Vade Rétro

Vade Rétro - Dossier spécial Rygar (NES)

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Vade Rétro, c'est votre nouvelle chronique qui, chaque semaine, vient parler d'une autre actualité, celle du jeu d'autrefois qui désormais captera l'attention régulière de Waluigi !

Cette semaine, Waluigi s'est intéressé au sort peu commun de Rygar, un jeu sorti sur NES, un jeu qui a donné envie à Waluigi de décomposer sa note Rétro en deux notes distinctes, comme il l'explique lui-même ci-après. Ce qui caractérise la version occidentale de Rygar, c'est très certainement le fait qu'il fallait se lever tôt pour en voir la fin, en raison d'un bug qui a tôt fait de transformer le jeu en titre mythique !

Bonne lecture de cette nouvelle chronique qui, comme toutes nos infos, vous donne rendez-vous sur le forum pour accueillir vos réactions et vos… souvenirs plein d'émotions ! Pour prolonger le débat, on vous rappelle qu'il vous est également possible de nous retrouver sur Facebook, et de suivre nos mises à jour sur Twitter !

Rygar : Le jeu impossible à finir !

Salut à tous ! Aujourd’hui, nous allons mettre en lumière un ancien jeu nommé Rygar. Mais avant cela, j’aimerai vous indiquer une petite nouveauté : la note de jeu qui se scinde en deux.

Il y aura maintenant la note « Passé », qui représente la note qu’aurait mérité le jeu à son époque, selon votre serviteur.

Ensuite, la note « Présent », c'est-à-dire ce que vaut le jeu aujourd’hui en terme de replay-value. En gros s’il mérite que vous lui accordiez des secondes de votre existence… ou si au contraire il vaut mieux passer son chemin ! Tant qu’à faire, on vous présentera plutôt des perles.

Ceci étant dit, je vous invite à plonger dans ce nouveau Vade Rétro. Lequel prendra plus le visage d’un dossier que d’un billet vu qu’il y a des choses de particuliers à dire à son sujet. Y a du dossier, comme on dit !

Cinq lettres, un mot suffiront à rappeler aux joueurs arborant déjà la trentaine une époque où l’on regardait encore la vie avec de grands yeux. Un titre épique de Tecmo datant de 1986, qui n’a en l’état rien d’exceptionnel… mais qui possède pourtant un capital de sympathie indéniable. En quelques secondes, la passion mousse à nouveau comme un champagne tout frais servi. La coupe débordant à ras bord de délicieux souvenirs, où le temps était encore trop enfantin pour être décompté. Rygar, c’est un pan d’enfance à jamais enclos dans le passé. Un passé que les « vieux » comme moi ont envie de relater aux plus jeunes, comme un vieux papy Waluigi.

Rygar sur NES pourrait être, à lui tout seul, l’ambassadeur du hardcore gaming ! Pourquoi ? Eh bien je vais vous le dire : parce que le soft, d’une difficulté salée, était impossible à terminer ! Nous allons revenir sur ce point incroyable plus bas dans l’article.

A star is « borne » !

Le premier contact avec Rygar, pour votre serviteur ici présent, s’est déroulé dans une salle d’arcade enfumée dans les années 1980. J’étais sans doute haut comme trois pommes, pas assez grand pour me dresser confortablement devant l’écran. Mais qu’importe, j’étais attiré comme un aimant par l’énergie mystique qui se dégageait instantanément de ce titre religieux. Religieux dans le sens où il imposait le silence, tant la borne « The legendary Warrior » en elle-même avait du charisme. Nous savions que nous avions affaire à un titre spécial !

La jaquette, d’un kitch hallucinant,
était pourtant flambante à l’époque !
Comme quoi, les perceptions des choses sont bien subjectives…
Graphisme attrayant et « plastique » tape-à-l’œil, challenge corsé et maniabilité aux petits oignons définissaient un jeu aussi viril que hardu, aussi répétitif que surprenant. Le scénario, qui tient lui sur une ficelle de string, consistait à incarner un guerrier nommé Rygar et de faire le ménage dans un royaume nanti de monstres. Doté de 27 niveaux assez courts et progressifs, le titre avait la fâcheuse habitude de ne pas laisser vraiment place à l’improvisation ! Seul le « par-cœur », et encore, pouvait permettre au joueur de tirer son épingle du jeu… et accessoirement de rentabiliser ses deux milles balles insérés dans la borne !

Rygar avait la mauvaise habitude de posséder le syndrome « Contra ». Comprendre par là claquer au premier contact. Le héros se distinguait par son arme bénie des dieux, le « Diskarmor ». Moitié yo-yo moitié disque tranchant, le prolongement musculaire de Rygar ne faisait pas dans la dentelle. Et il fallait au moins cela pour renvoyer en enfer les hordes d’ennemis, parasites et hommes-lézards qui bâchaient à saturation les niveaux.

