Test de Tomodachi Life : Une vie de rêve : la vie en Mii, et en folie
Drôle d’île, vraie personnalité : c'est le grand retour de la simulation de vie la plus décalée sur Nintendo Switch.
Test
Tomodachi Life, c’est quoi exactement ?
Reprenons les bases : qu’est-ce que Tomodachi Life, au juste ? Il s’agit d’un jeu de simulation de vie développé par Nintendo, dans lequel vous devez veiller au bien-être des personnages qui peuplent votre île. S’il propose bien quelques éléments de housing (avec l’aménagement intérieur et extérieur des bâtiments et habitations) et de crafting (à travers la personnalisation de votre île), Tomodachi Life se distingue surtout ailleurs.Tout d’abord, les personnages qui y résident sont des Mii, les avatars numériques de Nintendo apparus avec la Wii en 2006. Si vous êtes un joueur régulier des consoles Nintendo, il y a de fortes chances que vous ayez déjà créé un Mii de toutes pièces, ne serait-ce que pour personnaliser votre profil, reproduire un membre de votre famille ou tout simplement dans un jeu les mettant en scène (Wii Sports, Miitopia, Nintendo Land, etc.). Ensuite, l’intérêt de Tomodachi Life repose sur les interactions sociales entre les habitants de l’île. Liens de parenté, relations amoureuses ou simples amitiés : vous avez la possibilité d’influer sur ces paramètres, mais c’est bien à vos Mii que revient le dernier mot, selon leurs personnalités, leurs goûts et leurs envies du moment.Une île à votre image
Une fois le jeu lancé, vous êtes immédiatement envoyé vers l’éditeur de Mii afin d’ajouter le premier autochtone sur votre île encore bien vide. On apprécie la simplicité de l’éditeur et la possibilité d’accélérer le processus créatif en sélectionnant un Mii déjà présent sur la console, ou encore en répondant à une série de questions pour guider la création finale.N’étant pas particulièrement créatif de nature, j’ai trouvé l’éditeur bien équilibré : vous pouvez tout à fait passer vingt minutes à créer un Mii si vous poussez la personnalisation assez loin, avec l’ajout de maquillage ou de motifs personnalisés, par exemple, mais on ne se sent jamais submergé par des centaines d’options qui viendraient compliquer la tâche des moins inspirés d’entre nous.C’est d’ailleurs un point important avec Tomodachi Life : le jeu fait la part belle à la création et à la personnalisation. Votre expérience sera donc logiquement plus complète et enrichissante si vous aimez passer du temps dans l’Atelier de création pour customiser une ribambelle d’éléments : nourriture, vêtements, “trésors” (divers objets à offrir à vos Mii), mobilier urbain, types de sols (plage, béton, fleurs…), intérieur et extérieur des habitations.
Ah, la belle vie…
Une fois votre premier Mii créé et les éléments fondateurs de votre île en place, vous avez le champ libre pour faire ce que bon vous semble. La progression est guidée par de courts messages explicatifs, mais jamais contrainte. Les premières étapes sont assez claires : il va falloir ajouter des Mii pour que votre premier habitant se sente moins seul, puis agrémenter l’île des bâtiments nécessaires à son bon fonctionnement. Vous découvrirez alors la supérette pour combler les appétits de chacun, un magasin de vêtements, une boutique de décoration, un centre d’urbanisme… et ce n’est là que le début. On vous laisse découvrir le reste pour ne pas trop en dévoiler.Des surprises, Tomodachi Life en regorge. C’est même sans doute sa plus grande force. Chaque situation donne lieu à des scénettes amusantes, des conversations endiablées, des rêves fous et des mini-jeux à répétition. Plus que de simples avatars numériques, les Mii finissent par devenir une véritable petite population à laquelle on s’attache, à mesure qu’on les voit grandir et interagir entre eux.Vous avez bien sûr la possibilité d’échanger avec eux pour mieux les connaître, comprendre leurs envies et répondre (ou non !) à leurs demandes diverses et variées. Mais le plus intéressant, presque comme un plaisir coupable, consiste parfois à s’arrêter quelques minutes pour simplement les regarder évoluer, marcher, rire ou rêver. Vous incarnez ainsi une présence bienveillante, chargée d’accompagner les Mii vers le bonheur et, comme le promet le jeu, vers une véritable vie de rêve.
