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Deadly Premonition 2: A Blessing in Disguise A paraître sur Switch

Test de Deadly Premonition 2: A Blessing in Disguise (Switch)

Bienvenue dans l'enfer de Le Carré avec Deadly Premonition 2: A Blessing in Disguise

Deadly Premonition est à la base une franchise de jeux d’horreur psychologique en monde ouvert sortie en 2010, développée par Access Games et publiée par Ignition Entertainment en Amérique du Nord, Marvelous Entertainment au Japon et Rising Star Games en Europe. Très inspiré par le travail de David Lynch et son univers étrange de Twin Peaks, le jeu nous avait permis de faire connaissance avec l’agent spécial du FBI Francis York Morgan qui enquêtait dans le premier opus sur le meurtre d’une jeune femme retrouvée suspendue dans un arbre, dans la petite ville de Greenvale. En voici un nouvel épisode qui nécessitera un bon remontant face à un titre qui ne vous fera pas de cadeau.

Test
Ce premier épisode, Deadly Premonition Origins, était disponible sur l’eShop de notre console depuis septembre 2019. C’est donc un grand événement de voir débarquer la suite officielle, après tant d’années et avec la même équipe, pour une sortie exclusive sur Nintendo Switch le 10 juillet 2020. Francis York Morgan est de retour, mais d’une manière particulière. En effet Deadly Premonition 2 se déroule dans deux espaces-temps différents. Vous dirigez l’agent Morgan cinq ans avant le premier jeu, qui, à nouveau, enquête sur le meurtre d’une jeune fille de seize ans, petite fille du plus gros propriétaire terrien de la ville de Le Carré. Il va sympathiser avec la jeune fille du Shérif Local, Patricia Woods, et ce duo va enquêter ensemble. Mais le jeu alterne aussi neuf ans plus tard après le jeu original où cette fois vous prenez le contrôle de l’agent Aaliyah Davis, une enquêtrice du FBI pugnace, accompagnée de son acolyte Simon Jones, un vieux briscard aguerri. Nous avons donc une enquête dont les éléments s’étalent sur quatorze années et qui aurait dû être totalement résolue. C’est une alternance très intéressante entre le Boston de nos jours de 2019 et cette ville de Le Carré en 2005. A nouveau, nous retrouvons un scénario plus que soigné, qui va jouer sur les peurs, saupoudré de Vaudou, Louisiane oblige !

Un prologue proche d'une série de QTE pour poser l'action

Difficile de parler du titre sans créer quelques spoils. C’est avec émotion que nous retrouvons notre enquêteur Morgan, à la retraite, en 2019, pas franchement dans le meilleur état physique. S’il se montre toujours aussi perspicace, nous constatons que son état mental n’a pas évolué dans le bon sens, il souffre toujours autant de trouble de la personnalité multiple, voyant un personnage que les autres ne voient pas. Face à l’agent Davis, la rencontre fait des étincelles. Troublée, elle se demande comment obtenir des informations de sa part, partagée entre l’admiration face à un enquêteur chevronné ayant résolu des affaires semblant impossibles ; et de l’autre consternée par l’état de santé physique et mentale d’une personne fatiguée qui s’est résignée d’une certaine façon à la mort.
Pourquoi une telle rencontre générationnelle ? L’affaire des meurtres de la ville Le Carré, une affaire sur laquelle l’agent Morgan a enquêté et résolu l’énigme. Une affaire non classée en fait car il manquait un aspect : retrouver le corps de la jeune fille assassinée, dérobée dans la chambre froide avant de pouvoir être autopsié, un vol dont les premiers indices montrent de troublants aspects surnaturels. Aussi, quand un matin de 2019, ce corps est retrouvé congelé dans une chambre frigorifique, un corps resplendissant dont les membres ont été soigneusement découpés, l’ensemble étant pris dans un bloc de glace et trônant au centre du hangar, ce fut un choc pour le département de la police locale, qui en retraçant l’identité de la victime, a compris qu’il avait soulevé du lourd et qu’il fallait confier le dossier au FBI.

