Action Nintendo : chute de 8,4 % à Tokyo malgré des résultats record
L'action Nintendo a perdu 8,4 % en une séance à Tokyo, sanctionnée par la prévision de ventes Switch 2 en repli et la hausse de prix mondiale annoncée.
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- L'action Nintendo a clôturé en baisse de 8,4 % le lundi 11 mai 2026 à 7 020 yens, son plus bas niveau depuis août 2024
- Sur six mois, le titre a perdu 47,46 % de sa valeur, malgré 19,86 millions de Switch 2 vendues sur la période
- Le marché sanctionne la hausse de prix de la Switch 2 annoncée le 9 mai et une prévision de ventes de 16,5 millions d'unités "seulement" pour l'exercice 2026-2027
- Le manque de gros jeux first-party annoncés sur 2026 pèse aussi dans la balance
- Pendant ce temps, l'action Sony progressait de 10 % le même jour à Tokyo
Nintendo vient de vivre une drôle de séquence boursière, juste après avoir publié le meilleur chiffre d'affaires de son histoire. Le vendredi 9 mai 2026, Big N publiait des résultats annuels exceptionnels : chiffre d'affaires en hausse de 98,6%, bénéfice net en hausse de 52,1%, 19,86 millions de Switch 2 écoulées en 10 mois. Un tableau parfait. Et pourtant, le lundi 11 mai, son action a plongé de 8,4 % en une seule séance à la bourse de Tokyo, pour clôturer à 7020 yens. C'est son plus bas niveau depuis août 2024. À la mi-séance, le titre était même descendu jusqu'à -12 %.
Sur Twitter, certains y voient comme une réaction à l'annonce d'une hausse de prix de la console :
Nintendo's stock dropped 12% after the Switch 2 price increase to $499 in the US from the expected $449.99.
— Pirat_Nation (@Pirat_Nation) May 11, 2026
The change starts in September 2026 for Western markets due to higher memory and component costs plus tariffs and exchange rates.
The company also cut its sales… pic.twitter.com/jlSe9rsSfH
Une chute qui s'enracine dans la durée
Cette dégringolade s'inscrit dans une tendance lourde. Sur six mois, l'action Nintendo a perdu 47,46 % de sa valeur, alors que le Nikkei 225 progresse sur la même période. Depuis le 1er janvier 2026, le titre est en baisse de 34 %. Le mardi 12 mai en fin de séance, on observait un léger rebond technique à 7179 yens (+2,26 %), mais l'ampleur de la correction des derniers mois reste impressionnante.Nous avions déjà couvert une chute de 13,2% en mars dernier, et plus récemment encore un rachat massif de 1,6 milliard d'euros de ses propres actions destiné à soutenir le cours. Manifestement, ça n'a pas suffi.
Pourquoi le marché sanctionne-t-il Nintendo ?
Trois éléments cohabitent dans la liste des griefs du marché. Le premier, c'est la hausse de prix Switch 2 officiellement actée le 9 mai, qui fait passer la console à 59 980 yens au Japon dès le 25 mai, et à 499,99 dollars aux États-Unis et 499,99 euros en Europe à partir du 1er septembre. Son PDG Shuntaro Furukawa a même reconnu publiquement que cette hausse ne couvrait pas l'intégralité des surcoûts liés à la mémoire et aux tarifs douaniers, ce qui n'a évidemment pas rassuré les investisseurs.Le deuxième élément concerne la prévision de ventes en repli pour le nouvel exercice en cours : 16,5 millions de Switch 2 attendues entre avril 2026 et mars 2027, là où Nintendo en a écoulé 19,86 millions sur les 10 mois précédents. C'est la première fois qu'un constructeur prévoit une baisse de ses ventes en deuxième année de console, alors que le marché attend habituellement une montée en charge. Les ventes de jeux suivent la même trajectoire, avec 165 millions d'unités prévues, soit -11 % en glissement annuel.