Des salles obscures à la console

Quelques années plus tard déboule l’attendue adaptation NES. Qui dit console Nintendo pour Tecmo dit « jeu plus développé et plus long » pour toucher le public. Sitôt dit, sitôt fait, Rygar nouvelle version se pare d’un enrobage Action / RPG 2D qui scied si bien à une grande partie des jeux 8 bits. Sorti en 1988, Le titre coloré - et toujours aussi difficile - s’inscrit directement dans la lignée des Simon’s Quest, Zelda II voire TMHT… les bugs en plus.

Mais bizarrement, les défauts persistants du titre ne prennent point le pas sur les qualités indéniables. Appelez ça de la magie… ou peut-être du talent. Rygar NES ne laisse pas indifférents les joueurs et les critiques. Certaines remarques invectives critiquaient une adaptation faite « avec les pieds », d’autres chapelles y voyaient au contraire une prise de risque et changement de gameplay salutaires. Nous nous rangerons dans le second camp, le recul aidant.

En dépit d’un écran titre épuré à l’extrême, comprenez par là qu’on ne voyait que le titre et rien d’autre, le jeu débute sous de bons augures : les couleurs sont vives, le soleil défile en arrière plan dans un effet parallaxe rarement vu sur console 8 bits, la musique est entraînante. Bref, tout allait pour le mieux… et pour 450 balles la cartouche à l’époque il valait mieux !

Le héros, dans cette nouvelle itération NES, devait réunir cinq artefacts divins éparpillés dans le royaume pour battre l’infâme Ligar, Dieu maléfique à tête de lion. Une ambiance encore plus mystique régnait en maître sur ce jeu qui, une fois encore, parvient à capter l’attention pour une raison qui dépasse l’entendement. Comprenez par là qu’il est truffé de bugs, qu’il n’a pas de pile de sauvegarde, qu’il est parfois très difficile, qu’il n'est pas spécialement beau… mais qu’il incite pourtant à la découverte un peu plus chaque seconde ! Pis, la quête paraissait tellement impossible à l’époque qu’on avait envie d’être l’un des rares joueurs à la plier ! Le hardgaming gagnait un peu plus ses lettres de noblesses via ce titre.

Un Rygar et deux glaçons s’il vous plait !

Je vous ai soufflé ce problème/cas de figure incroyable en début d’article : Rygar est bien plus qu’un jeu, c’est un défi impossible. Pourquoi ? Parce qu’un bug empêchait quiconque de terminer la version PAL ! Ceci après avoir enduré les pires supplices, trois grandes heures avant d’arriver jusqu’au boss final ! Rajoutez le fait que la version PAL peut accuser jusqu’à huit cœurs au lieu des douze de la version US, que le boss final enlève trois cœurs au lieu d’un… et vous comprendrez à quel point Rygar sur NES peut se prévaloir d’être l’ambassadeur du hardgaming rétro ! LE jeu d’aventure jusqu’au-boutiste absolu.
Telle une quête impossible, c’est face à soi-même que l’on finit par endurer un combat dont la victoire relève de la chimère… de la même façon qu’il est impossible pour l’être humain de faucher la mort elle-même ! Rygar est une pièce de maître dont le combat, en version PAL du moins, relève aussi bien de l’absurde que du symbolique, conférant à l’époque et par avance un vent de chef-d’œuvre zélé à la cartouche.

Impossible à finir donc à cause d’un bug, c’est aussi cette impossibilité, cette négation de toute logique qui confère à Rygar sa qualité de jeu culte.
Certains joueurs crieront à l’aberration, d’autres comme moi comprendront que, finalement, il n’y a aucune obligation de finalité manichéenne dans un jeu vidéo ! Si on admet bien sûr que le jeu vidéo est un art. Ligar est un dieu, un homme ne peut pas battre un dieu même s’il est un héros… mais cela n’empêche pas sa quête d’être magnifique. C’est un parti pris, certes !

Je me permets ici une petit occurrence, pour rappeler aux plus lésés (et ça peut se comprendre) que vous pouvez aujourd’hui voir la fin sur YouTube. Comme quoi il ne faut jamais dire jamais. ;-) Et à ce propos, le bug du jeu est vaincu… grâce à un autre bug ! Un grand jeu, qu’on vous dit ! Une aberration sur NES, qui a apparemment échappé aux vérifications européennes Nintendo avant d’être décuplé en cartouche. Surprenant.

Le jeu qui vous fera rugir de haine et de plaisir !

Redevenons plus pragmatiques sur la quête en elle-même, qui vous fera visiter du pays en parcourant les terres aériennes de Lapis, les grottes sacrées de Sagila ou encore le palais labyrinthique de Dorago. Sans oublier l’édifice céleste et la fameuse et interminable Tour de Garba. L’ambiance du jeu renvoie aux croyances hindouistes avec des ermites, divinités fantasmagoriques et décors mystiques. Rygar doit parcourir une map dite « ouverte », dont le centre nerveux est en vue de dessus en 3D isométrique. Chacun des cinq artefacts que vous devez réunir vous fait franchir un nouvel obstacle. Un concept qui a fait ses preuves. Comme la poulie qui permet de traverser un fleuve ou l’armure d’Indora qui diminue les dommages. Très vite, les premières difficultés apparaissent, avec le premier boss de la forêt nommé Ligura. Pour mettre à mal ce redoutable adversaire intimidant, mi-lion, mi-tortue, il n’y avait d’ores et déjà qu’une solution, l’upgrading ! D’ailleurs, il était conseillé de passer une bonne demi-heure dans ladite forêt pour développer au max ses points d’expérience et glaner des « cœurs » et de la « force ».

