News Shigeru Miyamoto
Miyamoto explique le succès de Nintendo : les joueurs d'abord, les tendances jamais
Dans une interview accordée à Famitsu, le créateur de Mario livre sa recette : ne pas courir après les modes, se méfier des logiques de rentabilité immédiate, et partir de passions personnelles plutôt que de viser l'universel.
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Résumé de cette actualité en 5 points :
Voilà une prise de parole qui tombe à point nommé. Dans une interview accordée cette semaine au magazine japonais Famitsu, Shigeru Miyamoto s'est livré sur ce qui fait, selon lui, la longévité de Nintendo. Et son explication tranche joyeusement avec les discours habituels de l'industrie, surtout par les temps qui courent...
Il enchaîne d'ailleurs sur un aveu savoureux : Miyamoto dit détester des termes comme « amortissement » ou « rentabilisation des coûts ». Se féliciter d'avoir récupéré sa mise ou d'avoir dégagé un profit à court terme lui semble à côté de la plaque.
Pire, si l'on a mobilisé et épuisé le talent de dizaines de personnes pour n'aboutir qu'à cela, il estime que c'est un échec retentissant. Sa conviction est nette : à force de se demander si un projet va rapporter tout de suite, on finit par n'accoucher de rien d'original.
Aussi, quand ses équipes viennent lui demander conseil, il n'a qu'une réponse à offrir : façonner son idée de manière à ce que l'on reconnaisse d'emblée la patte de celui qui l'a créée.
Et l'homme a des exemples sous la main. Splatoon, d'abord, né d'un concept aussi simple qu'audacieux : que se passerait-il si l'on peignait une zone pour se disputer du territoire ? Comme nous vous le racontions récemment à propos de Splatoon Raiders, cette philosophie du concept d'abord irrigue encore les équipes aujourd'hui. Pokémon, ensuite, dont les versions Rouge et Vert doivent tout à la passion de Satoshi Tajiri pour la collecte d'insectes, à cette envie d'échanger avec ses amis les espèces qui manquent à la panoplie. Difficile de faire plus personnel comme point de départ, et pourtant.
Là encore, la méthode maison ne consiste pas à observer ce qui existe pour en bricoler une variante, mais à remonter aux fondations. Pourquoi les gens jouent-ils, au juste ? Qu'est-ce qui rend une expérience réellement plaisante manette en main ? C'est de ces questions-là que naissent les concepts.
À noter que dans cette même salve d'interviews, celui qui figure en bonne place dans notre galerie de personnalités a également confirmé que le film Super Mario Galaxy avait influencé les jeux que Nintendo décide de sortir, le nouveau Star Fox et Yoshi and the Mysterious Book ayant émergé dans son sillage. Il y a par ailleurs pris la défense des remakes et évoqué la création de nouveaux personnages.
Et vous, que vous inspire cette philosophie défendue par Miyamoto ? Pensez-vous qu'elle explique vraiment la longévité de Nintendo ? Venez en discuter en commentaire ou sur notre serveur Discord !
Sources : Famitsu via Nintendo Everything et VGC
- Shigeru Miyamoto explique dans Famitsu que Nintendo ne part jamais de ce qui est à la mode, mais de la question de savoir pour qui l'on travaille.
- Il confie détester les termes comme « amortissement » ou « rentabiliser ses coûts ».
- Selon lui, chercher le profit immédiat empêche de créer quoi que ce soit d'unique.
- Il défend l'idée que les passions les plus personnelles sont celles qui touchent le plus largement, en citant Splatoon et Pokémon.
- Il rappelle enfin que Mario doit son succès aux jeux qui l'accompagnaient, pas à son allure.
Voilà une prise de parole qui tombe à point nommé. Dans une interview accordée cette semaine au magazine japonais Famitsu, Shigeru Miyamoto s'est livré sur ce qui fait, selon lui, la longévité de Nintendo. Et son explication tranche joyeusement avec les discours habituels de l'industrie, surtout par les temps qui courent...
Ne pas commencer par la tendance du moment
Pour le créateur de Mario, tout part d'une question de point de départ. Nintendo ne se demanderait jamais ce qui cartonne actuellement, mais plutôt pour qui l'entreprise fabrique ses jeux, et qui met la main à la poche au bout du compte. Une nuance qui, à l'en croire, change absolument tout.Il enchaîne d'ailleurs sur un aveu savoureux : Miyamoto dit détester des termes comme « amortissement » ou « rentabilisation des coûts ». Se féliciter d'avoir récupéré sa mise ou d'avoir dégagé un profit à court terme lui semble à côté de la plaque.
Pire, si l'on a mobilisé et épuisé le talent de dizaines de personnes pour n'aboutir qu'à cela, il estime que c'est un échec retentissant. Sa conviction est nette : à force de se demander si un projet va rapporter tout de suite, on finit par n'accoucher de rien d'original.
Le plus personnel est le plus universel
C'est peut-être l'idée la plus intéressante de l'entretien. Miyamoto défend une thèse à rebours du marketing classique : ce qu'il y a de plus intime, comme les passions personnelles d'un créateur, serait précisément ce qui parle le plus au monde entier. À l'inverse, viser d'emblée le goût du plus grand nombre produirait des œuvres génériques, où l'on ne devine même plus qui les a faites, et qui manquent justement de portée internationale.Aussi, quand ses équipes viennent lui demander conseil, il n'a qu'une réponse à offrir : façonner son idée de manière à ce que l'on reconnaisse d'emblée la patte de celui qui l'a créée.
Et l'homme a des exemples sous la main. Splatoon, d'abord, né d'un concept aussi simple qu'audacieux : que se passerait-il si l'on peignait une zone pour se disputer du territoire ? Comme nous vous le racontions récemment à propos de Splatoon Raiders, cette philosophie du concept d'abord irrigue encore les équipes aujourd'hui. Pokémon, ensuite, dont les versions Rouge et Vert doivent tout à la passion de Satoshi Tajiri pour la collecte d'insectes, à cette envie d'échanger avec ses amis les espèces qui manquent à la panoplie. Difficile de faire plus personnel comme point de départ, et pourtant.
Pourquoi Mario, ce moustachu d'âge mûr ?
Miyamoto s'amuse enfin d'une question qu'on lui pose depuis des décennies : comment un plombier moustachu, plus tout jeune, a-t-il pu devenir une telle star ? Il avoue trouver la formulation un brin cavalière, tout en se demandant lui aussi ce qui a bien pu se passer. Sa réponse tient en une ligne : Mario a été présenté au monde accompagné de jeux formidablement amusants. Le reste a suivi.Là encore, la méthode maison ne consiste pas à observer ce qui existe pour en bricoler une variante, mais à remonter aux fondations. Pourquoi les gens jouent-ils, au juste ? Qu'est-ce qui rend une expérience réellement plaisante manette en main ? C'est de ces questions-là que naissent les concepts.
À noter que dans cette même salve d'interviews, celui qui figure en bonne place dans notre galerie de personnalités a également confirmé que le film Super Mario Galaxy avait influencé les jeux que Nintendo décide de sortir, le nouveau Star Fox et Yoshi and the Mysterious Book ayant émergé dans son sillage. Il y a par ailleurs pris la défense des remakes et évoqué la création de nouveaux personnages.
Et vous, que vous inspire cette philosophie défendue par Miyamoto ? Pensez-vous qu'elle explique vraiment la longévité de Nintendo ? Venez en discuter en commentaire ou sur notre serveur Discord !
Sources : Famitsu via Nintendo Everything et VGC


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