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Shin Megami Tensei IV Disponible sur 3DS

Test de Shin Megami Tensei IV (3DS)

Shin Megami Tensei IV

Parce que chasser les Pokémon, c'est trop mainstream, découvrez les joies de la chasse aux démons.

Test
Les Européens ayant pu tâter un vrai Shin Megami Tensei doivent sans doute se compter sur les doigts d'une main de Django Reinhardt. Il faut dire qu'Atlus, non content de ne toucher qu'un public de niche, aura rarement fait des efforts de localisation mémorables sur ses quelques productions PAL. Ajoutez à ça toute une prolifération de séries dérivées, et on obtient une licence dont les titres originaux n'apparaissent plus que comme d'obscures reliques dont le principal intérêt aura été de populariser Persona. Un crime de lèse-majesté que SMTIV compte bien réparer. Au programme : néo-Tokyo, fusion de démons, pourparlers, game over, game over, game over...

Mikado empoisonné

Malgré son trop plein de bonne volonté et son honneur d'aîné primordial à défendre, il ne viendra à personne l'idée d'affirmer que SMTIV démarre en fanfare. La cinématique d'intro tristounette, le pitch de samurai touché par la grâce, le meilleur pote qui pue la trahison et le sapin à des kilomètres à la ronde... Autant d'éléments qui, mis au service d'un château subdivisé de partout en fonds d'écran sans intérêt, font franchement mauvaise figure. Il faut bien l'avouer, avec ses castes caricaturales et ses habitants insipides, le prologue fait peine à voir. A l'image du royaume de Mikado lui-même, à peu près aussi généreux que le biscuit éponyme.

Voilà le prix à payer pour chasser en toute impunité dans les profondeurs du Naraku, ce donjon lugubre qui abrite les démons les plus malfaisants. Une caverne secrète qui mènerait selon toute vraisemblance au pays des Unclean Ones, la terre mythique de ceux que l'on nommera affectueusement les crados de Tokyoïtes. Heureusement, apprendre que les légendes désuètes sont toutes vraies et que des créatures monstrueuses arpentent les souterrains de la ville depuis des décennies ne surprend pas outre mesure le héros ni ses compagnons d'infortune. Ils étaient probablement plus occupés à peaufiner leur coiffure extravagante qu'à se forger une personnalité.
Shin Megami Tensei IV
Mikado dans toute sa splendeur.

Allô maman bobo

Mais qu'importe, les initiés pourront enfin renouer avec le traditionnel Press Turn Battle que l'on retrouve pratiquement inchangé dans SMTIV. Et ça, ça n'a pas de prix. Du reste, sa fâcheuse tendance à accorder sa bénédiction à ceux qui ont déjà l'avantage devrait déconcerter les néophytes puisque coups critiques et dégâts élémentaires bien exploités sont encore récompensés en tours d'action bonus. Concrètement, il suffit donc d'une erreur insignifiante pour être expédié en croisière sur le Styx, façon accès anticipé. Même les ennemis qu'on a pris l'habitude de massacrer en deux coups peuvent se révéler meurtriers s'ils tapent dans les faiblesses en premier, c'est dire.
Shin Megami Tensei 4
Visuellement, les combats manquent un peu de punch.
Cette propension à devoir rester sur le qui-vive est aussi liée à une nouvelle formule de combat plus axée sur l'offensive. Les dégâts, qu'ils soient reçus ou infligés, sont considérables et les barres de vie ne supportent guère plus de quatre attaques successives. Les subtilités du Press Turn n'étant pas réservées aux adversaires, chaque bataille (boss y compris) est alors systématiquement réglée à vitesse grand V, tel un duel de cauchemar entre deux cow-boys post-apocalyptiques. Le minimum syndical en réalité pour rééquilibrer la balance, surtout maintenant que les gros chiffres améliorent en sus les dégâts suivants et les chances d'esquiver les coups avec un sourire moqueur.

Heaven can Wait

Présenté comme ça, il est maintenant évident que le titre d'Atlus n'est pas là pour servir des histoires d'amour convenues ou d'assommants laïus sur la valeur de l'amitié. Quatrième épisode canonique de la saga, SMTIV fait honneur à ses aînés tant il semble hostile à la vie elle-même. L'atmosphère pesante et les musiques glauques sont les indicateurs d'une mort douloureuse qui guette à tous les coin de rue ; ici chaque pas est un combat loin d'être gagné à l'avance. Car une fois lâché dans le vaste monde, les ennemis surgissent de partout et de préférence dans le dos. Autant dire que dans ces cas de figure, la sentence tombe avec la grâce d'un couperet. Oui, le game over existe encore.

