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2016 : Vers la lente mort du jeu sur console ?

Chiffres de ventes, études, une succession de données semblent confirmer le déclin du marché console et une hausse du jeu dématérialisé mobile avec son économie « free to play ». 2016 semble être l’année de tous les dangers pour Nintendo qui se lance à la fois sur mobile et sur la NX.

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Entre le constat chiffré lors des résultats financiers des nouveaux studios sur mobile, les retournements stratégiques de certains éditeurs anciens et des études confirmant l’érosion des consoles pour un mouvement vers le mobile, la question peut se poser objectivement. 2016 sera l’année de tous les dangers pour les constructeurs traditionnels du jeu vidéo et c’est Nintendo qui va avoir le redoutable honneur de faire feu le premier pour répondre aux nouvelles cartes du marché.
Probablement jamais autant n’avons-nous parlé de déclin des consoles de jeux vidéo par rapport aux smartphones et c’est ce qui est inquiétant. Même les journaux généralistes, comme le Monde, se sont emparés du problème qui touche fortement le Japon et commence peu à peu à s’immiscer sur les autres continents. C’est ainsi que le quotidien a titré un de ses articles : « Jeux vidéo : à Tokyo, le cynisme du “free-to-play” face à la déprime des consoles ».
Un constat sans appel : la production des éditeurs se tourne de plus en plus vers le marché mobile. Parlant du TGS japonais qui s’est déroulé du 17 au 20 septembre, un analyste français basé dans ce pays indique : « C’est incroyable, ce salon devient de plus en plus vide chaque année et pourtant les gens continuent de venir ». Les smartphones semblent avoir le pris le pouvoir dans les décisions stratégiques d’un nombre croissant d’acteurs et d’éditeurs et même une machine ultra-vendue comme la 3DS de Nintendo (presque 20 millions d’exemplaires au Japon), au final, ne présente que peu de titres jouables cette année face au fourmillement du marché mobile. Le constat est encore pire pour la PS Vita. D’ailleurs, Shuhei Yoshida, président de Sony Computer Entertainment Worldwide Studio, le concède volontiers concernant la représentante portable de sa firme : « Le climat actuel du jeu portable étant très mauvais, un successeur de la PSVita n'est peut-être pas à l'ordre du jour ».


D'ici à 10 ans, le marché des consoles est mort (David Jaffe, créateur de la série à succès God of War – décembre 2013)
Le modèle économique des jeux « free to play » (téléchargement gratuit mais bonus payants) semble au Japon devenu le plus attractif, dans une société en pleine crise économique. Les longs trajets de transports ne sont plus occupés par les jeux des consoles portables mais par les dernières créations smartphones. On teste, on jette, l’impression de ne pas dépenser beaucoup dans certaines micro-transactions finit cependant par créer une manne financière appréciable pour certaines sociétés, ce qui attire les grandes sociétés historiques comme Sega, Konami et, il faut le reconnaître, Nintendo.

Le cas de Konami est particulièrement symptomatique de ce basculement des consciences, l’éditeur connaissant pourtant un succès considérable avec son Metal Gear Solid V et se payant un super moteur graphique qui a remis dans la course son Pro Evolution Soccer 2016 face à sa bataille contre FIFA. Las, le président de Konami, M Hideki Hayakawa, n’en a cure et préfère lâcher les joyaux de ses titres consoles pour se focaliser sur le marché mobile : prise de risque minime, investissement dans le développement limité en temps et en argent, il semble plus rentable de jeter un Hideo Kojima et de lâcher un Julien Merceron, l'un des principaux responsables « technologie » chez Konami.
Hideo Kojima, fraichement débarqué de Konami après la réalisation de MGS V, prend quelques vacances dans l'univers du cinéma, univers qu'il affectionne tant et qui a inspiré ses propres productions, jugées trop chères à réaliser désormais.
Julien Merceron quitte Konami après avoir apporté un moteur graphique de grande qualité, qui à part pour les évolutions de Pro Evolution Soccer, ne semble pas prévu d'être repris pour d'autres titres pour le moment chez Konami. Pourquoi rester si les efforts fournis pour renforcer le département console ne semblent plus être dans les priorités de la direction actuelle (selon les propos de M. Merceron) ?

