aussi la faire pivoter entièrement manuellement. En effet celle-ci peut facilement se détourner du personnage que l’on contrôle, nous faisant alors sortir du champ d’action et ainsi risquer de sortir à découvert parce que l’on n’a pas vu un ennemi qui s’approche.
Dernier point noir à souligner, le mode souris qui est proposé et exploite une nouveauté introduite avec la Switch 2 mais malheureusement l’essayer ce n’est pas l’adopter. Le gameplay essaie de se rapprocher d’un contrôle sur ordinateur or la sensibilité n’est pas optimale et la précision n’est pas au rendez-vous, alors que la réussite de certains passages repose justement sur une action millimétrée.
À noter enfin qu’en même temps que Shadow Tactics: Blades of the Shogun, sort aussi l’extension Shadow Tactics: Blades of the Shogun - Aiko's Choice, au prix de 19,99 € seule (ou 53,99 € pour un bundle regroupant les deux) proposant trois missions centrées sur le personnage d’Aiko.


















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