E. Vers la Famicom.
Nintendo n'est pas capable de concevoir cette machine seule. Il lui faut un
partenaire pour cela, pour les concevoir, plus les fabriquer. Mais trouver un fabricant qui soit assez souple pour répondre aux besoins de Nintendo est difficile à trouver. Nintendo contacte
Ricoh, plutôt favorable au projet, qui finalement accepte lorsque Yamauchi presse Uemura d'offrir un
bon de commande 3 millions de processeurs sur deux ans !

Uemura doute certainement de l'état mental de son patron en transmettant la commande à Ricoh, qui n'en pensait alors sans doute pas moins.
En 1986, Nintendo sera le premier et principal client de Ricoh en lui assurant
70% de son chiffre d'affaires. Avec Sharp, Ricoh dispose de divisions dédiées aux projets Nintendo.
Hirochi Yamauchi est de toutes les décisions : il
rejette tous les périphériques comme un clavier, un modem, ou un lecteur de disquettes (les disquettes sont duplicables, les cartouches pas !). La console disposera d'une
mémoire de 2ko (vous avez bien lu : 2 kilo-octets !). C'est énorme pour l'époque : la console d'Atari à une mémoire de 256... octets !!! Yamauchi, qui surveille tout depuis le lancement du projet en 1981, acceptera finalement la présence d'un
port de connexion qui prend place sous la console. Ce port sera par beaucoup considéré comme le
cheval de Troye de Nintendo.
En 1983, Nintendo entre au
premier marché de Tokyo avec une valeur capitalistique estimée à 10 millions de dollars, et agrandit son usine d'Uji. C'est cette même année qu'a lieu la
commercialisation du système Nintendo, pour un prix d'environ 100$. C'est plus que ce que Yamauchi souhaitait, mais c'est beaucoup moins que ce qu'étaient capables de faire les concurrents avec des systèmes dont la technologie était désormais largement dépassée. On ne sait pas si la console était vendue à perte : Yamauchi était prêt à tout pour imposer sa machine sur le marché, mais la version officielle préfère parler de
marges très faibles. C'est ce que Yamauchi explique aux grossistes lors du
Shoshin-Kai de Tokyo où il présente la Famicom (abbréviation de
Family Computer), pour la première fois.