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Vers un coup d'arrêt du piratage ?

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Hong Kong est une plate-forme internationale, un lieu de rencontre incontournable pour tous les pirates du monde entier. En 1997, les Etats-Unis mettent la ville sous haute-surveillance, provoquant comme un onde de choc dans les milieux politico-économiques. Hong-Kong serait-elle devenue un modèle à suivre en matière de lutte contre le piratage de logiciels ?

Un nouveau centre d'intérêt.

C'est un élément négatif, pour ne pas dire LE point noir de toute l'industrie des loisirs : le piratage s'est imposé ces dernières années comme un élément majeur des négociations entre ministères de l'Economie des grands pays industrialisés, tandis que certains pays très touchés par ce fléau prenaient des mesures d'envergure, au même titre que les éditeurs eux-mêmes, touchés de plein fouet.

Nous allons nous concentrer sur le cas de Hong-Kong, cette ville qui vibre 24h sur 24, qui a pendant longtemps été le point de passage obligé de quiconque souhaitait se lancer dans ce business. On a même entendu certaines anecdotes racontant que des gens se contentaient de faire des aller-retour, les valises pleines de copies illicites de logiciels.

Les temps ont changé, et le laxisme du gouvernement par rapport à ce fléau s'est transformé en haute-priorité pour redorer le blason d'une ville qui avait perdu tout son éclat. Désormais, le piratage industriel n'est plus qu'une affaire classée, passée... C'est dumoins la version officielle.

Une chute de 98% ???

Il faut toutefois reconnaître que la ville a fait des efforts considérables pour changer les choses, pour changer son image. Mais de là à dire que le problème est réglé, il ne faut pas exagérer non plus ! Si l'on en croit les statistiques du gouvernement, les ventes de produits illégaux ont chuté de 98%. Comprenez que l'Etat a pu réduire la fraude dans les zones commerciales qui sont sous son contrôle.

Le problème est en effet qu'estimer le nombre de copies illégales en circulation revient à deviner le nombre de grains de sable sur une plage de Malibu : c'est impossible, et ca n'a pas de sens. On sait que c'est là, mais on ne sait pas exactement combien d'unités ca représente. Pour ses statistiques, il a fallu se baser sur des statistiques calculées un an et demi plus tôt, selon lesquelles 1000 magasins revendant des logiciels pirates reconnaissaient disposer de 5000 copies en moyenne, avec 18 heures ouvrables quotidiennes.

On pouvait tout trouver dans ces échoppes, du jeu vidéo au video-cd. En trois ans, le nombre de magasins a diminué de 90% environ, tandis que le nombre de copies a été divisé par cinq. Cela explique les statistiques de Hong Kong, mais ne reflète pas vraiment la réalité. Pour vous en rendre compte, marchez dans les rues de la ville et comptez le nombre de personnes qui vous proposent des CD/VCD/DVD bon marché. Il est très difficile de contrôler ces vendeurs ambulants qui opèrent dans la plus grande clandestinité : ils changent de quartier en permanence afin de ne pas faire face aux authorités.

Alors même si on peut critiquer en multipliant les arguments les chiffres officiels, il faut reconnaître une chose : trouver des produits informatiques illégaux est moins facile que par le passé. Une fois ce constat fait, comment peut-on alors expliquer ce revirement de situation dans la facon dont la crise a été gérée ?

Le coup de gueule américain

En 1997, les Etats-Unis décident de placer Hong Kong sous haute surveillance, avec des sanctions économiques à la clé, pour "violation d'accords commerciaux". Alors forcément, avec une telle épée de Damoclès pendant dangereusement au-dessus de son taux de croissance, les politiques de Hong Kong se devaient de réagir. Et vite.

Une équipe a alors été mise en place pour lutter contre le fléau et rendre son sourire au ministre du commerce américain. En conséquence, en Février 2000, les Etats-Unis ont supprimé Hong-Kong de leur liste noire.

Et Nintendo dans tout ca ?

Il faut reconnaître que Nintendo a toujours bénéficier d'une certaine protection par l'utilisation des cartouches. Mais le fabricant a décidé de passer au support numérique qu'est cette petite galette de plastique, s'octroyant ducoup l'attention des professionnels de la contre-facon de la planète en général, et de Hong Kong en particulier, la ville où il est facile de se procurer des Z-64 ou des doctor 64, des périphériques prenant place entre la Nintendo 64 et un simple PC.

Est-ce que Nintendo tombe dans un piège dans lequel Sony ne se sortira pas avec la PS2 ? On peut en douter, car le format de Nintendo reste un format particulier : une galette de 8cm, avec un diamètre moins large que les DVD classiques, donc plus difficiles à reproduire sans un équipement coûteux. Cela aura au moins le mérite de limiter la fraude artisanale, quant à la fraude industrielle.

Nintendo devra donc dépenser dans la lutte contre la contre-facon les deniers économisés par le choix d'un support de stockage qui facilite la duplication de l'information. En même temps, il faut reconnaître que les Etats incriminés auront de leur côté amélioré leurs techniques de lutte et constitueront ainsi des alliés aussi efficaces que bienvenus.

Une menace réelle

Sans vouloir jouer les moralisateurs, on peut dire que le piratage... c'est mal. Ca n'a en effet qu'un point positif à court-terme : l'impact sur votre compte bancaire. Mais si on laisse le phénomène se répandre, s'amplifier, par une politique de tolérance, on commet une grave erreur en courant vers une situation telle que c'est contraint et forcé que vous ferez des économies : il n'y aura plus d'éditeurs du tout.

Evidemment nous n'en sommes pas encore là. Il y a un vrai danger de voir le secteur dépérir par manque de revenus, dû non pas au manque de productions de qualité, au contraire, mais tout simplement au fait que les joueurs ont accédé trop facilement à une copie du logiciel, avec l'absence de droits d'auteurs, le non-respect des copyrights, et j'en passe.

Au-delà de l'information auprès du public, qui doit comprendre que payer ses jeux, c'est aider le secteur tout entier à survivre et à progresser, il faut aussi changer le contexte législatif, en essayant de l'uniformiser d'un pays à l'autre : chacun a actuellement un peu tendance à interprêter la notion de copyright comme bon lui semble, compliquant à l'infini les prodédures à l'encontre des fraudeurs.

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