Test de Yoshi and the Mysterious Book, sous la coquille blanche et verte se cache une pépite d’inventivité
Notre jeu élu le plus mignon de l’année à l’unanimité de nous-même, mi-aouuu !
Test
Enchanteur, doux et reposant
L’histoire du jeu est celle du livre vivant Mysterius tombé chez les Yoshi et qui requiert l’aide des mignons dinosaures à l’appétit démesuré. Ce n’est toutefois pas la faim des fruits qui taraude Yoshi dans cet épisode mais plutôt sa soif démesurée pour découvrir tous les secrets que contient Mysterius.L’étrange ouvrage peut s’apparenter à une sorte d’encyclopédie sur les créatures de l’univers de Yoshi. A la manière d’un manuel de biologie, chacun des chapitres présente un paysage où évoluent des créatures étranges et sauvages. A l’aide de sa loupe le joueur s’approche d’une créature et plonge ensuite littéralement dans les pages du livre vivant pour comprendre comment celle-ci vit.
Traditionnellement les jeux Yoshi ont recours dans leur direction artistique à une inspiration artistique soignée, empruntant à plusieurs mediums. On se souvient de l’ambiance toute en laine et en coton de Yoshi Woolly World sur Wii U ou bien des jouets, des morceaux de ficelle et de carton dans Yoshi Crafted World sur Switch. Dans ce nouvel épisode, c’est un monde crayonné qui se déploie sous nos yeux. Les personnages évoluent sur des fonds aquarellés, les couleurs explosent de toute part à la manière d’un livre jeunesse où chaque page qui se tourne dévoile une vision ravissante et entièrement dédiée à la fantaisie.
Une filiation nous apparaît alors plus qu’évidente avec le parent lointain dans le temps qu’est Yoshi’s Story sorti en 1997 sur Nintendo 64. Dans ce jeu touchant et mignon, la trame est déjà celle d’une histoire racontée à la manière d’un ouvrage dont les Yoshi explorent les pages une à une, à la rencontre d’un monde fait de mystères et de créativité débordante. Sur un plan visuel, les jeux partagent aussi en commun cette presque 2,5D, avec des effets de trompe-l’œil et un rendu fait main dans le traitement des décors.
On y retrouve aussi beaucoup des créatures devenues emblématiques de la licence Yoshi, à commencer par ses habitants les plus marquants comme les facétieux Maskaas mais également les aériens Albatros ou encore les drôles de palmipèdes Huffin Puffin à l’allure pataude.
A noter aussi un certain regard du côté des productions des films Ghibli, que ce soit pour le design de certaines créatures inédites au jeu, ainsi que pour les thèmes musicaux. Les thèmes du jeu sont en grande majorité composés et joués avec des instruments d’orchestre classique, ce qui colle parfaitement à l’univers enfantin du titre mais contribue aussi à lui donner un petit côté enchanteur, voire précieux sous certains aspects, tranchant légèrement avec les musiques d’habitude un peu plus enjouées des opus précédents (voire un peu folles pour citer encore une fois Yoshi’s Story).
Dernière petite nouveauté scénaristique, l’ennemi juré et traditionnel des Yoshi, Bébé Bowser qui est la version jeune du grand méchant par excellence Bowser, a ici été remplacé par Bowser Jr. qui n’est autre que le fils de Bowser. Peut-être inspiré par son rôle majeur dans le film Super Mario Galaxy récemment sorti, le coléreux antagoniste est comme à l’accoutumée accompagné de Kamek et les deux évoluent de chapitre en chapitre, dans une découverte parallèle de l’univers de Mysterius. Ils offrent ainsi au joueur dans quelques niveaux des séquences plutôt drôles et amenant également des passages au gameplay un peu différent du reste du jeu.
Un gameplay à résumer en un mot : la curiosité
Si l’on en vient au gameplay de Yoshi and the Mysterious Book il est avant toute chose important de remarquer et d’applaudir la variété qui est proposée au joueur. Les développeurs ne se sont en effet pas contenté de construire un univers cohérent fait de plateformes à traverser et d’ennemis à battre comme l’étaient les deux précédentes aventures de Yoshi sur Wii U et Switch. Les niveaux baptisés Habitats, sont en effet ici clos et se concentrent autour d’une créature principale. Le joueur peut traverser de part en part le terrain pour aller à la rencontre de cet être étrange dont on ne sait rien au départ. Le niveau n’a pas ni vrai début ni vraie fin, encore une fois comme l’était Yoshi’s Story avec ses pérégrinations à la recherche de fruits.La grosse différence avec ce dernier réside dans l’objectif principal proposé au joueur qui est à présent de faire preuve de créativité et d’inventivité pour interagir avec chaque créature. Si certaines actions basiques comme tenter de l’avaler, lui sauter dessus ou bien lui lancer un œuf à la figure sont évidentes et rapportent facilement quelques étoiles en récompenses, des dizaines et des dizaines d’autres d’interactions sont nécessaires pour compléter chaque page Habitat en totalité.