Même si Konami s’est tout de même fendu d’un communiqué pour contredire cet état de fait, indiquant que :
« Notre objectif est de continuer à construire un catalogue de jeux consoles, arcade et cartes pour chaque franchise tout en faisant le meilleur usage possible des périphériques mobiles qui accompagnent nos clients dans leur vie de tous les jours »,
ceci via son service client et non son service communication, il y a nature à s’interroger sur l’avenir des prestigieuses licences lorsque les pères créatifs ou technologiques de ces jeux quittent le navire les uns après les autres, parfois d’une manière particulièrement médiatisée comme ce fut le cas de M. Hideo Kojima. Cependant, pourquoi donner tort à Konami lorsque les bilans économiques sont constants : les fortes licences d’autrefois n’arrivent plus à atteindre les ventes d’antan. Si l’on se focalise sur les licences phares de Nintendo, c’est frappant. Malgré la qualité des derniers Mario (version plateforme ou version kart), les ventes sont célébrées dès que l’on atteint le million d’exemplaires alors qu’auparavant la dizaine de millions était monnaie courante.

Le vent a tourné, le grand public a muté dans son rapport aux jeux. Konami fait construire un immense immeuble baptisé Konami Creative Center dans le très bourgeois quartier de Ginza, Sega se maintient à flots par ses premières réalisations sur mobile et Nintendo signe son accord avec DeNA pour investir à son tour sur ce marché, par pragmatisme et par nécessité, c’est un signe des temps.
Les exemples de succès sur portable ne manquent plus désormais, car outre les Flappy Bird et Candy Crush, on peut noter Puzzle & Dragons qui, depuis sa sortie en 2012, a dépassé les 50 millions de téléchargements au Japon et a attiré Nintendo pour une édition spéciale Puzzle & Dragons Z + Puzzle & Dragon Super Mario Bros Edition.

Autre exemple, Monster Strike, sorte de jeu de flipper teinté de chasse aux monstres, qui téléchargé depuis ses deux années de création à plus de 30 millions de fois rapporte à son éditeur Mixi la colossale somme de 3,5 millions d’euros chaque jour. Que dire récemment de Pokemon Shuffle arrivé sur mobile et du futur et très attendu Pokemon Go ?

Le dernier TGS a vu au concours du "plus grand stand" le titre de Granblue Fantasy de Cygames, développé par deux anciens de Final Fantasy, un JRPG pour mobile et — l’honneur est sauf — pour PC.

Granblue Fantasy JRPG Gameplay Hell Raid28/09/2015

Apple semble bien entendu suivre le mouvement, en appelant de ses vœux le développement de nombreux jeux sur ses plateformes mobiles. À quand un monde où les principaux constructeurs ne seront plus Nintendo, Sony ou Microsoft, mais Samsung, Apple et une galaxie de constructeurs chinois et coréens, dont les terminaux se vendent aujourd’hui comme des petits pains ?

Il va sans dire que des parents s’étant équipés d’un smartphone à 600€ seront moins enclins à investir dans une console portable à 200€ + 40€ minimum par jeu pour leurs enfants, le constat devenant encore plus accablant pour les consoles de salon qui imposent la monopolisation d’un poste de télévision (à ce niveau-là, la jouabilité sur le GamePad de la Wii U n’a pas réussi à faire basculer la tendance en sa faveur, car ce n’est pas vraiment une tablette qui peut s’affranchir des distances avec la console).
Ce n’est pas la publication d’une récente étude, réalisée par le groupe américain NPD, qui va rassurer. Le constat, avec toute la prudence requise dès lors qu’on se pose la question de l’étendue du panel de personnes suivies pour mener cette étude, semble implacable : en 2015 les enfants se sont davantage désintéressés que les années précédentes aux consoles et PC au profit du jeu vidéo sur smartphone.

Ainsi, selon cette étude, 63% des personnes sondés de la tranche d'âge des 2-17 ans ne jouaient plus aux jeux vidéo que sur smartphone (ou tablette tactile). En continuant dans le détail de cette étude, l'ensemble de la nouvelle génération de joueurs sondés n'est habituée qu'à l'achat de jeux ne dépassant que rarement la barre des 10€ quand ils ne sont pas tout simplement gratuits (c'est le business-model du jeu sur smartphone), ce qui indique qu'il sera très difficile de les faire passer ensuite (en grandissant) au jeu sur PC et consoles avec des tarifs bien supérieurs.