Huit cœurs au max, c’est bien peu quand on sait que certains boss en avaient virtuellement plus d’une cinquantaine ! Et je ne parle même pas de Ligar qui jouit lui d’une durée de vie infinie… (ça m’a marqué, comme vous pouvez le voir). Rajoutez le fait qu’on reviendra cinquante fois sur le jeu parce qu’il n’y avait pas de sauvegarde ou de mot de passe - ! - et vous comprendrez que Ninja Gaiden est loin d’avoir l’apanage du hardgaming ! Les potions et items spéciaux disséminés dans le jeu ne trancheront pas face à la difficulté imposante. Ah, oui, j’allais omettre de vous préciser que tous les ennemis respawn (réapparaissent) à l’infini façon Megaman… Mais pourtant on avance avec du par cœur… et comme sur la borne d’arcade on finit par s’amuser ! CQFD !

Rygar 2 : Oui, on jouait à ça, nous, avant, les « vieux ».
Rygar est un titre définitivement atypique, jouant sans complexes avec les contrastes. En effet, le jeu propose un graphisme très contemplatif … alors qu’il est pourtant épuré à l’extrême ! Les modules et icônes indicatifs sur l’état du héros sont quasi-inexistants. D’où l’importance de consulter régulièrement le « sous écran ». En fait, on ne voit que les « cœurs » en haut à droite, c’est tout ! Si cela s’avère bien maigre pour un A-RPG, l’immersion s’en voit renforcée. Si le jeu est coloré et les structures pierreuses plutôt bien rendues, l’ensemble reste quand même vraiment vide. Paradoxe une fois encore, ce vide donne un cachet « mystique » au jeu, qui affiche parfois quelques prouesses techniques pour l’époque. Comme des parallaxes sur deux plans ou des monstres assez imposants. Quant au héros raide comme un piquet et rouge comme un « bronzé fait du ski », là encore on peut lui trouver du charisme ! Le level design, lui, est aussi éculé qu’attracteur, poussant toujours plus loin le plaisir de la découverte. Vous l’aurez compris, Rygar est bel et bien un titre « OVNI » singulier à bien des égards, prouvant que la qualité d’un jeu vidéo n’est en aucun cas une somme algébrique.

Rygar c’est tout sauf ringard

Alors, pourquoi jouer à Rygar ? Pourquoi acheter Rygar ? Pourquoi voter Rygar ? Une raison, toute simple, qui tient en un seul mot comme l’objet qu’il caractérise : le fun. Tout simplement. Si c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, alors Rygar est une vieille marmite oxydée jusqu’aux atomes qui fleure bon le chef-d’œuvre dans son genre.

Un regret : voir Rygar tomber dans l’oubli aujourd’hui, noyé dans la profusion des titres sortis jusqu’alors. Poussé à la sortie par les nouveautés de demain qui seront déjà des jeux d’hier dans dix ans, Rygar pourrait s’éteindre de lui-même dans l’ignorance la quasi plus complète. À moins d’un coup de maître prochainement sur console ? On attend en tout cas bien mieux que la sortie trop sage sortie en 3D en 2002 sur PS2 (puis sous forme d’un remake sur Wii avec « Battle for Argus »). Aura-t-on le droit un jour à grand vrai retour, digne d’un Castlevania LoS ? Quand on voit que Ligar l’invincible a été enfin battu, on peut tout croire non ? ;-p

Le verdict

Les plus : Un fun de tout instant et une aventure entraînante, poussent le parti pris du hargaming à son paroxysme... sans être rebutant ! La stripteaseuse vous aguichera à mort, mais n’espérez jamais conclure.

Les moins : Impossible à terminer en PAL ! Pas de sauvegarde, pas de concession, pas de pitié pour les croissants. L’Action/RPG à son état le plus brutal !

Note Passé : 88 % (98 pour les puristes)
Note Présent : 80 % (rajouter 10 pour les tempes grisonnantes !)

Voila, notre long billet s’achève ici. Je vous donne rendez vous la semaine prochaine et vous invite à me dresser vos commentaires sur le forum. Si un jeu vous inspire pour un Vade Rétro, n’hésitez pas à le formuler dans les commentaires du forum !

Waluigi
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Alors ? Rygar suscite en vous une onde d'émotion ? Vous avez envie de tâter de la manette et d'en découdre avec ce Boss de fin impossible ? Plus facile à dire qu'à faire car, 20 ans après sa sortie, le jeu est devenu rare ! Retrouvez PN sur le forum pour réagir à ce nouveau Vade Retro, et retrouvez-nous également sur sur Facebook ou sur Twitter !
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Commentaires sur l'article

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stef_le_noir
Je me souviens de la borne d'arcade de Rygar, version très différence du jeu NES. Combien d'argent ai-je pu laisser, tant le jeu était hardcore ! Ah douce nostalgie....

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