Si l’on s’en tient aux créatures que l’on croise dans les premiers chapitres du jeu, par exemple la piquante abeille que nous avons baptisée Bzz Bzz pour notre part, les interactions de base sont de découvrir le goût de ce petit insecte mais aussi de lui proposer un fruit à déguster ou encore de dévorer sa ruche. En faisant marcher davantage sa curiosité, on peut alors tenter d’apporter à Bzz Bzz une autre créature partageant le même habitant pour voir comment la rencontre se passe ou bien encore de se plonger dans un étang de miel créé par les essaims de Bzz Bzz. répandu au sol.
Parfois très anodines, ces actions permettant de débloquer les étoiles récompenses, sont bel et bien le cœur du jeu. A noter aussi que Mysterius se montre très progressiste et qu’il est parfaitement possible de rebaptiser chacune des créatures croisées à notre convenance et même jusqu’aux Maskaas. Laissez libre court à votre imagination !
Concrètement, les interactions que l’on a avec chacune des créatures servent non seulement à mobiliser notre esprit créatif mais tiennent également lieu de petit scénario interne à chaque page que l’on explore. En arrivant dans un niveau, il n’est ainsi par rare qu’une petite cinématique se déclenche faisant office de nouvelle quête à remplir. Le jeu a ainsi cela de malin et de brillant de renouveler sans cesse l’expérience du joueur qui n’a de cette façon jamais l’impression de vivre les mêmes minutes en jeu.
Facile à parcourir, ardu à compléter ? Le mantra des jeux issus de la licence Yoshi se confirme plus que jamais
Si un seul et unique jeu pouvait le mieux caractériser cet adage du « facile à parcourir mais ardu à compléter » ce serait sans aucun doute Yoshi and the Mysterious Book. Le jeu n’a en effet pour ainsi dire presque aucune contrainte de danger menaçant. Yoshi ne subit aucun dégât, il ne peut pas vraiment mourir, ne perd aucun point de vie et ne relâche même aucun bonus en cas de dommage.La monnaie du jeu est la Rune, sorte de petite lettre dorée étrange que l’on collecte ici ou là et qui permet ensuite de débloquer des indices sur les prochaines étoiles à chercher pour chaque créature. Même en étant touché par un ennemi ou bien en tombant au fond d’un des rares gouffres du jeu, le joueur n’a à subir aucune conséquence fâcheuse.
En cela le titre se montre extrêmement accessible et une porte ouverte pour les plus néophytes qui ne ressentiront jamais de frustration face à un obstacle trop difficile à passer. Le jeu est ainsi un formidable outil pédagogique à partager avec un joueur plus jeune que l’on accompagne dans sa découverte, sans avoir à subir la contrainte du temps qui s’écoule ou des ennemis trop ardus à battre. Sans accueillir de mode coopératif ou de multijoueur, la progression potentiellement très tranquille du jeu fait de l’expérience un prétexte à développer sa curiosité en douceur.
Toutefois c’est dans les détails que Yoshi and the Mysterious Book révèle ses plus grandes qualités. Au fur et à mesure des chapitres, l’exigence grimpe et il n’est pas rare de se sentir un peu dubitatif devant ce qu’il faut faire. Heureusement, poussé par la construction des niveaux qui n’est jamais la même et grâce à un bestiaire varié, notre expérience ne fait que s’enrichir et l’on en vient même à développer quelques réflexes.
Alors que l’encyclopédie Mysterius peut se parcourir sans forcément respecter l’ordre de ses chapitres, la découverte progressive de plus en plus de créatures permet malgré tout dans les derniers chapitres de croiser un grand nombre d’entre-elles simultanément. Par exemple, le niveau des petits rats cambrioleurs de la maison Maskaas voit ainsi se mélanger plusieurs créatures dans les galeries souterraines. Pour découvrir le plus d’informations sur ces petits rats vagabonds, il est alors crucial de se souvenir et de mobiliser les connaissances déjà acquises au sujet des autres créatures. Heureusement les pages de Mysterius sont constamment accessibles pour qui voudrait vérifier certaines des découvertes déjà faites. C’est donc une très bonne manière trouvée par les développeurs pour développer le gameplay en croisant les informations.

























Cet article vous a intéressé ? Vous souhaitez réagir, engager une discussion ? Ecrivez simplement un commentaire.