Et après tout, ce n'est pas ce qui pourrait arriver de pire. En danger partout et chez soi nulle part, on n'est jamais accueilli en enfer que pour mieux s'y faire recaler. Il fallait s'y attendre. Charon, bouffeur de pièces, annihilateur de Macca et destructeur d’ego, se fait toujours un plaisir de renvoyer le héros d'où il vient, quitte à avancer un crédit pour extorquer encore plus à la prochaine visite. Sans pitié et jusqu'au-boutiste, SMTIV est un rappel : porter le destin du monde sur ses épaules est un véritable fardeau, une sale blague des Dieux, et pas une "malédiction" à l'américaine synonyme de super-pouvoirs et de spleen au clair de lune devant des adolescentes en rut.
SMTIV : un jeu Atlus
L'atmosphère est lourde à Tokyo...

Un système de jeu plus accessible

En réalité, s'il est sur le papier d'une difficulté égale à celle de Lucifer's Call, SMTIV se veut dans les faits beaucoup plus abordable grâce à un assouplissement de son système de jeu. Le changement le plus notable est évidemment celui de la sauvegarde, désormais accessible à tout moment, mais il faut en outre signaler les monstres visibles sur le terrain ou encore leurs faiblesses indiquées directement en combat sans avoir à passer par des menus supplémentaires. Des éléments bienvenus qui fluidifient grandement la progression, tout comme l'absence de level grinding abusif. Quant aux magatama, ils ont logiquement été remplacés par du simple équipement, plus simple d'utilisation, plus polyvalent dans l'absolu mais moins gratifiant à collecter.
Shin Megami Tensei IV sur Nintendo 3DS
Les stations de métro sont plus hospitalières que la surface.
Les démons, tantôt excessivement conciliants, tantôt rompant les pourparlers de façon incongrue, sont par contre toujours aussi délicats à enrôler. A l'inverse, les mécanismes de fusion gagnent en clarté et se voient grandement simplifiés via l'intégration d'une Cathédrale des Ombres ergonomique – pour une fois – au menu pause. Il faut bien sûr raquer pour réinvoquer ses démons les plus puissants mais ce serait oublier l'aide de Burroughs, le Siri du futur qui hante le bracelet du héros pour lui obtenir des ristournes ou des bonus en tous genre. Une alliée à ne pas sous-estimer puisqu'elle permet en outre d'augmenter le nombre de sorts différents que le héros peut apprendre ; cette démarche passant désormais par les démons eux-mêmes qui, au sommet de leur gloire, se font conseillers en sciences occultes tels des Rupert Giles bubonneux.

Sa majesté des moches

Élitiste, SMTIV ne compte pas seulement sur sa difficulté pour repousser les débutants un peu curieux, il faut aussi faire avec des ennemis insolites au possible. Comme de juste, quand les démons ne prennent pas la forme de déesses indiennes lascives, ils se payent un look souvent plus flippant que stylé. Le bestiaire, incroyablement varié malgré une nette tendance à virer vers le grotesque, le dérangeant ou le délit de faciès, est une réussite constante, même dans les standards de SMT. On regrettera d'ailleurs, qu'il ne s'agisse que d'artworks et non de modèles 3D, ce qui aurait égayé des joutes visuellement trop minimalistes. Devoir accepter des frangins Bogdanov comme coéquipiers, pourquoi pas ? Mais quand on se tape en plus des sorts qui ressemblent à des éclaboussures de paintball sur des dessins qui se dandinent, ça commence à peser.

A ce titre, le dernier né d'Atlus est d'une austérité aberrante. Le Royaume de Mikado déjà mentionné est un exemple parmi d'autres de cette ascèse presque surréaliste qui gangrène le jeu. Il faut dire qu'avec ses noms de lieux empilés les uns sur les autres, le château moyenâgeux fait davantage penser au menu d'un resto qu'à une civilisation parallèle crédible. Et puis il y a aussi ces PNJ, symbolisés par de vieux sprites, pas loin du pixel-art, qui se terrent en cachette dans de petites salles moroses où les seuls éléments en relief sont les bulles de dialogues. Quant aux cinématiques, elles font la part belle aux images fixes avec un zoom arrière histoire de donner le change, comme un bras d'honneur format .gif aux fans de Final Fantasy.
A paraître sur 3DS en Europe : Shin Megami Tensei IV
Incompréhensible.

Comment dit-on « perdu » en Japonais ?