Le troisième élément, et c'est probablement celui qui parle le plus à la communauté PN, c'est le calendrier first-party 2026 dévoilé jusqu'ici. Star Fox, Splatoon Raiders, Yoshi and the Mysterious Book : la sélection est honnête mais ne suffit pas à compenser l'absence d'un nouveau Mario 3D, d'un nouveau jeu Zelda, et on sait que le prochaine jeu Pokémon ne sortira qu'en 2027.
Les analystes le résument sans détour : le marché veut un Mario.
Le contraste avec Sony
Le même 11 mai, à la même bourse de Tokyo, l'action Sony progressait de 10 %. La logique de fond est pourtant similaire : Sony annonce également vouloir vendre moins de PS5 en préservant ses marges.Sauf que Sony l'assume comme une stratégie de profitabilité, et avec une assise bien plus diversifiée (films, musique, vidéo, joint-venture annoncée le jour même avec TSMC sur la production de capteurs). Nintendo, qui dépend énormément du secteur du jeu vidéo n'a tout simplement pas les mêmes leviers de compensation aux yeux des investisseurs.
Est-ce une raison pour paniquer ?
Les analystes spécialisés modèrent toutefois l'alerte. Plusieurs notes publiées dès lundi et relayées par plusieurs médias financiers qualifient les prévisions de Nintendo de volontairement basses : c'est une sorte de tradition (et sans doute un peu de contrainte légale aussi !), et Big N a dépassé ses prévisions initiales de résultat opérationnel sur chacun des quatre derniers exercices.Certains, comme MorningStar, vont même jusqu'à estimer que l'action est sous-évaluée et table sur 19 millions de Switch 2 vendues cet exercice, plutôt que les 16,5 millions promis par Nintendo. Jefferies parie même sur l'annonce d'un jeu Mario Triple-A dès cette année. Et un nouveau Nintendo Direct serait attendu, selon Kantan Games, dès le mois prochain (le fameux Nintendo Direct de juin). La séquence boursière pourrait donc rapidement basculer dans l'autre sens. Ou pas. C'est ça qui est génial(ement effrayant) avec la finance : on ne sait pas !
Quelques médias anglophones osent une comparaison à l'ère Wii U, en pointant que la chute boursière dépasse celle de l'époque. Le parallèle est dramatique, mais factuellement bancal : la Wii U s'est écoulée à environ 14 millions d'unités sur toute sa vie, là où la Switch 2 en est déjà à plus de 20 millions en moins d'un an. Le marché punit Nintendo sur des attentes futures, pas sur des performances industrielles passées.
Quand on aime les jeux vidéo, ces tumultes boursiers ne sont généralement pas de nature à nous inquiéter, voire même à nous intéresser. Mais une société qui va bien en Bourse est une société qui va bien tout court, qui a les marges de manoeuvre suffisantes pour donner libre-cours à ses projets. Cette situation pourrait-il contraindre Furukawa à précipiter la sortie d'un nouveau Mario ou d'un nouveau Zelda pour calmer les boursicoteurs ? Donnez votre avis en commentaire ou sur notre serveur Discord !
Sources : Reuters, CNBC, Kotaku, Google Finance





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La valorisation a énormément montée en 2024 sur de la simple spéculation en prévision de la sortie de la Switch 2, et malheureusement ces attentes étaient démesurées, entre un planning finalement plus léger que prévu et certains aléas géopolitique ou de production, ça crée une fragilité qui fait fuir les plus opportunistes. Sans compter que les revenues vont forcement stagner ou baisser quoi qu'ils fassent.
Il faut se dire qu'au summum de la vie de la Switch, (entre 2020 et les extraordinaire résultats aidés par le covid et 2023) l'action tournait entre 5000 et 6000 yens.
Et si on va encore plus loin, la dernière fois où l'action valait 7000 yens avant début 2024, il faut remonter à fin 2007 à l'apogée du combo DS/Wii.