C’est ainsi que l’agent Davis, assisté de Simon Jones, se retrouve sur cette affaire et quoi de mieux que de se confronter à l’agent Morgan, ou ce qu’il en reste, pour comprendre ce qui a pu échapper à l’époque à cette légende des enquêteurs. Est-il possible qu’il n’ait pas tout dit ? Comment a-t-il fait pour résoudre toutes ces énigmes seul ? Pourquoi était-il toujours là où se déroulait les pires histoires ? Et si….et si il n’était pas si clair que cela ?
Par le jeu d’un interrogatoire, nous allons revenir sur d’anciennes affaires qui vont éclairer certains pans de la personnalité de Morgan. Pourquoi a-t-il peur du rouge ? Pour chaque objet ou détail repéré dans une pièce, vous avez le choix d’observer l’élément (phase réflexion personnelle) puis de l’utiliser (phase action, et dans le cas d’un interrogatoire, pour poser une question précise en lien avec cet élément à la personne sollicité).

Selon vos propres réponses, cela influencera la tournure du dialogue, vous permettant d’obtenir de nouveaux indices et d’avancer ainsi dans l’histoire. Vous avez également la possibilité de lancer une faculté de profiler, le 3e œil, faisant virer l’entourage en rouge pour faire ressortir de nouveaux éléments qui y seraient cachés. Attention, cette faculté est à utiliser sur un temps limité mais se recharge toute seule avec le temps (ou en prenant quelques friandises).

De l’or en barre pour l'enquête

Dès le lancement de ce prologue, vous percevez que vous avez un gros gros titre entre vos mains. Si le scénario s’inspire toujours autant de certains éléments d’œuvres de David Lynch ou même d’X-Files pour certains aspects de l’ambiance, vous êtes vraiment capté par le jeu. C’est clair, nous n’avons pas vu la première heure tellement nous avions l’impression d’être dans un film, le générique à la James Bond ne faisant que renforcer ce ressenti, on comprend pourquoi le réalisateur imaginait dans le passé une suite des aventures de l’agent Morgan, mais pas obligatoirement sous le format d’un jeu vidéo.

Personnellement, j’ai pris autant plaisir à prendre en main ce jeu dans les premières heures qu’à parcourir l’univers de Breath of the Wild en prenant tout mon temps. C’est un très bon jeu, et pour un titre exclusif à la console Switch, on aurait pu avoir un sérieux candidat pour devenir un nouveau hit du genre, à condition d'être sensible à son univers et à accepter des tares techniques.
En replongeant dans les souvenirs de York, vous voilà prêt à revivre l’enquête de 2005 et à parcourir la ville de Le Carré. Trou perdu de la Louisiane, la venue d’un membre du FBI fait déjà l’objet de toutes les conversations. Et on peut dire que l’agent Morgan croise une belle brochette de personnages anxiogènes : une femme veuve depuis dix ans qui squatte la seule piste de Bowling, un géant travaillant dans les chambres frigorifiques à l’intelligence d’un enfant de milieu de primaire, un hôtel où un employé semble cumuler tous les rôles, une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche et fan de sitcom, le Shérif de couleur un peu dépassé par les événements, une mère enfant qui recherche sa poupée, un fossoyeur qui écoute les voix du ciel ou un barman qui ne jure que par la propreté de son slip… même si la ville n’est pas très grande, chaque rencontre vaut son pesant de cacahuètes. L’agent Morgan est comme un poisson dans l’eau, lui qui se parle à lui-même, capable de converser avec un personnage d’un tableau, ou montrant sa connaissance encyclopédique du cinéma.
Un background très travaillé même si parfois un soupçon cliché, nous avons relevé cependant un petit anachronisme dans la bouche de la jeune Patricia, sur l’utilisation courante d’Internet ou des jeunes sur leurs téléphones alors qu’on est en 2005. Pour le reste, c’est du tout bon, votre chambre à l’hôtel Casa Pineapple vous permet de vous reposer, manger, prendre votre douche (du moins il faudra résoudre une mini-quête pour obtenir l’eau), laver votre linge et vous raser, car même dans ce trou perdu de Le Carré, il est important de toujours paraître propre pour faciliter les conversations.

