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Sega, autopsie d'une reconversion à succès.

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Sega c’est comme qui dirait une page majeure de l’histoire des jeux vidéos. Autrefois frères ennemis, Nintendo et Sega sont, à n’en pas douter, les deux entreprises ayant le plus accompli pour le marché des jeux vidéos dans les années 80-90. Ces deux compagnies emblématiques ont, à leur époque, créé un nouveau marché, une nouvelle culture, un nouvel art, celui là même qui continue de nous passionner aujourd’hui.
Dossier rédigé par Lionel

Et s’il y a un destin hors du commun, c’est bien celui de Maître Sega ! Constructeur et développeur de renom pendant 20 ans sur la planète jeux vidéos, acteur prépondérant du marché de l’arcade en parallèle, et entreprise passionnée et innovante, voilà comment on pourrait en quelques mots décrire cette compagnie mythique.

Acclamé aux USA et en Europe, souvent boudé de manière humiliante au Japon, Sega a toujours oscillé entre succès et revers fracassants sur un marché sur lequel il a pourtant représenté pendant bien longtemps la seule alternative au géant Nintendo. A l’heure de la résurrection du phénix, faisons un retour sur le passé et les perspectives d’avenir de cette entreprise unique.

De la Chute d’un Empire …

Qui ne se souvient pas avec nostalgie de la rivalité Nintendo-Sega pendant l’ère 8-16 bits ?! Comment oublier cette compétition passionnée qui animait ces deux entreprises pionnières du marché des jeux vidéos ?! Terriblement opposées et pourtant si complémentaires, Sega et Nintendo ont toujours suivi une voie diamétralement opposée, chacun souhaitant se différencier et se singulariser de son concurrent direct.

A l’image du Ying et du Yang, le premier couleur blanche et l’autre couleur noire, les deux géants japonais répondaient à des attentes différentes. A cette époque, il fallait choisir son camp, sauf pour les plus fortunés ( !), et décider si l’on prenait parti pour Mario, Zelda, et Donkey Kong, ou au contraire Sonic, Shinobi et Street of Rage !

Sega a fait ses armes en arcade avec des jeux aussi célèbres que Outrun ou Afterburner pour ne citer qu’eux. La société japonaise se porte bien mais commence très tôt à porter son attention sur un nouveau marché en pleine croissance, celui des consoles de salon. Sur ce marché jeune, d’avenir, et loin d’être surchargé niveau compétition, Sega veut offrir aux joueurs une alternative à l’inévitable Nintendo. Son expérience de développeur en arcade, ses licences à succès et sa santé financière extrêmement seine incite Sega à se lancer dans l’aventure en 1986 avec la 8 bits Master System.

Les joueurs du monde entier découvre alors avec émerveillement les joies de la compétition avec les désormais mythiques Alex Kidd, Shinobi, ou encore Wonderboy. Le succès est au tournant pour Sega, enfin presque puisque tel le village Gaulois dans Astérix luttant contre l’invasion Romaine, le Japon, déjà conquit par Mario et compagnie, décide de faire de la résistance et boude sans ménagement le petit nouveau.

Fort de son incursion remarquée, Sega dégaine le premier en 1988 avec la Mégadrive et lance par la même occasion les hostilités de la guerre des 16 bits ! Les Etats Unis et l’Europe lui offriront un accueil très chaleureux, le Japon ne se décide toujours pas à adopter la couleur noire ! Street of Rage, Monaco GP, Ecco, le retour de Shinobi, et la bête noire de Mario, je veux bien sûr parler de Sonic le hérisson, propulseront la Mégadrive au sommet. Réactif, inspiré et innovant, Sega acquiert enfin une identité propre, bouleverse l’ordre établi et surtout montre à Nintendo qu’il faudra maintenant compter sur lui pour partager le gâteau.

La suite des aventures du constructeur japonais est malheureusement comme chacun sait bien moins glorieuse. Sega veut aller trop vite et commet de multiples erreurs stratégiques qui entameront sa crédibilité auprès du grand public. Cela débute dès l’ère Mégadrive puisque afin de contrer la technologie plus avancée de la dernière de Nintendo, Sega se lance dans la création de multiples extensions supposées compléter sa 16 bits vieillissantes. Le Méga CD et le 32X viendront alors sérieusement entacher l’image du constructeur.

Il faut dire qu’on peut facilement comprendre le mécontentement d’un joueur ayant dépensé par deux fois une somme conséquente pour l’acquisition d’un produit qui d’une part ne tient pas ses promesses et qui d’autre part est boudé par tous les développeurs sans exception ! Sega laisse alors un goût amer dans l’esprit de nombreux aficionados, ces derniers ayant le sentiment d’avoir été purement et simplement lésés par la marque du hérisson bleu. Sega a déçu et paiera très cher cette erreur.

Bien décidé à renouveler la sortie à succès de sa 16 bits, Sega dégaine à nouveau le premier avec sa 32 bits, la Saturn. Et c’est alors qu’on assiste à un revirement de situation inattendu : la petite dernière de Sega triomphe au Japon. Explications : Sega bénéficie d’une image très forte en arcade là bas et est enfin technologiquement capable de convertir ses licences à succès sur consoles de salon. Le meilleur exemple en est Virtua Fighter. Le premier épisode sortira en même temps que la Saturn et lui permettra de vendre plus de 350 000 exemplaires à sa sortie au Japon. De même le second épisode de la série deviendra million seller là bas, une première pour Sega.