Même Nintendo qui a fourni de nombreux efforts en lançant des titres à prix modérés ne retombe pas sur ses pieds. Seul le monde PC, avec son rouleau compresseur Steam, semble pour le moment mieux résister (voire reprendre certaines couleurs en dépit du lancement de la PS4 et de la Xbox One). Quelques données chiffrées à garder en mémoire selon cette étude :
– 63% des enfants jouent à des jeux sur un appareil mobile (smartphone ou tablette).
– 45% des enfants utilisent un PC à la maison pour les jeux, une baisse de 22 points depuis 2013.
– Les consoles de jeux perdent aussi du terrain, 60% des enfants interrogés les utilisent, contre 67% en 2013.
– 41% des enfants interrogés par NPD affirment qu'ils passent plus de temps à jouer à des jeux sur smartphones et tablettes qu'ils ne le faisaient il y a un an (environ 6 heures de jeux par semaine).
D’où l’embarras des constructeurs traditionnels. Sony et Microsoft sont déjà présents comme constructeurs de mobiles mais ce sont clairement les applications Android et iOS qui mènent la danse et non le Windows de Microsoft. Il ne faut guère s’étonner que Nintendo se soit posé la question d’une possible déclinaison Android en lieu et place de son futur OS pendant un certain temps avant de se raviser pour ne pas perdre tout contrôle.

Quel avenir sur les consoles traditionnelles pour Nintendo si la réponse apportée par la future plateforme NX déçoit ou ne rencontre pas le succès ? Et surtout comment proposer une structure matérielle innovante valable pour quelques années quand paradoxalement la presse spécialisée, et au final le public, attend avec impatience chaque grand-messe des annonces Samsung ou Apple pour la nouvelle version annuelle de leurs produits ?


Que de réflexions alors que pour le moment la firme Nintendo se répand en produits dérivés (amiibo sous toutes ses formes, signature pour des parcs d'attractions, goodies peluches ou objets collectors liés à des éditions spéciales de ses titres) pour renouer avec un solde positif de ses comptes financiers.
Heureusement, on voit parfois des témoignages de sympathie entre les anciens grands constructeurs : ainsi, Shuhei Yoshida, président de Sony Computer Entertainment Worldwide Studios dont nous avons parlé en début de l’article, qui durant une interview réalisée lors des EGX 2015 a déclaré que :
parmi les consoles non Sony, la Wii U est la console qu'il préfère et il y joue souvent avec ses filles.


Ou bien Phil Spencer, à la tête de la division Xbox chez Microsoft, qui après avoir salué aimablement le nouveau président de Nintendo, indique lors de la Gamescom 2015 à nos confrères d’Eurogamer :
Sur la Wii U, je pense que les gens (ndlr : et la presse) minimisent le nombre d'unités qu'ils ont vendues. Je possède une Wii U et je peux dire qu’il y a quelques très grands jeux dessus. Splatoon est vraiment un titre agréable et je ne pense pas qu’il y ait parmi les grandes productions actuelles (ndlr : first-party) de titres qui ont la force des IP de Nintendo. Cette compagnie est toujours un guide pour moi quand je réfléchis aux moyens de concevoir un portefeuille de jeux de qualité, ils ont fait un excellent travail.
Hommage régulier envers Nintendo qui pour son année 2016 se lance désormais dans un terrible défi : une entrée réussie sur le marché mobile avec son partenaire DeNA et surtout l’annonce d’une nouvelle génération de consoles. Tous les anciens acteurs du secteur semblent attendre avec grand intérêt les propositions de Nintendo, peut-être pour s’en inspirer si la firme japonaise trouve l’équilibre tant espéré, ou avec des craintes pour l’avenir de leur propre marque si l’entreprise plus que centenaire se loupait dans sa nouvelle déclinaison de console (de salon et/ou portable) censée arriver avec la plateforme NX.

Commentaires sur l'article

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otakuvinz
Pour sûr si l'industrie ne se sort pas les doigts d'où vous imaginez, le jeu sur console est mort !!!
Retournez donc bosser vos concepts et votre créativité au lieu de votre marketing foireux à base de casual gaming et graphisme epouuuuuustooooouuuufllllannnnt !

Franchement quel gâchis, ils ont les uns comme les autres sacrifié l'essence même du jeu sur l'autel de l'argent facile. Qu'ils se ressaisissent ou qu'ils meurent, les joueurs ne veulent plus de leurs soupe infâme de ces dernières temps, rien à foutre du multi plateforme, rien à foutre de leurs énième COD, Fifa et autres FPS qui se suivent et se ressemblent tous. Qu'ils utilisent leur trésor de guerre à autre chose qu'à verser des dividendes à leurs actionnaires. S'il veulent conquérir le coeur des joueur c'est la seule et unique voie possible, s'ils persistent dans cette voie ils se verront engloutis dans le trou qu'ils ont eux même creuser.

Ils ont beau pleurnicher ça n'y changera rien, la merde ça passe mieux quand c'est gratuit, par contre à 70 euros la bouse en période de crise c'est indigeste.