En parlant avec les PNJ, vous vous faites connaître de la population et cela vous permet d’avancer dans votre enquête principale, autour d’une nouvelle drogue se diffusant dans tout le sud du pays, la résolution du meurtre étant un bonus qui s’est ajouté au planning de York. Le Bar Alexus est aussi un lieu de confidence idéal pour récupérer des informations, ou tout simplement pour se défouler sur l’unique piste de bowling, un petit coup de main étant nécessaire au départ pour réaliser le strike.
Peu à peu, vous allez débloquer divers lieux, la plupart n’étant ouverts qu’à un horaire bien défini. C’est d’ailleurs un petit grief que l’on aura concernant le gameplay, l’obligation d’attendre le bon horaire pour pouvoir avancer sur une étape de notre quête principale et de trouver un moyen de tuer le temps autrement. Même si rien ne presse, chaque journée de présence dans la ville nous coûte une petite somme en frais d’hôtel et comme nous ne sommes pas riches comme Crésus, mieux ne vaut pas s’éterniser. Si on veut réduire les coûts, il est possible d’investir dans un sac de couchage et de passer la nuit à la belle étoile. Nous en reparlerons un peu plus loin, les nuits sont assez agités, il va falloir choisir son lieu de couchage si l’on veut être encore vivant au petit matin.
Au niveau de l’enquête, vous allez enchaîner de petites missions avec des indications sur la carte sur la distance vous séparant de ces emplacements. Vous pouvez courir, ou opter pour le skateboard (touche Y), seul reste de votre voiture volée, le côté amusant est que la jeune Patricia vous suit partout. Sur un lieu, si une icône rouge apparaît, c’est que cela va enclencher un élément important pour faire avancer votre mission principale ou une de vos quêtes annexes. Si le prologue gère la sauvegarde automatique, pour la suite de l’aventure, vous pouvez opter pour des sauvegardes manuelles en dénichant l’un des nombreux téléphones présents dans la ville, les sauvegardes automatiques s’effectuant toujours.
Chaque discussion vous permet de glaner certaines informations sur les différents protagonistes de l’histoire, et le mur de votre chambre va se couvrir de vos recherches, un peu à la manière des films américains où l’on voit l’équipe d’enquêteurs tentant de reconstituer les liens entre les personnages pour dénouer le nœud de l’énigme.

Il est important de tenir la forme

L’horloge tourne relativement rapidement quand vous êtes en extérieur, il faut donc surveiller votre jauge de faim, de fatigue, de concentration. Des distributeurs vous permettront d’acquérir quelques friandises, deux restaurants (en plus de votre hôtel), vous permettront de déguster les plats locaux, et même quelques cocktails vitaminés.

Attention cependant à ne pas trop forcer sur l’alcool pour ne pas être saoul. La plupart des lieux sont non-fumeurs, donc pour s’en griller une et récupérer de la concentration, il faudra le faire dehors. Idem pour le café et les sucettes, péchés mignons de York, qui permettront de récupérer de la concentration.

Cette concentration sert à activer le pouvoir du 3e œil, une capacité spécifique pour détecter de petits objets dissimulés dans les alentours. Vous les verrez alors sur votre radar d’environnement pour les ramasser.
Vous ne pouvez emportez sur vous que 30 items. Mais heureusement, le reste peut être stocké dans des malles, connectées entre elles. Il suffit d'arriver sur une malle présente dans un lieu pour prendre ce qui vous intéresse et reposer ce qui vous encombre. Un principe déjà utilisé sur d'autres jeux et très utile ici.

Louisiane = Vaudou obligatoire

C’est un passage obligé et on peut dire qu’au sein de la ville de Le Carré, on va être servi sur le sujet. D’abord, une boutique dédiée aux objets vaudou a pignon sur rue. Son propriétaire, The Mirror, vous proposera des quêtes annexes, vous permettra d’acheter des objets utiles et surtout vous donnera l’accès à la fabrication d’amulettes et de poupées.

