D. Les premières consoles.

Nous voici alors
en 1977. Nintendo, sur le conseil de Uemura, s'allie au géant nippon
Mitsubishi pour lancer un système de jeu appelé
ColorTVGame 6, qui propose 6 jeux de pong (les droits du jeu Pong sont négociés avec
Magnavox) à pratiquer devant sa TV, apparaît sur le marché. Puis une nouvelle version avec 15 jeux apparaît. Chaque système se vend à plus d'un million d'exemplaires.
C'est pas mal, pour une première tentative ! Indépendamment de cette expérience dont le bilan est globalement satisfaisant et encourageant, Nintendo commercialise
Blockbuster, puis un jeu de course automobile : chaque jeu se vend à
500 000 exemplaires. Cela permet à Nintendo de survivre, mais Nintendo n'a là rien inventé d'extraordinaire, et Yamauchi souhaite vraiment aller beaucoup plus loin...

La fin des années 1970 marque
l'avènement de la miniaturisation. Gunpei Yokoi résume assez bien la facon de faire de Nintendo à propos des technologies du moment :
"la facon Nintendo d'exploiter une technologie ne consiste pas à faire avancer l'état de l'art, mais à appliquer une technique au point à une production massive bon marché".
A partir des conclusions et des résultats prometteurs de l'alliance avec Mitsubishi, Hiroshi Yamauchi est déterminé à aller plus loin. Il confie à Gunpei Yokoi le soin de
créer quelque chose d'aussi révolutionnaire que les jeux "Ultra..." qui avaient permis à Nintendo de s'enrichir grassement au début des années 1970. Gunpei Yoko invente alors les
Game and Watch, commercialisés
en 1980 alors que
Nintendo of America est fondé aux Etats-Unis, qui connaissent un succès phénoménal. Le succès est en fait tellement extraordinaire (des centaines de milliers d'exemplaires de cette petite machine de la taille d'une calculette sont vendus) que pour la première fois, Nintendo fait face `s des imitations venues d'Asie. On ignore le montant des pertes pour Nintendo, mais l'argent coule à flots dans les caisses de la société, lui permettant d'investir dans un marché en plein développement : les
jeux d'arcade... qui permettront à un certain
Shigeru Miyamoto de faire la démonstration de son talent, une fois que le filon des jeux consistant à tout anéantir sur son passage auront connu leur heure de gloire...

Uemura prend la direction d'une équipe de développement chargée de réfléchir à quelque chose de nouveau qui permettrait de jouer sur sa télévision, basé sur un système de cartouche. Yamauchi en voit très vite le potentiel : Nintendo contrôlerait tout le processus, hardware et software, puisque tout sortirait de ses usines... Le problème, c'est que, une fois de plus, Nintendo veut se lancer sur un marché qui existe déjà. Pour percer, il faut innover, avoir un prix assez bas pour interpeler les clients, prix fixé alors par Yamauchi
à 75 dollars maximum, tandis que les concurrents vendent leurs appareils entre 200 et 300 dollars. Yamauchi exige aussi que techniquement,
Nintendo soit inrattrapable pendant au moins un an... juste le temps de s'imposer sur le territoire avec cet appareil révolutionnaire !
Uemura va baser son étude sur le jeu d'arcade, en essayant de déterminer quelle en était la
philosophie. Il comprend ainsi
qu'un bon jeu d'arcade propose à la fois une action immédiate, mais aussi un défi mental. Le premier élément, à lui seul, demande de la puissance. L'architecture qu'il dessine alors comprendra
deux processeurs : l'un sera dédié aux déplacements du personnage, l'autre gérera l'écran et les couleurs (52 couleurs simultanément).