Test de Constance : Metroidpeinture
Fatigué de la vie quotidienne ? Besoin d’évasion ? Alors plongez dans l’univers de Constance, un metroidvania tout en peinture et en couleurs.
D'un monde à l’autre
Vous incarnez… Constance. Une graphiste en pleine dépression, en plein burn out, qui se retrouve propulsée dans un monde imaginaire. Armée de son pinceau géant, elle va explorer ce monde, aider ceux qui y vivent pour tenter de s’en extirper. Mais le veut-elle vraiment ? Est-ce un monde métaphorique ? Réel ? Autant de questions qui vont amener des réponses intéressantes, tant sur le plan des séquences de jeu que sur le gameplay lui-même.Constance a tout du metroidvania classique. Beaucoup le compareront à Silksong dans son exécution et même si on voit pourquoi, il convient de s’en éloigner, sous peine d’être déçu. Ainsi, on retrouve une animation soignée et faite à la main, un monde gigantesque avec des personnages qui sont anthropomorphes (ou robotiques), des boss et autres gauntlets (ces phases de jeu dans une arène fermée qui fait la taille de votre écran, où il faut battre un certain nombre d'ennemis pour ouvrir la voie). Mais Silksong (ou même Hollow Knight) est loin d’être le jeu à avoir inventé ces mécaniques. Elles sont typiques du genre, retrouvables dans les autres metroidvanias.
La comparaison avec le jeu à l’insecte vient aussi des dates de sortie. Constance est sorti sur Steam l’an dernier, après avoir dévoilé sa démo et marqué les joueurs et joueuses par son univers unique et colorés. Beaucoup ont fait le lien entre les deux titres, issus du même genre, principalement aussi par impatience de se plonger à nouveau dans une grande aventure metroidvaniesque. Toujours est-il que Constance est à prendre comme un titre unique, à l’esthétique très reconnaissable et au style de jeu qui, même s'ils s'agît d'une metroidvania, oscille parfois vers d’autres influences, comme le plateformer difficile à la Céleste ou le point and click pour quelques courtes phases (courtes mais particulièrement mémorables d’ailleurs).
Peindre son monde
Tout l’univers de Constance tourne autour de la peinture. Après tout, le personnage même de Constance est graphiste, ce qui fait particulièrement sens. Ainsi, votre pinceau va vous servir à de nombreuses choses : attaquer, bien entendu ; mais aussi dasher ; activer ou désativer des mécanismes ; et autres actions déblocables au fil du jeu. Vous disposez aussi d'un carnet, dans lequel vous allez pouvoir dessiner des améliorations pour votre personnage. Il faudra alors gérer leur placement, car vous disposez d'un espace limité, découpé en cases. Et chaque amélioration fait une ou deux cases, voire plus, selon ce que vous découvrez. Elles sont d’abord en noir et blanc, façon croquis ou esquisse, et gagne leurs couleurs si vous achetez l’amélioration adéquat auprès d'une des personnages qui croisera votre route. Malin !En fait, Constance regorge de petites idées comme celle-là. La diversité des mécaniques de boss est aussi intéressante, faisant appel à tout un univers mélangé aux capacités de peinture du personnage. Cela donne une certaine profondeur aux environnements et ajoute aussi de la diversité. Cependant, même si les combats de boss sont bien faits, ils sont peu nombreux. Et au final, Constance ne brille pas nécessairement par ses phases d’action.
Le jeu est composé de plusieurs phases : l'exploitation, façon plateformeur, demande une grande dextérité et un bon sens du timing. Il faudra jongler entre les différentes possibilités et pouvoirs pour parvenir sans encombre jusqu'à l’écran suivant. Le jeu n’est pas punitif : si vous mourrez à un endroit (et tant que votre barre de vie n'est pas entièrement vide), vous allez revenir à la dernière plateforme sur laquelle vous teniez debout. Cela a ses avantages, tant que vous avez encore de la vie. Une fois votre barre entièrement vide, le jeu vous propose un choix : retournez à un sanctuaire (une sorte de zone de méditation qui fait office de checkpoint), ou reprendre votre partie, à l’endroit de votre mort, mais avec un malus. Si vous prenez cette seconde option, tous les ennemis seront désormais entourés d'une halo jaune qui vous empêche de les traverser en dashant. Cela ajoute une difficulté supplémentaire, une sorte de défi pour arriver au prochain point de repos.
Un titre riche
Par bien des aspects, Constance parvient à nous surprendre. Certaines phases narratives s’avèrent d'une grande puissance, parfois plus que les zones de path of pain ou d’exploration du jeu. Ainsi, la mise en scène, façon point and click, du burn out de Constance, face à son ordinateur et harcelée de mails et de demandes, est poignante. Et pour votre testeuse préférée, qui est aussi graphiste à ses heures perdues, la séquence est criante de vérité (et sans doute l’un des moments qui restera gravé dans les mémoires).Le bestiaire est intéressant, tout comme les mécaniques de jeu. Ainsi, se transformer en peinture le long d’un mur vertical vous permet de naviguer de haut en bas et d’esquiver certains obstacles. A l’inverse, tout objet ou ennemi recouvert d’un aplat noir et entouré d’une sorte de rayon électrique vous cause des dégâts même si vous essayez de l’esquiver.
Le jeu propose plusieurs façons de parvenir à ses fins. Vous pouvez faire l’intrigue en ligne directe, allant aux différents points d’intérêt noté sur la carte pour obtenir les larmes nécessaire à votre retour dans votre monde (la symbolique est d’ailleurs très intéressante entre les larmes que l’on récupère, le burn out de Constance, etc). Mais il reste de nombreuses zones inexplorées ! Vous avez alors la possibilité d’explorer, de vous plonger dans ce monde et d’en découvrir plus.
Il existe de nombreux collectibles. Plus encore, vous avez la possibilité de prendre des photos, via un polaroid. L’emplacement ainsi que la photo seront ensuite reportés sur votre carte. Ce type de marqueur est très intéressant parce qu’il est tout de suite clair (mais limité : vous ne disposez que d’un certain nombre de photos, achetables en boutique).
Le jeu regorge de petites choses intéressantes en termes de qualité de jeu. Ainsi, vous pouvez ouvrir la carte d’une pression sur le joystick droit. Ce n’est pas l’écran qui change, mais une bulle qui s’ouvre et se place là où elle dérange le moins. Vous pouvez donc continuer de vous déplacer tout en ayant la carte détaillée affichée à l’écran. Par bien des aspects, Constance est un metroidvania intéressant et immersif. On se plonge dans cet univers avec plaisir.
Cependant, force est de constater que ce ne sont pas les combats qui sont les plus attractifs. Malgré une certaine inventivité dans les boss et leurs patterns, les ennemis classiques sont assez similaires les uns aux autres et la diversité est moins présentes que dans d’autres metroidvania. Certaines zones sont entièrement faisables en esquivant les ennemis par exemple. Cependant, Constance prend toute son ampleur dans son plateformer. Un équilibre délicat mais que Constance finit par trouver.













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