Véritable jeu dans le jeu, ces quêtes sont une justification des nombreux matériaux que vous allez repérer dans le décor (sorte de petit point blanc scintillant) apportant des queues de lézards, des perles etc… Chaque amulette, pour être confectionnée, nécessite une certaine quantité d’éléments à collecter un peu partout et sont aussi une justification à divers succès intégrés dans le jeu.
Chaque succès vous propose de parcourir une certaine distance, d’abattre une quantité de chiens errants, des crocodiles et même des écureuils ! Mais pourquoi ces petites bêtes ? Les écureuils sont des voleurs et s’ils s’approchent de vous, ils vous dérobent l’un des objets en votre possession. On fera donc fi de la ligue de protection des animaux pour éliminer ces rongeurs, récupérer leur queue et ainsi confectionner des objets aux pouvoirs magiques.

Lorsqu’une amulette est créée, vous l’achetez et cela active les autels. Des sortes de sièges statues assez effrayantes, connectées les unes aux autres, qui vont permettre d’améliorer les capacités de vos armes mais aussi vos propres capacités physiques. Vous pouvez étoffer les capacités de vos autels, moyennant finance.
Gadget ? Que nenni, vous allez vite vous rendre compte que derrière la façade de rigueur, le mal est bien présent dans les fondations de la ville, en particulier si vous avez le malheur de vous promener seul dans les rues entre minuit et 6 heures du matin. On vous laisse la surprise.

Mais c’est important car pour pouvoir dormir à la belle étoile, il faudra trouver des lieux sanctuaires, créant un périmètre où aucun esprit malveillant ou animal sauvage ne pourra rentrer pour vous attaquer. Il faut bien cela car cela serait dommage d’être réveillé par une attaque d’un saurien. Attention cependant, les nuits sont fraîches, vous pourriez attraper froid, il faudra avoir quelques médicaments sur soi pour se soigner.


Très vite, vous comprenez qu’un esprit vous guide dans votre enquête : l’oracle. Après avoir résolu quelques quêtes en comprenant ses paroles alambiquées (ne craignez rien, York est un champion de l’interprétation, on regrette être un peu spectateur dans ces phases), vous allez avoir une révélation, l’accès à des visions prémonitoires et surtout l’accès à l’autre monde.

Dans ce monde étrange, vous serez soumis aux attaques de nombreux ennemis. Un gameplay pas totalement convaincant car il y a de nombreuses redites dans le design des personnages, un espace de jeu qui aurait mérité plus de soin car on a trouvé ces phases parfois pénibles mais surtout en creux par rapport au reste de l’histoire. Mais elles sont nécessaires pour atteindre le combat contre le boss, un combat qui en cas de victoire se soldera par une arrestation dans le monde réel.

Pour tuer le temps, des entractes sont prévues

En débloquant la carte, vous allez pouvoir mettre en évidence des lieux importants mais ces lieux sont accessibles à des horaires bien précis. Vous pouvez donc tuer le temps en allant dormir, en mangeant, en allant fumer ou en réalisant des sous-quêtes comme abattre des animaux.

Pour ce faire, il faut récupérer une arme (non léthale) suffisante pour faire face à des crocodiles et avoir toujours des munitions sur vous. Pour viser, on dégaine avec ZL et on tire avec ZR, on constate que la visée est relativement aisée et que l’orientation de la caméra avec le stick droit s’est bien améliorée par rapport au premier opus.

Tapez le carton pour massacrer x animaux et remplir votre carton de succès pourra vous occuper pendant des heures et des heures. Avis aux amateurs souhaitant compléter le jeu à 100%, il y a de quoi faire.
Sur certains aspects, nous retrouvons le gameplay du premier titre. Le premier opus était un monde ouvert de grande taille nécessitant de prendre régulièrement la voiture pour le parcourir, Le Carré est plus réduit mais vous devrez arpenter la ville dans tous les sens en skate. Il faut aimer passer son temps à naviguer, cela pourra lasser des joueurs. Mais c’est aussi un bon moyen de doser votre temps, le déplacement en courant étant beaucoup plus long (et salissant pour votre tenue) qu’un déplacement en skate.
Même si vous souhaitez opter pour la résolution d’énigmes le plus rapidement possible, les plages horaires vous bloqueront obligatoirement dans votre quête principale, alors n’hésitez pas à tester quelques mini-jeux inclus. Avec votre skate, outre se faire quelques rampes de saut, vous aurez un peu plus loin dans l’histoire des épreuves contre la montre.