A bon entendeur....
Mµvh773
Le problème c'est que ce n'est pas écrit sur la jaquette si c'est un bon jeu donc même un excellent jeu à 50€ va moins se vendre qu'une appli basique à très bas prix voire gratuite. Il ne faut pas oublier que la première chose que l'on voit d'un jeu (pour beaucoup en tout cas), c'est son prix. La plupart des gens se tournent donc vers les jeux smartphone/tablette beaucoup moins chers et les enfants aussi du coup, sans forcément voir les achats in-app qui guettent le joueur une fois qu'il est dans le jeu.
Niko67000
Depuis des années on parle de la fin des consoles de jeux. Selon certains, elles devaient être occultées par des appareils multimédia comme le CD-i puis par le PC. Finalement elles ont survécu mais aujourd'hui avec les smartphones et les tablettes j'ai bien peur qu'elles disparaissent.

Pour les consoles de salon je pense qu'on aura encore 1 ou 2 générations mais pour les consoles portables, la génération 3DS/PSV est selon moi la dernière. Il est peu probable que Sony lance une nouvelle portable et la NX sera vraisemblablement une console de salon avec un dispositif portable. Donc ce sera la fin des consoles portables telles que nous les connaissons jusqu'à présent.

Je pense également que le JV dans son ensemble est dans une très mauvaise période. Comme dit les gros éditeurs sont juste capables de pondre des suites et d'améliorer les graphismes. Les jeux se ressemblent tous et n'ont plus d'identité. Quand aux jeux mobiles casuals, free to play et avec achats intégrés c'est juste de l'arnaque (et pourtant ça cartonne).
Asqua
on arrive a la fin d une ére là mais celui ci a commencé en 2008 environ , ils devrait donc s etteidre et lassé voir et je pense "j espere " qu il va s améliorer.Le soucis de tout ces chiffre c est qu il vienne d un constat present et du passé "l ére apple et android" dans le futur ils vont forcement rencontré leur maitre.Qui j en sais rien par contre.Mais cette ere smarthphone date de 2008 a mon humble avis il mutera ou mourra en 2018-2019 , a ce niveau je pense une certaine mutation legere pour la realité virtuelle , voir la realite augmenté mais c est peut etre encore tot pour qu on ne possede plus qu un hologramme en poche fixer par une 5g par exemple.Pour les consoles je voit du full demate et ca pour moi c est pas une bonne nouvelle xD, faut vraiment qu il ameliore la dansité des disque dur et des bluray chez sony du 20 terra dd et 1 terra le disque.Apres ca c est dans le cas jeux AAA, mais je pense que ca aussi ca risque de s ecroulé vers la ps5 accause des couts et des tette pensante comme shigeru miamoto, michel ancel, kojima, qui ne se font plus tout jeune et on appercoit que les jeunes ont du mal a reprendre le genie de ses hommes là.Apres je peux me tromper, je l espere du moin ^^.
Ryfalgoth
Je maintiens qu'un crash du jeu vidéo peut à nouveau avoir lieu de part la multiplication et l'abondance de jeux de piètres qualité qui gangrènent le marché du mobile. Plus d'éditeurs se faufilent là dedans et plus on y arrive.
Diddu
Ryfalgoth a écrit:Je maintiens qu'un crash du jeu vidéo peut à nouveau avoir lieu de part la multiplication et l'abondance de jeux de piètres qualité qui gangrènent le marché du mobile. Plus d'éditeurs se faufilent là dedans et plus on y arrive.


L'histoire semble se répéter, car c'est tout de même exactement ce qui s'est produit au début des années 80, quand le marché du jeu vidéo s'est brutalement effondré face à l'abondance de jeux de piètre qualité, avant qu'un certain Nintendo n'arrive avec sa Famicom.
Nesterou
J'ai encore de l'espoir avec le "faites nous confiance, soyez patients" de je ne sais plus qui.
Mais j'dois être bien crédule pour y croire.
Pingoleon3000
Oui Ryfalgoth a raison c'est vers là qu'on va, et puis quoi qu'il arrive le jeu sur consoles existera toujours même de façon marginale tant que le marché mobile restera sur des écrans tactiles, parce que ça ne convient qu'à un petit nombre de gameplay. Le jour où de vrais appareils hybrides comme le NGage ou le Xperia play cartonneront vraiment et où le jeu en streaming ou via des appareils type Apple Tv seront répandus, là les consoles auront vraiment du soucis à se faire. Et encore, l'histoire nous montre que seuls les machines vraiment dédiées sont idéales pour le jeu vidéo, donc je pense que tout ça c'est comme quand on disait que le livre papier allait disparaître, on voit qu'il se porte de mieux en mieux...

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