Un jeu à savourer sur la durée
Reste une question : concrètement, comment se joue Tomodachi Life, et où réside son intérêt pour le joueur ? C’est un jeu que chacun s’appropriera à sa manière. Pour ma part, je pense qu’il s’apprécie surtout sur la durée, au fil de petites sessions quotidiennes. La progression est volontairement lente, à moins que vous décidiez d’ajouter plusieurs Mii d’un seul coup pour accélérer la cadence. Elle sera marquée par la montée en niveau de vos habitants, laquelle dépend directement de leur bonheur, qui augmente au fil des interactions avec le joueur et avec les autres résidents de l’île.Il faudra bien sûr remplir les estomacs, leur offrir un certain confort vestimentaire, leur proposer un habitat à leur image et répondre à leurs différentes requêtes. Ces dernières donnent parfois lieu à des mini-jeux qui ne durent guère plus de deux minutes, mais viennent agréablement rythmer les sessions et permettent de s’échapper temporairement de la création de Mii et de l’aménagement de l’île. Quiz, bowling, 1, 2, 3 soleil, pile ou face… tout respire la bonne humeur et assume pleinement son côté chill, avec à la clé des récompenses aussi loufoques que variées.Lorsqu’un Mii passe au niveau supérieur, plusieurs choix s’offrent à vous. On peut notamment façonner sa personnalité à travers de petites habitudes ou manies, mais aussi lui attribuer des expressions typiques qui viendront ponctuer les conversations. Les répliques que vous apprenez à vos Mii et les sujets de conversation étant entièrement personnalisables et sans filtre, on se retrouve parfois au beau milieu de discussions pour le moins étonnantes. Ajoutez à cela l’expressivité naturelle des Mii et la variété des situations, et l’on finit par comprendre toute l’intention des développeurs, ainsi que la richesse de Tomodachi Life.Mii figue, Mii raisin
Côté réalisation, pas grand-chose à signaler : le design minimaliste des Mii et le niveau de détail des bâtiments fonctionnent évidemment à merveille sur Nintendo Switch. On peut en outre bénéficier d’une résolution en 1080p en mode docké sur Nintendo Switch 2, contre 720p sur la première Switch.C’est malheureusement la seule amélioration dont profiteront les joueurs de Tomodachi Life : Une vie de rêve sur Switch 2, car le jeu ne propose aucune autre fonctionnalité spécifique à la nouvelle console de Nintendo. GameShare, prise en charge de la caméra, et surtout mode souris sont aux abonnés absents. C’est d’autant plus dommage que l’utilisation du mode souris des Joy-Con 2 aurait été idéale sur ce titre : l’intégralité du jeu aurait pu être jouable ainsi, et la personnalisation des Mii, de votre île et de vos créations maison aurait certainement gagné en fluidité et en rapidité.
Il est vrai que l’on juge ici un jeu Nintendo Switch qui ne bénéficie pas encore d’une Nintendo Switch 2 Edition, mais on était malgré tout en droit d’attendre un petit plus pour les joueurs Switch 2, dix mois après la sortie de la console.
D’autres petites déceptions viennent s’ajouter en chemin. Tomodachi Life est uniquement jouable en local, et le multijoueur n’en est pas vraiment un puisqu’il sert uniquement à échanger des Mii et des créations personnalisées. Pas l’ombre d’un mode en ligne, ce qui reste assez inexplicable tant le jeu fourmille de contenus et de manières de jouer. Force est de constater que Tomodachi Life sur Switch est avant tout un jeu solo, et qu’aucun effort particulier n’a été fait pour lui donner une autre dimension.Plus étonnant encore, Nintendo a fait le choix de brider le partage des captures d’écran et des vidéos. Si vous êtes habitué au système de capture de la Nintendo Switch, vous savez qu’il est normalement possible de publier ses images sur les réseaux sociaux, de les envoyer sur son smartphone via un code QR, ou encore de les récupérer via l’application Nintendo Switch sur mobile (uniquement sur Switch 2). Or, aucune de ces options n’est disponible dans Tomodachi Life : Une vie de rêve.
Le seul moyen de récupérer des captures d’écran consiste à relier la console à un ordinateur à l’aide d’un câble USB, ou à les transférer sur une carte microSD. La raison la plus probable est sans doute la volonté de décourager le partage de contenus sensibles sur les réseaux sociaux. Il faut rappeler que les sujets de conversation sont totalement libres et renseignés par le joueur à l’aide du clavier virtuel. On aurait cependant préféré un filtre de modération, d’autant que la nature du jeu et son humour omniprésent incitent naturellement au partage.
C’est même sans doute l’un des éléments qui feront le succès de Tomodachi Life auprès des joueurs : sa capacité à générer des situations drôles, absurdes, et potentiellement virales. Avec cette limitation technique, Nintendo prend malheureusement le contrepied de ce qui pourrait nourrir l’engouement autour du jeu. Espérons que cela n’entachera pas son succès commercial, qui semble malgré tout probable au vu du caractère atypique de Tomodachi Life, son potentiel viral, et de l’importante base installée de Switch.
C’est un jeu qui ne plaira pas à tout le monde tant il est décalé, mais ce serait dommage de ne pas lui laisser sa chance. On vous conseille de vous lancer dans la démo disponible sur le Nintendo eShop pour vous faire votre propre avis. Il y a énormément à faire sur votre île, et les Mii n’attendent que vous pour vivre leur meilleure vie !













































































Cet article vous a intéressé ? Vous souhaitez réagir, engager une discussion ? Ecrivez simplement un commentaire.