Le bowling sera aussi une activité pour vous perfectionner. Le « Bayou Ride » vous propose de descendre la rivière et de tirer sur des cibles et des alligators tel un rail shooter. Mais vous pouvez opter aussi pour un instant de calme, en faisant faire des ricochets à votre pierre, en appuyant au bon moment sur le bouton juste au moment où votre pierre va toucher l'eau. Des phases purement récréatives à la réalisation mitigée. Cependant, en battant quelques records, vous pourrez récupérer en récompenses des trousses de soins et des flacons d'antipoison. C'est toujours utile !

Un jeu techniquement toujours en retard

Techniquement, on pourra faire la fine bouche. Même s’il y a du mieux par rapport au premier opus que l’on peut trouver sur l’eShop, qui il y a dix ans accusait déjà d'un certain retard technique, ce nouvel opus reste toujours aussi faillible techniquement. Les personnages gardent encore une certaine raideur dans leurs mouvements, les visages ont un style graphique loin d’être au top (mi-Borderlands mi modélisation 3D classique de l'époque Xbox 360 ou PS3). Pire, la plupart des PNJ que l’on croise sont figés. On tourne autour d’eux sans que cela ne change quoi que ce soit et d’ailleurs vous ne pourra pas parler avec eux. Cela nous rappelle certaines phases des Tex Murphy dans Under Killing Moon, une ambiance travaillée mais une présentation très statique.
Cependant, tout est très travaillé dans l’ambiance, les éclairages, le décor, et la musique, pour vous immerger dans l’histoire et finalement ne pas prêter trop attention à ces quelques lacunes techniques.

Le jeu alterne un cycle jour/nuit, avec les éclairages qui apparaissent dans les rues et dans les logements (même si on peut sonner à une porte d’une maison éclairée et nous voir indiquer que ce n’est pas la bonne heure car il n’y a personne, il faut croire qu’ils sont tous équipés d’un éclairage simulant la présence).

Il y a de l’aliasing mais surtout un certain clipping. Il n’est pas rare de voir certains éléments du décor apparaître brutalement à notre approche (un passant, un arbre, un animal), rappelant un peu les phases de promenade de Little Friends Dogs & Cats. Donc sans être au top de ce qui se fait actuellement, on peut saluer le gap technique nettement plus abouti pour ce second opus par rapport au premier, le jeu n'est clairement pas laid mais un peu fade dans certaines représentations, surtout en extérieur.
Là où on peut être beaucoup plus déçu, c'est par l'impression de parcourir une ville vide de ses habitants. D'accord, elle vient d'être marquée par le meurtre d'une jeune fille de seize ans suivant un rite sacrificiel particulier et comme le grand-père est le magnat local, on peut comprendre que chacun évite de sortir, mais parcourir la ville en courant, en croisant une fois de temps en temps une personne, c'est tout de même très léger.

Et si au départ, on faisait attention pour traverser la rue, vous n'aurez aucune chance de vous faire renverser. A ce niveau, c'est donc une déception (mais Breath n'était pas très vivant non plus dans son monde ouvert) car on trouve les ficelles un peu grosses pour faire passer la pilule technique en 2020, car notre course n'est pas franchement fluide.

York parcourt la ville avec son skate et on peut s'étonner que ce moyen de locomotion reste le seul possible dans l'ensemble du jeu. Pratique sans être fun, ces passages nombreux se doublent d'un bruitage médiocre. Heureusement que le reste est bien plus réussi au niveau sonore.
Là pour ce type de quête, on a encore du mal à avancer !