Le constat est d'autant plus troublant que les donjons ainsi que les zones explorables de Tokyo sont réalisés en 3D et servis par une direction artistique au top. Les décors sombres et ravagés de la capitale sont nimbés d'une aura mystérieuse et riches en petits détails qui contrastent avec le cel-shading épuré et halluciné de SMTIII. En terme de préférence, difficile de trancher sur ce qui aurait fait le plus d'effet, mais on est ravi de voir qu'Atlus ait choisi de donner à son nouveau jeu une identité visuelle distincte de celle de son prédécesseur.

On évite aussi en partie les zones à aspect "couloir", un peu trop nombreuses auparavant. En revanche, la map qui regroupe les quartiers de la mégapole réussit l'exploit d'être à la fois terriblement pénible à parcourir et atroce pour se repérer. Des soucis que ne gomment pas les indications obsolètes du journal de quêtes dont les mises à jour se font rares. Entre les déplacements sommaires à Mikado et les errances interminables dans Tokyo, il y avait peut-être un juste milieu à trouver...
Un grand jeu 3DS bientôt disponible !
Les quartiers de Tokyo sont modélisés avec soin.
A moins qu'une telle tâche ne soit justement laissée au héros, obligé de se creuser la tête pour départager ses alliés, trop prompts à pencher en faveur de la loi ou du chaos. Des prises à partie insolvables qui garantissent une ambiance pesante même au sein de ses proches. Ce n'est pas le chemin le plus facile pour façonner un monde à son image mais c'est surtout une très belle occasion de découvrir une histoire pas si prévisible, bourrée de corporations malfaisantes, d'extrémistes religieux et de clins d’œil aux précédents opus.

Après un premier quart convenu, la tension monte et ne retombe jamais, malgré de multiples fins toutes trop vite expédiées. Un véritable épilogue n'aurait pas été de refus, mais c'est aussi ça le charme SMT : un monde impitoyable, une cinquantaine d'heures de souffrances, et une cinématique de fin ingrate. Le plaisir n'aura jamais été aussi paradoxal.

A lire : dans notre dossier Atlus : Les larmes du Vieux Continent, Everred revient sur la souffrance qu'endurent les Européens qui auront dû prendre leur mal en patience pour qu'enfin Shin Megami Tensei IV soit bel et bien annoncé pour une sortie européenne !
17/20
Complètement ancré sur ses positions et ses idées, SMTIV exhale un souffle oppressant, porté autant par des qualités narratives et visuelles que par différents choix de game design, dont pour certains on se serait bien passé. Et pourtant, on pourra pester encore et encore contre cette carte de Tokyo absolument affreuse ou ces combats d'artworks gesticulants et ridicules, mais dans le fond, chacun sait à quoi s'en tenir. Bourreau des cœurs de vie et tourmenteur de conscience, le titre d'Atlus est là pour redonner une étincelle de violence, non dénuée de passion, à l'aventure avec un petit a, celle où on risque sa vie, abandonne ses frères d'arme et regrette ses choix. Une alternative audacieuse pour ceux qui croient encore qu'inviter sa petite amie à manger des super croquettes au boui-boui du coin est le meilleur moyen d'empêcher le monde de s'effondrer.

Commentaires sur l'article

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Tsoalf
Très bon test, j'ai tellement hâte qu'il sorte !
clg123
Le jeu est plus facile que le 3e opus et sinon je suis pas d'accord avec les combats qui manquent de punch au contraire je trouve qu'ils sont beaucoup beaucoup plus dynamiques que les précédents opus sur portable comme les devil survivor, soul hackers ou encore strange journey.
Le character design est assez bien mais il y a des démons assez moches (les nouvelles versions des archanges par exemple), on voit très bien de Kaneko n'a pas travaillé sur cet épisode sinon coup de coeur pour l'ost qui est excellente, d'ailleurs je vais me l'acheter l'ost du jeu.
Shin Megami Tensei est pour moi le RPG de la 3DS loin devant Bravely Defaut .

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17 /20

L'avis de Puissance Nintendo

Parfois archaïque et incompréhensible, SMTIV est surtout une véritable pépite pour les joueurs qui cherchent une aventure aussi dense que difficile.

Jouabilité
Un système de combat punitif mais gratifiant et des améliorations notables en matière d'ergonomie. On se serait par contre bien passé des heures de déambulation sur la map de Tokyo.
Durée de vie
En matière de durée de vie, SMTIV tape dans la moyenne haute des JRPG. Et puisque le jeu se paye même le luxe de dispenser des quêtes annexes...
Graphismes
Des combats d'artworks et des sprites pixelisés qui côtoient des quartiers entiers modélisés en 3D. Pourquoi ?
Son
Bizarroïde et dérangeante, la bande-son de SMTIV participe à l'ambiance de façon spectaculaire.

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