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Nintendo retrouve un âge d'or et intrigue par son futur jeune président général

Si l'on attendait de bonnes nouvelles financières de la part de Nintendo, l'annonce du départ prochaine de Kimishima a pris de court. Une nouvelle étape pour Nintendo et de nombreuses interrogations concernant ce futur jeune président.

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Décidément, Nintendo ne fera jamais rien comme les autres et n'ira pas dans la direction que l'on attend d'elle. C'est peut-être cette surprise permanente qui fait que l'on aime ce constructeur, capable de nous faire des propositions radicalement différentes des autres (même si parfois, on aimerait qu'elle suive un peu plus le mouvement, notamment dans la gestion des communications entre joueurs).

L'entreprise revient de loin après l'échec de la Wii U et a su opérer sa mue au bon moment. Satoru Iwata avait défini les axes du changement, conscient de l'inertie qui pesait au sein de la société, Tatsumi Kimishima a su mettre en place les projets du défunt président avec pragmatisme et efficacité. Même si tout n'est pas totalement terminé par rapport à la roadmap mise en place, Kimishima a demandé son droit de prendre sa retraite, tout en ne quittant pas définitivement le vaisseau Nintendo. Pour lui, le gros du travail est fait, sa mission de transition est achevée, ce qui a permis de prendre le temps de choisir son successeur. Et si l'on regarde les chiffres, on ne peut que féliciter Kimishima et l'ensemble du staff de Nintendo, puisque la firme a déclaré s'attendre à une hausse de son bénéfice d'exploitation de 26,7% sur son exercice fiscal en cours, ce qui voudrait dire le meilleur depuis 2010. En effet, Nintendo table sur 225 milliards de yens (soit 1,7 milliards d'euros), un bénéfice qu'on n'avait pas connu depuis 2010 avec une certaine Wii. Grâce à la Switch, Nintendo a retrouvé un nouveau souffle et un nouvel âge d'or. Les revues spécialisées comme Capital ou Les Échos soulignent même le fait que cette prévision est inférieure aux prévisions de 21 analystes interrogés par Reuters (un consensus tourne autour de 308 milliards de yens), ce qui veut dire que Nintendo reste prudente et se garde une marge de sécurité.

Shuntaro Furukawa, le nouvel homme fort de Nintendo


Spontanément, on ne s'attendait pas à voir le nom de Shuntaro Furukawa devenir le nouvel homme fort de Nintendo alors que d'autres personnalités étaient bien plus connues que lui. Même s'il ne prendra officiellement son nouveau poste que le 28 juin 2018 lors de la 78e assemblée générale des actionnaires, le nouveau futur président a déjà indiqué sa volonté de maintenir le cap de cette croissance avec la Switch, lui qui est jusqu'à présent le directeur du marketing.

Ma première priorité est de conserver et d'accroître la dynamique de la Switch, a-t-il déclaré, lors d'un point sur les résultats du groupe.

Multiplier des expériences ludiques différentes comme l'essai Nintendo Labo

On ne sait pas encore si l'objectif est d'atteindre les sommets de l'exercice clos au 31 mars 2009 avec un bénéfice annuel record de 555 milliards de yens, mais la principale tache de M Furukawa sera d'étendre la clientèle autour de la plate-forme Switch. Une action qui passe notamment par le lancement du Nintendo Labo demain, génial concept tout en carton, dont le but est de renforcer le potentiel de pénétration de la Switch en séduisant les familles par son aspect pédagogique et créatif. Les nombreuses démonstrations un peu partout ont le but de convaincre que l'on peut s'amuser avec une Switch sans obligatoirement jouer devant son écran, les joies de diriger une sorte de voiture téléguidée avec ses Joy-Con ou de jouer du piano doivent permettre de convaincre un public réfractaire à l'achat d'une console.

Le concept complètement inédit prendra du temps à s'installer, on ne s'attend pas à des ventes conséquentes dès le départ, mais le bouche à oreille devrait permettre d'écouler peu à peu le produit, et si une communauté de personnes se fédèrent autour de ce projet pour échanger des idées, Nintendo sera gagnante dans la durée. Pour le moment, les premières indications de ventes au Japon peuvent paraître décevantes : sortie sur l'archipel nippon le 20 avril, les deux kits ne se sont écoulés selon les premiers chiffres qu'à 120 000 exemplaires, 93 118 exemplaires pour le kit 1 (le fameux permettant de réaliser le piano, la canne à pêche et la voiture téléguidée) et 27 667 exemplaires pour le kit 2 autour du robot, connoté plus comme un divertissement vidéo. Mais ce n'est qu'un début et finalement pas si mal pour un concept nouveau. On attend de voir ce que cela donnera aux US et en Europe, nous sommes plusieurs au niveau de la rédaction à avoir acheté notre/nos kits pour pouvoir y jouer tranquillement, en famille ou pour notre propre plaisir.