Enfin, on ne peut taire quelques bugs qui on l’espère, seront corrigés rapidement lors du lancement du jeu le 10 juillet. Nous avons connu un gros plantage en entrant dans la zone rouge (touche X) nous permettant d’accéder à notre journal, nos statistiques et gérer nos paramètres. C’est notamment en voulant régler notre visée que le jeu s’est figé (avec grosse accélération du ventilateur de la console). Seul moyen, couper la console et effectuer un redémarrage.

Nous avons rencontré également un autre blocage après la résolution d’une énigme essentielle. Là, un simple arrêt du jeu puis une relance nous a permis de reprendre le cours de notre partie, la sauvegarde ayant bien été effectuée. Il n’est pas toujours évident de parler à Patricia et certains dialogues reviennent trop souvent. Enfin, si la plupart des textes ont bénéficié d’un doublage vocal pour la quête principale, les autres sont remplacés par de simples bruitages, cela fait bizarre. Le texte est entièrement en français, en revanche les voix sont en anglais.

Un gameplay à mieux doser

On sent que l'équipe a clairement oscillé entre volonté d'en faire un jeu et souhait de décliner une œuvre cinématographique. Si nous avons clairement beaucoup aimé le préambule pour poser l'histoire, certains pourront trouver la mise en route un peu longue. A propos du lancement de l'histoire, le personnage s'adresse à nous comme si nous étions son double mental, sur un fond noir. Ce n'est pas un plantage du jeu, il faut appuyer sur la croix gauche pour activer la réponse et poursuivre le jeu.

N'oublions pas que les œuvres de David Lynch prennent le temps d'installer leur climax et de distiller leur venin pernicieux petit à petit, Deadly Premonition 2 est de cet acabit. Si vous êtes plutôt GTA, ou si pour vous une enquête doit se mener tambour battant avec un humour à la Bad Boys 3, ce n'est clairement pas un titre pour vous. Le tempo en lui-même est plus lent que le premier titre. N'oublions pas que nous vivons l'histoire au travers des souvenirs d'un homme malade, déconnecté d'une partie de son monde actuel.
Personnellement, j'ai vraiment beaucoup accroché au jeu en regrettant tout de même cette faiblesse technique et surtout les temps de chargement qui cassent un peu le rythme, dès lors que l’on veut entrer ou sortir d’un lieu. Vous le verrez au bout de 7 à 8 heures de jeu, ce petit affichage présentant l’arbre avec des feuilles rouges tournoyantes, vous l’aurez en horreur. Des mini-quêtes sont un peu tirées par les cheveux pour nous faire patienter avant d'aller plus loin (ah... la recherche du riz !), un peu trop d'aller-retours dans une ville un peu vide et une nuit littéralement mortelle, tout le monde ne sera pas fans de ce parasitage de l’action principale, l’enquête étant vraiment de qualité.
Une mise à jour va théoriquement gommer certains problèmes techniques, nous avons eu l'occasion d'en voir passer une déjà, d'autres devraient suivre, même si les développeurs ont déjà indiqué que rien n'était prévu pour corriger un framerate en dent de scie. Nous remercions Nintendo pour nous avoir fait parvenir un code pour tester ce jeu sortant le 10 juillet et qui mériterait une édition physique (ou une compilation regroupant les deux opus).
15/20
Bienvenue au pays des barjots ! Avec un personnage principal toujours aussi étrange, une agente du FBI qui souhaite secouer un peu tout le monde et son acolyte qui pense surtout à ingurgiter sa prochaine Pizza, on est loin d'être avec une équipe de rêve. Deadly Premonition 2 va à nouveau diviser le public et les critiques, comme le premier. Mais il va à nouveau se créer une communauté de fans qui vont adorer ce titre. Pas sûr que ce titre soit un succès commercial, en raison de ses failles techniques mais aussi par son univers particulier. A notre niveau personnel, ce fut un coup de cœur tout en pestant sur les temps de chargement et les contraintes horaires.

