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Tout est parti d’une intention
louable. Pour fêter le passage à l’an 2002, Rareware a diffusé plusieurs cartes
de voeux le 19 Décembre 2001. L’une d’entre elles présentait un personnage
célèbre de Rare : Mr Pants (héros symbolique qu’on peut retrouver en guest
star dans Jet Force Gemini sur Nintendo 64), qui tenait entre ses mains un
paquet cadeau jaune dont la forme évoquait clairement une Playstation 2. Il se
situait à côté d’un sapin, sous lequel figuraient plusieurs autres emballages,
faisant penser sans équivoque possible aux Gamecube, X-Box, Game Boy Advance et
téléphones portables.

Déjà à l’époque, le web s’était
enflammé en évoquant la possibilité de voir Rare développer sur d’autres
consoles que le Gamecube ou la Game Boy Advance. L’incrédulité était alors de
mise (elle l’est toujours à l’heure actuelle), car Rare avait été d’une
fidélité sans faille lors des pires années de Nintendo : l’ère Nintendo
64. Les quelques membres de Rare qui voulaient acquérir plus d’autonomie
étaient déjà partis pour fonder Free Radical Design (des anciens programmeurs
de Goldeneye, notamment à l’origine de Time Splitters sur Playstation 2) ou
Zoonami (dont on ne connaît presque rien).
Autant dire que la rumeur était
tellement folle que personne n’osait y croire. D’autant que Miyamoto se voulait
rassurant en annonçant au sujet de Perfect Dark 0 et Kameo : " Manifestement, rien ne s’est
encore passé avec ces jeux en terme d’événements ou d’autre chose. Le
développement se déroule comme se déroule n’importe quel développement. Quand
nous serons au point où nous pourrons montrer quelque chose de ces jeux, nous
commencerons à en parler. Mais ils avancent. Et, vous savez, ils en sont déjà à
un point où nous aurions pu vous montrer quelques images de qualité, mais nous
nous concentrons sur le développement et nous parlerons des jeux quand ils
seront proches de sortir ". Miyamoto avait clairement affirmé que Perfect
Dark 0 était suffisamment avancé pour être dévoilé. Par contre, on évoque une
date de sortie aux alentours de 2003 ou 2004, ce qui n’était pas forcément rassurant.
Mais Rare
fait tout pour nous faire croire à une situation normale. Le 2 Février 2002, la
firme de Redmond avait diffusé une offre d’emploi particulièrement prometteuse.
En vrac, ils demandaient des programmeurs Java, des Game Designers, et des
Programmeurs Réseau.

Si tout le monde s’était accordé à dire que les
programmeurs Java seraient sûrement requis pour des développements GBA, on
avait aussi parlé d’un Perfect Dark 0, très axé sur le Online. De plus, l’image
de fond de cette offre d’emploi faisait la part belle à un Banjo
resplendissant. On avait alors évoqué la possibilité d’un Banjo Threeïe sur
Gamecube. La question est encore en suspens à l’heure où cet article est
rédigé.
Puis, fin
Février 2002, Rare est un peu retombé dans l’oubli. L’absence totale de jeux
sur NGC ou N64 (ni même sur GBA) n’avait rien pour changer la situation. C’est
début Avril 2002 que les rumeurs ont pris une dimension qu’on n’aurait jamais
pu envisager.
On a tout
d’abord évoqué la possibilité d’un rachat de Rare par Microsoft. On ne sait
toujours rien de plus concernant cette affaire. Il faut dire qu’elle n’a pas
vraiment eu le temps de prendre de l’ampleur. Le web s’est immédiatement
focalisé sur Activision. A gauche et à droite de la toile, on a déversé des
tonnes d’encre virtuelle sur cette affaire qui n’en était qu’à ses
prémices : Activision pourrait phagocyter le développeur anglais.

Le
scepticisme était alors (à juste titre) de mise. Il est vrai que Rare
n’avait aucune raison apparente de quitter le giron Nintendo. A l’instar de
Denis Dylack de Retro Studios, les représentants de Rare se sont souvent
déclarés très heureux de leur collaboration avec Nintendo. On sait que les
frères Stamper (Tim et Chris) vouent une admiration énorme aux productions
Nintendo, et qu’ils s’en sont souvent inspiré. Inutile également de rappeler
que Rareware n’a presque jamais développé de jeux sur d’autres supports que
ceux de Nintendo (on omet évidemment deux ou trois jeux sortis sur Genesis,
l’équivalent de la Megadrive aux Etats-Unis) et leurs projets en cours
semblaient attester de la volonté de continuer dans ce sens.