Convaincre pleinement les grands acteurs tiers de développer sur la Switch

Si ce genre de produits innovants peut effectivement élargir la clientèle de la Switch, il reste un second chantier important au futur président : convaincre les grands éditeurs tiers de se lâcher sur la console. Car il faut bien le reconnaître, si les indépendants sont légions, les tiers sont encore bien frileux malgré quelques déclarations montrant qu'ils comptent enfin mettre un pied dans la locomotive Switch. Il serait bien le temps, avec plus de 17 millions d'exemplaires vendus à travers le monde en 13 mois, c'est le démarrage le plus fulgurant de l'industrie du jeu vidéo depuis très très longtemps. Ceux qui ont cru dans le potentiel de la Switch n'ont pas arrêté de claironner leurs excellents résultats de vente, les autres ont préféré se donner le temps, refroidis par l'échec de la Wii U.

Les éditeurs de jeux tiers se sont montrés très prudents dans le développement de titres pour la Switch parce qu'ils pensaient qu'elle ne se vendrait pas bien, explique Hirokazu Hamamura, directeur du magazine de jeux Gzbrain. Ils projettent désormais de sortir toute une nouvelle série de titres, ce qui dopera les ventes de la Switch.
On l'espère car on attend toujours une plus grande réaction de Capcom, Bandai Namco, Electronic Arts, Activision et d'Ubisoft. Les consommateurs attendent du neuf et pour le moment, la Switch a été plutôt la fête des portages de titres anciens et des fonds de catalogue que l'on repropose en seconde chance, à un tarif pas toujours très doux. D'un côté, cela rassure car on connaît la qualité de certains titres, cela fait donc plaisir de pouvoir y jouer sur sa console Nintendo après avoir été sous-alimenté sou l'ère Wii U, mais après une année, on attend beaucoup plus d'annonces des grands éditeurs. Et l'on attend aussi la mue des studios qui avaient produit les plus gros succès de la 3DS, Atlus, Level-5 et un certain The Pokémon Company / GameFreaks.

Les liens du nouveau président avec Pokémon et un CV impeccable

Ce chantier, il va falloir le réussir et cela sera un défi pour Shuntaro Furukawa. Le fait d'avoir choisi un membre du conseil d'administration de The Pokemon Company depuis 2012 n'est probablement pas anodin. Le fait qu'il soit directeur général du département planification, superviseur au département administratif, responsable du marketing mondial non plus. Malgré ses 46 ans, c'est un homme déjà haut placé dans la hiérarchie de la société, qui connaît très bien son travail et parle couramment l'anglais, une force dans les nombreuses négociations à venir. Diplômé de l'université Waseda (études de sciences politiques et sociales), il connaît bien également l'Europe puisqu'il a travaillé pendant dix années au bureau de comptabilité de Nintendo en Allemagne (eh oui, ce monsieur travaille déjà depuis 24 ans au sein de Nintendo).

Mais la plus grande force de Shuntaro Furukawa, est d'être devenu responsable du département marketing depuis 2016 et d'avoir supervisé le lancement mondial de la Switch avec le succès que l'on connaît. On aura noté la communication très différente ayant entouré la nouvelle console de Nintendo. Et il semble, ceci étant confirmé par de nombreuses sources, qu'il soit un très grand joueur, lui qui a eu son enfance sur une NES et adore jouer régulièrement, son jeu récent préféré étant Golf Story de Sidebar Games, selon une révélation du Furukawa lui-même auprès du Wall Street Journal.


Je vais développer la société en m'appuyant sur les deux forces historiques de Nintendo: l'originalité et la flexibilité, a déclaré le futur président lors d'une conférence de presse à Osaka.

La chose la plus importante ici est que la direction devient plus jeune, a déclaré Satoshi Kurihara, analyste au Tokai Tokyo Research Institute. Ils devront exécuter le plan de croissance du Switch, alors en ce sens, c'est un nouveau départ.
Espérons que cet expert en marketing et sa grande proximité avec The Pokémon Company favorisera une arrivée rapide et plus importante de Pokémon sur la Switch, la franchise ayant tellement manqué à la Wii U. Si l'on attend bien un rôle important de Furukawa vis-à-vis d'une franchise, c'est bien sur Pokémon. Mais on compte également sur lui dans la poursuite du développement de Nintendo sur le marché mobile, l'exploitation des licences au cinéma ou dans les parcs d'attraction, l'offre réseau, la gestion de l'après 3DS et toutes les nouvelles idées encore secrètes.