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15 /20

L'avis de Puissance Nintendo

Une phase enquête vraiment de haute tenue contrebalancée par quelques errements de gameplay faillibles. Le cocktail final est mitigé même si nous restons sur un aspect majoritairement positif. Le background est soigné, les personnages rencontrés collectionnent les tares les plus glauques et seule une enfant paraît plus censée que les adultes. Un titre exigeant, à plusieurs niveaux de relecture, qu'il faut prendre le temps de déguster. Allez, on vous laisse pour retrouver notre Xavier en slip (le personnage du jeu, pas notre rédacteur en chef) et déguster son cocktail maison du jour.

Jouabilité
Les commandes répondent globalement bien et la difficulté est progressive. En revanche, vous trouverez pénible le chargement obligatoire pour entrer et sortir des bâtiments, car parfois assez long. Et les plages horaires sont des contraintes. Même si on est dans un monde ouvert, nos interactions avec les autres personnages sont très limitées et on regrette aussi de ne pas pouvoir escalader certains éléments. C'est bien beau d'avoir un silo avec une belle échelle devant nous et un personnage incapable de grimper dessus (à moins d'avoir peut-être résolu l'une des mini-quêtes annexes). Ces mini-quêtes ne sont pas toutes passionnantes, on a parfois l'impression d'être pris pour un jambon et de devoir tout faire par nous-même.
Durée de vie
Comptez une vingtaine d'heures pour la quête principale et beaucoup plus pour effectuer l'ensemble des quêtes annexes ou remplir l'intégralité de votre carton de succès. Attention cependant, plus vous restez dans la ville, plus cela vous coûte cher en frais, trouvez des astuces pour effectuer quelques économies, récupérer de l'argent liquide. A noter que les gens bronzés bénéficient de réductions, pensez y !
Graphismes
C'est le point faible du jeu. Les décors oscillent entre le bon et le franchement pas terrible au niveau des textures employées, mais c'est surtout l'impression de vide des extérieurs qui en ressort. Dans les lieux intérieurs, le travail est tout à fait correct. En revanche, la gestion de la végétation en extérieur tourne assez vite à la bouillie de pixels, dès lors que vous vous enfoncez un peu dans les buissons ou dans les cultures. La modélisation des personnes a facilement dix ans de retard. Si vous avez joué à The Last of Us 2, ça va faire mal. Pourtant, malgré ce côté oldie, il se dégage quelque chose du jeu qui nous a séduit. Et puis, on a tellement de jeux en pixel art sur la console qu'on ne va pas casser le jeu uniquement sur cet aspect old school graphique.
Son
Bonne ambiance musicale, un peu jazzy. Les sons en revanche sont un peu en retrait (bruit de tirs, effet de roulement avec votre skate). On apprécie le doublage vocal en anglais, d'un bon niveau. Mais heureusement que nous avons des sous-titres en français.
Intérêt
Un titre qui va diviser, c'est certain. Pourtant il est truffé de références culturelles qui en font un met de choix pour les amateurs cinéphiles, avec un gros travail sur le background. Mais hélas, certains partis pris graphiques et techniques détériorent le plaisir du gameplay. On oscille entre être un spectateur dans des phases de gameplay au développement intelligent (comme l'interrogatoire du prologue ou le décryptage des paroles de l'oracle) et des phases bourrines actions et des allers-retours incessants d'un point à un autre, en suivant une liste de missions imposées sans beaucoup de marges de manœuvre. On pestera sur ces nœuds d'étranglement scénaristiques, nous obligeant à patienter alors que l’adrénaline tourne à flot après avoir réussi à débloquer une étape importante. Enfin, notre arrivée dans l'autre monde nous a un peu déçu, très redondant, on espérait un peu plus de variété et de climax à ce niveau.
Ergonomie
Trop de temps de chargement, des bugs, des missions dont on n'a pas encore pigé toute la méthode malgré les explications, le jeu est exigeant. On dirige un membre du FBI après tout et on n'arrête pas de nous dire que c'est un dur métier. Bref, on en bave pour avancer. Le jeu n'est donc clairement pas facile et passé les cinq premières heures de pur plaisir, on doit faire face à un ventre mou avec des déplacements incessants et des contraintes horaires qui hérissent un peu ! On est ravi de pouvoir enfin avancer en débloquant une nouvelle étape.

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