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Nintendo obtient près de 7 millions d’euros face à BigBen après 15 ans de procédure
Après un long contentieux autour de la Wiimote, Nintendo remporte une victoire judiciaire majeure contre BigBen, aujourd’hui Nacon, avec des dommages et intérêts avoisinant les 7 millions d’euros.
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Après plus de quinze années de bataille judiciaire, Nintendo a obtenu gain de cause face à BigBen Interactive, devenu depuis Nacon. Dans une décision rendue le 30 octobre 2025, le tribunal régional de Mannheim a condamné le fabricant de périphériques à verser plus de 4 millions d’euros de dommages et intérêts, auxquels s’ajoutent intérêts légaux et frais de justice, pour un total proche de 7 millions d’euros. L’affaire porte sur la contrefaçon d’un brevet européen lié à la célèbre manette Wii.
Dès 2011, la justice allemande avait reconnu la contrefaçon par BigBen, une décision confirmée en appel en 2017. Entre-temps, le brevet a résisté à de multiples tentatives d’annulation devant les instances européennes et allemandes, validant durablement la protection revendiquée par Nintendo.
Les juges ont écarté l’argument selon lequel les consommateurs se seraient tournés vers d’autres fabricants tiers, estimant que ces produits alternatifs étaient eux aussi susceptibles d’enfreindre le brevet concerné. Les frais généraux de Nintendo n’ont pas non plus été déduits, les ventes supplémentaires n’ayant pas entraîné de coûts fixes additionnels.
Le tribunal souligne également que plusieurs stratégies dilatoires, comme le refus d’un expert judiciaire, ont contribué à prolonger la procédure. BigBen a fait appel de la décision devant la cour d’appel de Karlsruhe. Le jugement n’est donc pas définitif, mais il est exécutoire à titre provisoire sous réserve de garanties. Bref, on risque donc d'entendre encore parler de cette affaire dans les mois... ou les années, à venir !
S'il a fallu près de 15 ans pour que justice soit rendue à Nintendo, l'issue n'en est pas moins positive pour Big N qui a donc réussi dans ce dossier à défendre ses propriétés intellectuelles : on comprend mieux pourquoi les dépôts de brevets sont si importants pour les fabricants.
Sources : communiqué de presse de BARDEHLE PAGENBERG, informations juridiques issues de la décision du tribunal régional de Mannheim, via un article de l'AFJV
Un litige ancien autour de la technologie de la Wiimote
Le différend remonte à 2010 et concerne le brevet européen EP 1 854 518, déposé par Nintendo en 2006. Celui-ci protège plusieurs caractéristiques techniques de la Wii Remote, notamment l’association d’une ergonomie spécifique avec des capteurs comme la caméra infrarouge et l’accéléromètre.Dès 2011, la justice allemande avait reconnu la contrefaçon par BigBen, une décision confirmée en appel en 2017. Entre-temps, le brevet a résisté à de multiples tentatives d’annulation devant les instances européennes et allemandes, validant durablement la protection revendiquée par Nintendo.
Un calcul des dommages rarement appliqué
La décision de 2025 ne portait pas sur la contrefaçon elle-même, déjà établie, mais sur le montant des dommages et intérêts. Fait notable, le tribunal a retenu la méthode dite des profits manqués, en considérant que Nintendo aurait réalisé l’ensemble des ventes effectuées par BigBen si ces manettes n’avaient pas été commercialisées.Les juges ont écarté l’argument selon lequel les consommateurs se seraient tournés vers d’autres fabricants tiers, estimant que ces produits alternatifs étaient eux aussi susceptibles d’enfreindre le brevet concerné. Les frais généraux de Nintendo n’ont pas non plus été déduits, les ventes supplémentaires n’ayant pas entraîné de coûts fixes additionnels.
Le poids financier d’une procédure interminable
La durée exceptionnelle du contentieux a lourdement pesé sur la facture finale. Les intérêts légaux, calculés à un taux de 5 points au-dessus du taux de base depuis 2018, représentent à eux seuls près de 3 millions d’euros.Le tribunal souligne également que plusieurs stratégies dilatoires, comme le refus d’un expert judiciaire, ont contribué à prolonger la procédure. BigBen a fait appel de la décision devant la cour d’appel de Karlsruhe. Le jugement n’est donc pas définitif, mais il est exécutoire à titre provisoire sous réserve de garanties. Bref, on risque donc d'entendre encore parler de cette affaire dans les mois... ou les années, à venir !
Un signal fort pour l’industrie du jeu vidéo
Au-delà du montant, cette affaire illustre la volonté de Nintendo de défendre ses brevets sur le long terme et rappelle les risques juridiques encourus par les fabricants de périphériques tiers. Elle s’inscrit aussi dans un contexte où les technologies embarquées, capteurs et interfaces jouent un rôle central dans la différenciation du matériel de jeu.S'il a fallu près de 15 ans pour que justice soit rendue à Nintendo, l'issue n'en est pas moins positive pour Big N qui a donc réussi dans ce dossier à défendre ses propriétés intellectuelles : on comprend mieux pourquoi les dépôts de brevets sont si importants pour les fabricants.
Sources : communiqué de presse de BARDEHLE PAGENBERG, informations juridiques issues de la décision du tribunal régional de Mannheim, via un article de l'AFJV




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