Avec le nouveau président, une cavalerie de trois mousquetaires hyper créatifs.

C'est important de noter que cette nouvelle arrivée d'un président jeune (dont le parcours risque d'être régulièrement comparé à la référence étalon de la firme, Satoru Iwata) s'accompagne de l'arrivée dans le top de l'entreprise de plusieurs producteurs-stars, très créatifs.

Yoshiaki Koizumi a un CV tellement long que cette promotion est plus que méritée puisqu'il est un membre important dans le succès commercial de Nintendo. Celui que l'on connait désormais pour présenter les Nintendo Direct est le créateur du studio de développement Nintendo EAD à Tokyo en 2003 et producteur général de la Nintendo Switch. Si l'on creuse un peu ses participations dans le développement des jeux vidéo de l'entreprise, cela donne vite le tournis. Producteur de Super Mario Odyssey, Super Mario 3D Land, Super Mario 3D World, Super Mario Galaxy 2, Captain Toad: treasure Tracker, directeur sur Super Mario Galaxy et Donkey Kong : Jungle Beat, directeur adjoint sur The Legend of Zelda : the Wind Waker, co-directeur sur les épisodes Majora's Mask et Ocarina of Time, directeur adjoint sur Super Mario 64....sa présence au sein du conseil d'administration sera une force pour pousser le développement des nouveaux grands titres et soutenir l'impulsion de la Nintendo Switch. Et puis, il est tout de même celui qui gère Mario réellement depuis 10 ans.
Autre homme fort à prendre du galon, c'est Takashi Tezuka, le créatif mais plus discret bras droit de Shigeru Miyamoto, à qui nous devons bons nombres d'avancées dans Super Mario Bros (notamment la rénovation graphique du personnage que l'on connait aujourd'hui), The Legend of Zelda, Yoshi, Pikmin, Star Fox, Super Mario Maker.....Il a l'expérience, le poids de ses contributions, une grande sagesse.
Troisième homme incontournable à prendre une place conséquente, le désormais officieux numéro 2 aux côtés de la légende Shigeru Miyamoto, Shinya Takahashi.
On pensait d'abord à lui pour le poste mais il a un rôle tellement important dans la coordination des équipes de développement que l'on a probablement préféré qu'il continue de superviser ces aspects, tout en montant en grade. Takahashi est impressionnant d'efficacité pour gérer de nombreuses taches complexes en parallèle, le fait de devenir maintenant Senior Managing Executive Officer au sein de Nintendo, tout en gardant le contrôle de Nintendo EPD, en fait un bras droit parfait pour épauler le nouveau président. Koizumi et Takahashi sont les deux personnes qui assurent déjà l'après Genyo Takeda et dans quelques années l'après Shigeru Miyamoto, le maître restant encore présent pour le moment mais se concentrant quasiment uniquement sur la formation des nouvelles pouces au sein de l'entreprise, le passage générationnel et parce que c'est une légende connue du grand public, les interviews et grandes conférences médiatiques (la Guest-Star qu'on s'arrache sur un plateau).

Des adjoints techniques et financiers importants


Avec Shuntaro Furukawa qui connaît bien l'Allemagne et l'Europe, on rappelle sur le Japon l'actuel président de Nintendo of Europe (basé en Allemagne, ils se connaissent donc très bien) Satoru Shibata, qui remplace Yoshimi Mitamura (68 ans) prenant sa retraite. Autre changement, le départ à la retraite de Susumu Tanaka (63 ans) qui occupait le poste de General Manager of Licensing Division depuis 2013 et l'arrivée de Masao Yamazaki au conseil d'administration dont pour le moment on ne connait pas vraiment le parcours.

On attend désormais de voir ce que cette nouvelle équipe qui entrera pleinement en fonction le 28 juin, pourra nous proposer pour l'avenir de la marque Nintendo. On leur souhaite un bon succès et on espère être étonné positivement.

Sources : Blomberg, Capital, WSJ, Factornews (pour le récap des participations de Yoshiaki Koizumi)

Commentaires sur l'article

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Talban
Les jeunes et les créatifs au pouvoir. Content pour Tezuka.
Pingoleon3000
C'est vrai que Koizumi a un CV très impressionnant, je ne savais pas du tout !

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