Mais le paradoxe va jusqu’au bout puisque la console connaît un accueil plus que froid dans le reste du monde. Plusieurs explications à cela : un marketing qui pêche par son absentéisme, un prix prohibitif, pas de véritables killer aps adaptés aux marchés occidentaux, et enfin et surtout l’arrivée au même moment d’un petit nouveau qui, lui, évite toutes ces erreurs stratégiques, un certain Sony avec sa PlayStation. Malgré 5,5 millions de consoles écoulées au Japon, l’échec de la Saturn est tout simplement retentissant dans le reste du monde et Sega n’a d’autres moyens que de se retirer en grand perdant.

Perdant oui, mais revanchard encore plus ! Sega ne se laisse en effet pas intimider par son échec et, oh surprise ( !), pénètre le segment des 128 bits le premier comme à son habitude ! La Dreamcast est là et témoigne des ambitions de Sega. En effet à cette époque Sega semble enfin avoir fait peau neuve, et la Dreamcast est là pour démontrer la nouvelle orientation du groupe. Très abordable, innovante avec notamment sa connexion de série à Internet, dotées de nombreux jeux et du soutien des éditeurs tiers, puissante et facile à programmer, Sega pense enfin tenir sa revanche.

Et comme Sega, beaucoup y croyait, et pour tout vous dire moi le premier. Ajouté à cette nouvelle ligne de conduite, Sega démontre surtout et comme à son habitude tout son talent de développeur et ce à de nombreuses reprises : Sonic Adventures, Shenmue, Virtua Tennis, Jet Set Radio, The House of the Dead 2, Phantasy Star Online, la liste est longue. Mais malgré 10 millions d’unités vendues et quelques merveilles vidéoludiques derrière elle (je ne peux m’empêcher de citer Soul Calibur), la Dreamcast doit disparaître. La raison de cette injustice (oui je prends parti !) est connue de tous : le spectre illusoire de la PlayStation 2 ensorcelle de nombreux joueurs conquis à la cause de Sony.

Quelle injustice lorsque l’on voit à quelle point la Dreamcast était prometteuse et innovante. Il faut croire qu’à sa sortie il était déjà trop tard pour que Sega réussisse à reconquérir le cœur des joueurs.

… A l’émergence Attendue d’une Reconquête !

Sega constructeur c’est donc fini, place à Sega développeur indépendant. Pour beaucoup de joueurs, ce changement radical de stratégie signifie la fin d’une époque, et c’est avec une certaine nostalgie que la nouvelle fut accueillie. Mais c’est finalement mieux ainsi car en effectuant sa reconversion tôt, Sega a évité une disparition inévitable du marché des jeux vidéos, et ça avouez que ça aurait été un sacré coup dur !

Il faut reconnaître que Sega a magnifiquement réussi à se réorienter. En effet dès sa première année d’existence en tant que développeur indépendant, Sega a réussi à devenir un acteur incontournable du secteur, et est parvenu en quelques mois à devenir l’un des tous premiers développeurs au monde ! Encore plus fort, la direction de Sega a annoncée son intention de devenir le premier développeur de jeux vidéos au monde dès 2002, malheureusement les derniers résultats de l’entreprise pour l’exercice 2001-2002 montrent que le challenge sera plus difficile à relever que prévu..

La Sonic Compagnie développe à tout va (pas de discrimination, PS2, GC, X-Box et GBA seront allègrement nourries !), à toute vitesse (Sega possédait déjà des kits de développement pour toutes les consoles du marché avant l’abandon de la Dreamcast, juste au cas où !), et surtout avec un talent indéniable et constant. Et si vous ajoutez à cela les innombrables licences de la marque, que l’on compte parmi les plus connues et respectées au monde, et bien vous obtenez tout simplement l’entreprise leader du marché des jeux vidéos ! D’ailleurs, entre vous et moi, je me suis toujours mordu les doigts de ne pas avoir acheté des actions Sega lors de leur plus bas niveau à l’époque de l’abandon de la Dreamcast, GGGRRRRR … !!

Là où Sega se distingue également de nombre de ses concurrents, c’est d’être à la fois capable de faire du traditionnel, comme de l’innovant. Notons que cette tendance s’est principalement fait ressentir à l’époque 32-128 bits, période de remise en question de la marque. Sega joue énormément sur cette combinaison gagnante pour contenter tous les genres de public. Prenons la Dreamcast par exemple, cette console a sans cesse jonglée entre des classiques remis au goût du jour et de véritables révolutions vidéoludiques.

Dans le camp des classiques, on peut citer Sega Rally, Daytona, Virtua Fighter, Sonic, Zombies Revenge ( très très proche d’un Street of Rage) … Ces " oldies " (sans méchanceté aucune car la qualité de ces titres est indiscutable) ont bien sur été remis au goût du jour via les nouvelles performances de la console à spirale, mais n’ont en aucun cas pas révolutionné le genre dans leur concept. Ce sont des valeur sûres, connues et reconnues, et donc à fort potentiel.

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